dimanche 25 mai 2025

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samedi 17 novembre 2018

DANS QUEL EPISODE DE LA QUATRIÈME DIMENSION ALLEZ-VOUS TOMBER ?





LES CHATOUILLES : L'AMI DE LA FAMILLE





A regarder l’affiche des Chatouilles, on croit à un feel-good movie, solaire dans tous les sens du terme. On y voit un homme, souriant, plutôt bien de sa personne, s’amuser avec une petite fille dans une piscine. Mais une piscine, au cinéma et dans les séries, invite à regarder sous la surface. Jeanne Herry, quand elle parle de son film Elle l’adore, indique que le titre, ouvertement joyeux, était là pour attirer les spectateurs en salle, qui ne s’attendaient pas à une comédie noire.

Pour Les Chatouilles, il y a le titre, aussi. Naïvement, je l’ai pris au sens littéral. Les chatouilles, c’est drôle, c’est sympa.

Pour Odette, héroïne du film, les chatouilles ont un tout autre sens. C’est Gilbert, ami de la famille, qui aime un peu trop les petites filles et les "chatouiller". Sauf que ses "chatouilles" sont des attouchements impardonnables. qui le mènent jusqu’au viol, et Odette en sera traumatisée pour longtemps.


Des acteurs au cordeau


Gilbert est beau mec. Le choix de Pierre Deladonchamps, déjà splendide dans la série Trepalium sur Arte, s’avère judicieux. On est loin de l’oncle dégueu que l’on imagine habituellement quand on pense « pédophile. »






J’ai découvert l’affiche des Chatouilles avant de voir la bande-annonce, trompeuse elle aussi sur le film. Avec le travail d'Andréa Bescond et Eric Métayer, ne vous attendez pas au téléfilm de France 2, vaguement triste mais qui finit bien. Ils offrent une vraie proposition de cinéma. On n’avait jamais parlé des violences sexuelles, 
notamment sur les enfants, de cette manière. Avec son sujet casse-gueule traité avec brio, Andréa Bescond signe ici son premier film. Adapté de sa pièce de théâtre, Les Chatouilles ou la danse de la colère, le film raconte sa propre histoire.

Elle montre aussi son rapport à la danse, qui devient l’instrument de la réappropriation de son corps. Métaphore du corps meurtri et de sa libération, la danse illumine le film et illustre également l’un de ses thèmes : l’impossibilité de la communication. Avec le prof de danse, d'abord, qui voit dans la prestation d’Odette une métaphore de la Shoah, sans laisser à l'intéressée le temps d'exprimer son ressenti. La communication impossible est surtout celle de la fille avec sa mère, brillamment incarnée par Karine Viard. 






Elle est terrible et vraie, cette mère plus inquiète du qu’en-dira-t-on que du bien-être de sa fille. De l’incapacité de voir ("On ne pouvait pas se douter") au refus de voir, le film présente en finesse les réactions opposées des deux parents. Clovis Corvillac, hélas, est un peu en-dessous du côté du jeu.


Une mise en scène inventive 



Eh bien voilà le bijou français du moment, inventif dans sa mise en scène. Oubliez les champs-contrechamps en plan serré des téléfilms et leur triste lumière. Ici, l'image est assurée par Pierre Aïm, l'un des meilleurs chefs opérateurs français. Oubliez également les flashbacks lourdauds en noir et blanc : les séances de psy qui mêlent passé et présent sont formidables. 
Mention spéciale pour la scène où Noureev vient consoler Odette des murs noirs de sa chambre. 




La psy elle-même se trouve davantage gênée que la patiente devant une histoire si douloureuse mais si bien racontée. La psy est incarnée par Carole Franck, qui choisit décidément bien ses films (Le Nom des gens et Nous Trois ou rien, entre autres.) 

Bravo également à Cyrille Mairesse, criante de vérité en enfant abusée.





La psy et les amis d’Odette permettent sa reconstruction, car c’est bien le cœur des Chatouilles : grandir, reconnaître le traumatisme et s’en libérer, retrouver la petite fille en soi pour faire la paix avec elle.


Bouleversant mais parsemé d'humour, très bien vu sur les familles dysfonctionnelles et la question de la résilience, Les Chatouilles est un film superbe, d'utilité publique.

On ne dira jamais suffisamment merci à Andréa Bescond.


