vendredi 29 août 2014

LES RECETTES DU BONHEUR, LA BANDE-ANNONCE: POUR VOUS METTRE EN APPÉTIT










Ah, l'Inde et l'Europe ! Nombre de films pour savourer le contraste des peaux brunes et des peaux blanches, le choc culturel, Indiens au grand sourire et Européens qui font la gueule, tradition et modernité mêlés dans une musique enlevée ! 

Les Recettes du bonheur s'inscrit dans cette lignée.


Une équipe cosmopolite


Étonnant de voir Helen Mirren, qui n'a incarné rien de moins que la reine d'Angleterre chez Stephen Frears


Affiche de The Queen, de Stephen Frears (2006)

coiffée d'une toque de chef, et usant d'un accent français. En résumé, acteurs britanniques et indiens se retrouvent dans le sud de la France sous la direction d'un réalisateur... suédois.



Lasse Hallström, réalisateur des Recettes du bonheur


Voilà une équipe cosmopolite qui met l'eau à la bouche. 


Nous retrouverons sans doute la joie qui émane de Joue-la comme Beckham (2002), mais le film de Hallström évitera, espérons-le, les clichés et l'outrance du film de Gurinder Chadha.








Choc des cultures



Les Recettes du bonheur, comme le titre l'indique, parle cuisine. Il rappelle en cela le film britannique Fish and Chips (1999) où des Pakistanais s'installaient en Angleterre pour y ouvrir un petit restaurant.



Le film de Damien O'Donnell, qui se déroule dans les années 70, témoignait déjà du conflit de générations, entre parents traditionalistes et enfants vivant à l'heure européenne.

Le dernier film réussi jouant sur le contraste entre Britanniques et Indiens est The Best Exotic Marigold Hotel, simplifié en France en Indian Palace




John Madden avait réuni pour l'occasion de prestigieux acteurs anglais: Judi Dench, Maggie Smith, Bill Nighy, Tom Wilkinson, et même la pétillante Celia Imrie que l'on a vue récemment dans Duo d'escrocs.

Côté indien, on retrouvait avec plaisir Dev Patel, héros de Slumdog Millionaire. On voyait également pour la première fois à l'écran la superbe Tina Desae.


Bonne nouvelle, une suite est prévue, qui sortira le 1er avril 2014. Son titre est prometteur: The Second Best Marigold Hotel.



Les recettes amoureuses



Lasse Hallström est le réalisateur de Dear John (2010) mélo qui a obtenu un succès populaire conséquent. Espérons que la légèreté des Recettes du bonheur ne sera pas plombée par de bons sentiments.

D'un autre côté, Le Goût de la vie, sorti en 2007, commençait en mélo et tournait en charmante comédie.




Vous avez remarqué comme les titres français ont tendance à ajouter une dimension gnan-gnan aux titres originaux ?

C'est le cas pour Le Goût de la vie (No Reservations) et pour Les Recettes du bonheur, A Hundred-Foot Journey. Le titre original ne nous parle pas cuisine. Il ne fait pas de rapprochement cul-cul entre recette littérale et métaphorique.

20 pieds (foot) c'est environ 30 mètres. L'Inde est située à un peu plus de 30 mètres de l'Angleterre. On parle d'un mur dans la bande-annonce, mais il ne peut être construit. 30 mètres, ce doit être la distance qui sépare les deux restaurants. Mais Les Recettes du bonheur, c'est plus vendeur que Un Voyage de 30 mètres, alors on ne va pas jeter la pierre aux distributeurs. 

Il n'empêche que le titre original est humoristique, et que l'on baille d'avance devant le titre français.

Grands films et petits plats


Pour éviter de s'énerver devant une mauvaise traduction, on peut simplement aller voir un film français qui parle cuisine, où un film étranger au titre pas trop délirant.

Le Festin de Babette, film danois sorti en 1987, faisait déjà chanter les papilles par l'image.





Dans un genre mineur, Les Saveurs du palais (2012) présentait une Catherine Frot dont le destin semblait balancer celui de Babette et d'Helen Mirren dans Les Recettes du bonheur.




Ça y est, vous êtes allé chercher un casse-croûte au frigo avant de reprendre la lecture de l'article? Cela vaut mieux, parce que la bande-annonce suivante donne carrément faim.



Le titre Entre les Bras n'évoque pas la cuisine, mais son sous-titre, oui: La cuisine en héritage.

Les Bras, ce sont les outils de travail des chefs cuisiniers, mais c'est aussi le nom d'un père et d'un fils. Il s'agit, pour Michel Bras, de transmettre tout son savoir-faire à son fils Sébastien avant de quitter les fourneaux.


Enfin, pour un beau film qui parle immigration et restaurant, ne ratez pas La Graine et le mulet, peut-être le meilleur film d'Abdellatif Kechiche.





Slimane rêve de faire connaître son fameux couscous au poisson, et décide d'ouvrir un restaurant sur un bateau sur le port de Sète. Dans un véritable parcours du combattant, il sera aidé par sa fille face à la machine rouillée de l'administration française. La famille éclatée de Slimane se soudera autour de cette utopie merveilleusement racontée.

D'accord. Vous n'êtes pas obligé de regarder un film d'auteur pour qu'on vous parle cuisine au cinéma. Vous pouvez toujours revoir Ratatouille, mais moi, un rat qui cuisine, ça me coupe un peu l'appétit.




Vivement la sortie des Recettes du bonheur

Je vous souhaite une bonne dégustation.




D'accord, pas d'accord avec l'article ? Postez un commentaire !

3 commentaires:

  1. J'avais bien aimé Fish'n Chips, mais là, les noms de Oprah Winfrey et Steven Spielberg sur la B.A... mouais.

    Sinon petite précision : A Hundred-Foot Journey = un voyage de 100 pieds (soit 30 m. environ)

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  2. Ah oui. Je sais pas comment j'ai fait mon calcul... :-)

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  3. La belle Helen, au savoureux accent français à couper au couteau, cuisinait déjà pour Greenaway, trouvée succulente (en 'frontal nudity') par le cuistot Bohringer... Il faut aussi la (re)découvrir en femme-flic dans l'excellent "Suspect numéro 1" pour la TV anglaise.
    « Le bonheur qu'on nous propose/Nous donne envie d'autre chose » chantait Souchon ; cette obsession commerciale sert de base aux actuelles dystopies et à un discutable slogan de jadis : « Quand on aime la vie, on aime le cinéma ». L’association nourriture et film ouvre pourtant aussi sur l’humour très noir (Hitchcock dans "Frenzy") ou la satire désespérée ("La Grande Bouffe", œuvre indigeste pour les estomacs bourgeois cannois).
    Quant aux multiplexes d’un grand groupe français, homophone d’une charcuterie (!), ils évoquent davantage le confiseur et la supérette que les salles obscures et sacrées où s’alimenter de nourritures spirituelles…

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