vendredi 29 août 2014

THE SALVATION: À L'OUEST, RIEN DE NOUVEAU









J'avais hâte de voir The Salvation en salle: Mads Mikkelsen, que j'admire depuis le sublime Royal Affair et le troublant La Chasse, allait jouer les cowboys aux côtés d'Eva Green, qui m'avait tant émue dans Perfect Sense

Tout semblait parfait.


Une photographie en toc


Jusqu'aux premières images, où j'ai découvert une photographie épouvantable. Jen Schlosser est connu pour avoir été le chef opérateur de Deliver us from Evil (2006) et il semble avoir gardé son esthétique cheap de film d'horreur pour ce western.

Le ciel avait des allures de toile cirée, comme dans ces westerns de l'ancien temps, que l'on tournait en studio avec un budget dérisoire. De ces films qui font sourire quand on s'aperçoit que le cowboy, lors d'une poursuite à cheval, passe quatorze fois sur le même rocher.

La première référence qui m'est venue n'était pas un western. En fait, j'ai pensé à une comédie musicale.




Si vous regardez l'extrait suivant de La Mélodie du bonheur à partir de 2 minutes 12, vous verrez une espèce de poster de montagne autrichienne collée à la vitre du bus, pour faire mine que la vitre reflète le paysage. Manque de bol, lors d'un voyage en bus, le reflet bouge, puisque le paysage est censé défiler. Ce n'est pas le cas de cette montagne de carte postale.




J'ai eu le même sentiment devant The Salvation. Des paysages statiques, si loin de la merveilleuse photographie de Tommy Lee Jones pour The Homesman

Le décor semble en toc. Le désert orangé rappelle les vieux dessins-animés de Lucky Luke.


Les costumes ont l'air de déguisements (les couleurs jurent trop) et les devantures des boutiques ont un côté Disneyland.




Le film de Kristian Levring détient quelque chose d'irrémédiablement cheap, un ensemble kitsch qui sonne faux à chaque plan.



La première scène de The Salvation se déroule dans une diligence, où un Danois, sa femme et son fils, voyagent. Hélas, des brigands voyagent avec eux. Le premier bandit a un sourire hollywoodien, des dents blanches et alignées qui ne sont simplement pas crédibles dans le Far West de 1870.



Des personnages caricaturaux


Mais les méchants sont quand-même très méchants. Ils tuent la femme et le fils, et le cowboy danois voudra les venger.

Le gros méchant terrorise une ville, et l'étranger arrive pour remettre de l'ordre. Ça vous semble cliché ? Pas grave, on vient pour Mads Mikkelsen et Eva Green, de toute façon.

Le gros méchant du film s'appelle Delarue. Bon, c'est pas parce qu'il a un nom de présentateur-télé aux airs de gendre idéal qu'il ne fera pas un bon méchant. 


Delarue (Jeffrey Dean Morgan) dans The Salvation


Lui m'a rappelé un western. Enfin presque.



Ça, c'est Buford Tannen dans Retour vers le futur 3. Delarue dans The Salvation est à peu près aussi crédible: un méchant sans nuance, qui tue pour le plaisir (il tue même une vieille, avouez que c'est pas cool.)

Le personnage de Mallick (Douglas Henshall) a un ton monocorde pendant tout le film, qui ressemble à une mauvaise imitation de John Wayne.


La présence d'Eric Cantona ajoute au comique de l'ensemble.





Eric Cantona et Mads Mikkelsen

Vous vous demandiez pourquoi un Danois atterrissait au Far West ? Il n'est pas le seul. Il y a un Corse, aussi. 

Tous les clichés du western se retrouvent dans The Salvation, jusqu'à l'ombre sur le sol d'un vautour planant sur la ville.


Mads Mikkelsen ne parvient pas à sauver le film. Qu'à cela ne tienne, Eva Green peut le rattraper.




Eva Green dans The Salvation


Dans The Salvation, Eva Green est balafrée et muette. La balafre, elle non plus, ne tient pas: on remarque d'emblée qu'il s'agit de maquillage.



Un scénario vu cent fois (Attention spoilers)


Un bon casting n'a jamais sauvé un mauvais scénario, et The Salvation ne raconte rien de neuf. Le gentil Danois vengeur a sa tête mise à prix avant de devenir le héros de la ville. La fin est prévisible: Mads aide Eva, et ils se retrouvent dans le même bateau. Enfin sur le même cheval. Ils peuvent partir gaiement jouer à Bonnie et Clyde ensemble. C'est pas super ?



Si vous voulez voir un bon western en salle, The Homesman joue encore au Studio Galande, et surtout, le Champo repasse L'Homme qui tua Liberty Valance. Au pire, retapez-vous Impitoyable en DVD, où Clint Eastwood, cowboy passé derrière la caméra, nous prouvait que le western ne s'arrêtait pas à la mort de John Ford, ni à celle de Sergio Leone.







Affiche française du film de Clint Eastwood, Impitoyable (1992)







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orange star.jpg Pas bon À hurler !