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mercredi 14 novembre 2018

LES ANIMAUX FANTASTIQUES 2, LES CRIMES DE GRINDELWALD : TA GUEULE, C'EST MAGIQUE






Il est né, le divin spin off. Le premier volet des Animaux fantastiques m’avait donné espoir, même s’il souffrait déjà des maladresses que l’on retrouve dans le second : plusieurs histoires s’entremêlant sans forcément faire sens, des longueurs fâcheuses, une galerie de personnages que l’on découvre à peine, sans avoir le temps de s’attacher à eux.

Ces personnages se croisent dans le second volet, et un dragon chinois géant le survole, car Norbert Dragonneau – il faut le rappeler – est d’abord un chercheur en zoologie fasciné par les créatures fabuleuses, qui les 
« collectionne » en les enfermant dans sa mallette magique. 





Sur le papier, tout semble sympathique. Mais une fois à l’écran devant le deuxième opus, on a surtout l’impression d’un grand n’importe quoi. Le film donne une folle envie d’aller prendre un café. Il est rare que j’aie envie de quitter la salle en pleine projection, surtout pour une avant-première aux Champs-Elysées. Et pourtant. J’ai plusieurs fois soufflé à mon compagnon « Si on allait prendre une crêpe ? », « Si on rentrait se taper un épisode de Daria ? », « Si on se tapait Harry Potter et l’ordre du Phénix ou Le Prisonnier d’Azkaban pour se consoler ? »

N’im-Potter quoi


Oui, car dans ce dernier opus potterien, il ne reste de Harry Potter que peau de chagrin. Quelques tours de magie devenus gadgets, quand les sortilèges de la saga d’origine, potions et autres enchantements étaient toujours au service de l’intrigue.

Je suis ce qu’on appelle une Potterhead. De ces gens bizarres qui débarquent aux projos déguisés avec chapeau et écharpe Gryffondor. De ces fans qui se retrouvaient, à chaque sortie d’un nouveau roman de Potter, dans la librairie WH Smith près du Louvre, attendant avec impatience d’avoir son volume dans les mains.


Oui, je suis de ceux-là. Je suis même de ces curieux.ses universitaires qui parcourent l'Europe pour donner des conférences sur Harry Potter au cinéma.

Mais aujourd’hui, JK Rowling a fait de moi une fan con. Comme ces gens qui ne croient plus en Star Wars depuis Jar Jar Binks, mais vont quand même en salle pour les nouveaux volets. Parce qu’ils veulent savoir la suite (et parce qu'on n'est pas l'abri d'une bonne surprise). 

La suite. Je ne suis même pas sûre, après la séance laborieuse d’hier soir, de vouloir la connaître.

Johnny Depp fait le strict minimum en Grindelwald, un peu comme s’il avait pris la mauvaise habitude d’être en pilote automatique après tant de volets de Pirates des Caraïbes. Eddie Redmayne reste charmant, mais paraît de plus en plus transparent. Tina, figure féminine forte du premier épisode, a l’air ici de faire de la figuration. Sa sœur adorable prend une dimension qui pourrait s’avérer intéressante si elle était expliquée, développée, comme Rowling avait su le faire pour ses personnages poterriens d’origine.

Même le boulanger trouillard, qui avait volé la vedette lors du premier opus, ne fait ici que le side kick transparent, avec des gags éculés qui font tout juste sourire.


Jude Law est toujours à tomber, mais ne sert pas à grand chose. "Les crimes" de Grindelwald, qui font pourtant le titre du film, ne trouvent aucune illustration.

Le pire ? Le scénario, ou ce qu’il en reste.



Quand le scénario se fait la malle


Les Animaux fantastiques 2 me fait le même effet que le Valérian de Besson : tant d’argent, de personnes mobilisées, d’acteurs et de figurants, d’artistes pour les décors et effets spéciaux, pour si peu. La montagne accouche d’une souris, le grandiose Poudlard n’accouche que d’un niffleur. 






Tout cela est déprimant.

Non seulement les différentes histoires (Creedence l’enfant malheureux, Lena Lestrange la fausse méchante, le frère vengeur dont on oublie le nom, Nagini la femme-serpent, les rapports conflicuels de Norbert avec son frère, la jeunesse trouble de Dumbledore) s’entremêlent mal, mais JK Rowling, qui connaît pourtant son univers par coeur, commet des erreurs grossières sur la cohérence de l’ensemble.

