lundi 14 juillet 2014

THE FACE OF LOVE: ATTENDEZ QUE SA JOIE REVIENNE





Est-ce parce que Ed Harris et Annette Bening sont des habitués du drame et des rôles forts que The Face of Love bouleverse, brise le cœur et le répare, déjoue les clichés de la romance pour nous offrir un drame intimiste tout en délicatesse ? 

Arie Posin montre finement l'impossibilité du deuil, les dialogues sont à la fois simples et à double sens, les vertiges de Nikki sont les nôtres, que l'on ait perdu ou non l'amour d'une vie.





Après trente ans de vie commune, le couple de Nikki et Garret vit une mort peu commune. Veuve inconsolable sans se l'avouer, Nikki est hantée par le fantôme de son défunt mari. Il hante sa maison, le musée où ils allaient ensemble, au point de réapparaître sous les traits d'un double. 






Le double s'appelle Tom. Elle le séduit, l'emmène partout où son mari et elle ont été. Elle ne veut rien savoir. Le second, c'est le premier.

Ne vous attendez pas à la résolution classique de la supercherie amoureuse. Le film d'Arie Posin est surprenant, déchirant. 

Tom aura ce rôle noble d'accompagner son amante jusque dans sa folie, pour l'aider à en sortir. Discret, sublime, un homme aide une femme à faire son deuil de lui.

Et il se sait fantôme d'un autre. Le tableau final le révèle: il ressemble aux toiles de Hopper qui disent la tristesse des gens de tous les jours.

On aime Annette Bening dans The Face of Love comme on aime Charlotte Rampling dans Sous le sable : elles sont plus belles encore sans maquillage, et jouent avec élégance les veuves noyées de chagrin.




Sous le sable, sur le sable, la mer emporte les amants, jamais les âmes.






Les fantômes reviennent pour nous faire oublier la vie.  Ils meurent pour que la vie revienne.  












D'accord, pas d'accord avec l'article ? Dites-le en commentaire !




2 commentaires:

  1. Cela donne envie et rappelle le superbe "L'Aventure de madame Muir" du grand Mankiewicz. Harris faisait le chemin inverse dans "Abyss", plongeant à la recherche de son amour noyé (comme dans "L'Atalante" !). Annette Bening brillait aussi dans "Les Arnaqueurs" et "Courir avec des ciseaux".

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'ai un peu de mal avec Mankiewicz, je le trouve déprimant. Annette Bening m'avait marquée avec son rôle de névrosée dans American Beauty...

      Supprimer