dimanche 22 juin 2014

DALLAS BUYERS CLUB: LE COMBAT D'UN COWBOY





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Juillet 1985. Rodéo. Ron Woodroof ne chevauche pas que des vaches. Depuis Brokeback Mountain de Ang Lee en 2005, on n'avait pas vu de cowboy filmé avec sensibilité et intelligence. Ron Woodroof, contrairement aux héros de Brokeback Moutain, n'est pas homosexuel. Il est hétéro, joue en société le cliché viril, amateur de bière, de drogues, et de belles montures. Il est aussi un homophobe notoire.

Tous les clichés de l'époque (dont certains demeurent encore aujourd'hui) y passent : Ron contracte le virus à cause du sexe sans protection, à l'heure où l'on pensait que le maladie ne concernait que le milieu homosexuel. Les clichés sur l'homosexualité sont largement dénoncés, ainsi que les difficultés d'être une femme dans le secteur médical. Il ne précise pas cependant, et c'est fâcheux, que le sexe sans protection entre deux personnes séropositives, au lieu d'être anodin, fait en réalité progresser la maladie plus vite chez les deux partenaires.

Matthew McConaughey, déjà impressionnant dans Killer Joe (2011) a bien bossé son rôle : l'accent est impeccable, il est amaigri, affaibli, mais garde l'énergie des gens engagés. Jared Leto est épatant en travesti sensible.

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Un nouveau rôle de composition pour un acteur adepte du transformisme, souvent méconnaissable dans ses rôles.

Dallas Buyers Club montre les symptômes de la maladie sans aucun pathos, voire même, et c'est là son tour de force, une grande dose d'humour. La réalisation et le montage donnent aux passages de Ron à l'hôpital des airs de running gag. Le téléphone portable de 1985 prête à sourire, bien sûr, à l'heure des smartphones. Insolence brillante d'un homme qui se déguise en prêtre pour aider des malades, dont les imbéciles disent qu'ils paient le prix de leur vie sexuelle dite déviante ou malsaine.

Voici l'histoire d'un ancien homophobe devenu héros de la communauté gay pour s'être battu, contre la maladie, mais aussi contre l'hypocrisie médicale et pharmaceutique au nom de la recherche ou des impératifs financiers.

Le film de Jean-Marc Vallée, à qui l'on doit l'excellent C.R.A.Z.Y (situé dans les années 70) montre le début du militantisme des associations gay pour le droit des malades. Ron a établi un trafic pour faire de l'argent, oui, mais aussi pour aider les potes, et a changé l'air de rien le cours de l'Histoire médicale concernant le traitement du VIH.

Dans une réflexion sur ce qui est légal et ce qui est légitime, la désobéissance civile de Ron Woodroof, inspirée d'une histoire vraie, donne au spectateur envie - non pas seulement de vivre - mais d'exister et de combattre, 30 jours, sept ans, et beaucoup plus.



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Légende

Chef d'oeuvre orange star.jpgorange star.jpgorange star.jpgorange star.jpg Très bon


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orange star.jpgorange star.jpg Pas mal
orange star.jpgorange star.jpg Moyen

orange star.jpg Pas bon À hurler !