Exemples : les sorciers ne peuvent pas transplaner à Poudlard. Mais dans ce film-là, oui. Il est fatal pour le monde de la magie que les Moldus (non-sorciers) témoignent de l’existence d’êtres fabuleux, mais dans Les Animaux fantastiques 2, un monstre chinois, le Zou-wu, terrorise Paris sans que cela pose problème.



Le Zou-wu, dragon chinois géant, fait face à Norbert Dragonneau dans Les Animaux fantastiques, de David Yates (2018)
Le Zou-wu, dragon chinois géant, fait face à Norbert Dragonneau dans Les Animaux fantastiques, de David Yates (2018)

On se retrouve comme les enfants, à se demander qui est tel personnage, pourquoi il ou elle accomplit telle action. On soulève des paradoxes évidents et on s'entend répondre, de la part des producteurs, et de JK Rowling elle-même, peut-être : « Ta gueule, c’est magique. »

Je ne suis pas de ces puristes qui vont repérer le moindre faux raccord et écrire à JK Rowling une lettre furibarde. Mais là, j’ai tout de même envie de lui écrire une lettre.



Ma lettre ouverte à JK Rowling


Chère Mme Rowling,

Je ne vous dirai pas à quel point je vous admire, cela mettrait votre modestie mal à l’aise. Moi qui suis écrivain dans l’âme mais n’ai encore rien publié, je serai mal placée pour vous envoyer une méchante missive quant à la qualité de vos écrits.

Pourtant je m’interroge.

Vous avez juré, après la sortie de Harry Potter et les reliques de la mort, que jamais, au grand jamais, vous n’écririez de suite. Et voilà que l’un de vos amis écrit une pièce censée se dérouler 20 ans plus tard. 





Et cette pièce est mauvaise. Je l’ai lue, ce qui n’est pas l’idéal pour une pièce, mais la voir sur scène ne vaut, d’après ce que j’ai entendu, que pour les effets visuels. Cela est vrai aussi, hélas, pour Les Animaux fantastiques. C’est formidable à voir en salle, mais si l’on s’attarde sur le scénario, on reste sur sa faim.

L’écriture scénaristique et celle du roman sont différentes, et peut-être avez-vous souffert de si peu de temps pour écrire et tant d’argent en jeu ? Voulez-vous vraiment écrire 5 films de cette saga-là ? La base de fans est immense, bien sûr, et vous trouverez toujours quelques milliers de gens pour dire du bien de votre œuvre, uniquement parce qu’elle est de vous. Uniquement parce que Harry Potter, c’est l’enfance, la magie, le génie, parfois.

Mais quelques tours de passe-passe et personnages aimés (Dumbledore en tête) ne suffisent pas à faire un bon film, et encore moins une saga entière. En regardant les deux premiers volets des Animaux fantastiques, j’avais plutôt l’impression de regarder un long feuilleton ennuyeux et mal ficelé, de nombreuses promesses et très peu de résultats.

L’ensemble est fouillis, et si j’ai pour habitude de proposer des analyses de films et explications de la fin, je ne le souhaite pas pour celui-là, tant l’intrigue m’a parue inintéressante.

Les effets spéciaux ne feront jamais oublier une histoire bancale ou creuse. Chris Colombus aurait tourné le premier film avec un terrain de Quidditch en carton que cela aurait fonctionné quand-même. Parce que Harry, c’est le petit orphelin mal-aimé de sa tante et son oncle, qui trouve dans l’école un échappatoire magnifique : des amis, des festins, de la magie dans tous les sens du terme. Avec Harry, vous aviez créé un personnage de grand classique, qui nous faisait d’un coup oublier l’austérité d’Oliver Twist et autres héros victoriens malchanceux.

Mais hélas, vous avez rallongé la sauce, et je crois que cela fait du mal à votre œuvre, et aux gens qui l’aiment. Tirer sur la corde ne vaut jamais grand-chose, et de petits clins d’œil pour réveiller notre nostalgie ne suffisent pas.

Non, je n’ai pas envie de voir la suite. Irai-je ? Probablement. C’est ce que vous avez fait de moi. Une fan déçue qui se déplace quand-même, en espérant retrouver la magie des premiers instants.



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samedi 10 novembre 2018