samedi 22 novembre 2014

HUNGER GAMES, LA RÉVOLTE: LA RÉVOLUTION DE KATNISS EVERDEEN








Le geai-moqueur est de retour, pour le plus grand plaisir des fans. Même logique que pour la saga Potter, le dernier roman est adapté en deux épisodes à l'écran. On peut bien sûr critiquer cette démarche purement commerciale, qui vise à faire deux fois plus d'argent avec un seul roman. Il n'empêche que l'économie habituelle de l'adaptation filmique (résumer en moins de deux heures un gros roman) ne permet pas de tout raconter. Parfois, prendre son temps a du bon.

La drôle de guerre de Harry Potter


L'épisode 7.1 de Harry Potter a été très critiqué, et pourtant, il avait le mérite de montrer la drôle de guerre des sorciers, calquée sur la drôle de guerre d'avant 1939-1945. On voyait dans ce volet l'attente - ou plutôt l'attentisme - et la crainte diffuse d'une période floue. Il ne se passe rien ? Justement, tout est là. C'est le calme avant la tempête, qui prépare l'opus final, empli d'action.

On retrouve dans The Hunger Games, la révolte, de nombreux éléments qui rappellent la saga Potter. Tout d'abord, ce pont menant vers le Capitole, que les rebelles font exploser.




Le pont de Hogwarts en flammes dans Harry Potter et les reliques de la mort, partie 2, de David Yates (2011)


Ensuite, la figure de dictateur (merveilleux Donald Sutherland) sur écran géant, évoque celle du ministre de la magie, dans une esthétique qui raillait la toute-puissance soviétique.



Portrait géant de Cornelius Fudge au Ministère de la magie



Le président Snow face à Katniss Everdeen dans la trilogie Hunger Games


De Big Brother au président Snow


Hunger Games reprend tous les codes de la dystopie (société futuriste cauchemardesque) à commencer par ce fameux dictateur sur grand écran.

Le plus célèbre est celui d'Orwell, Big Brother.



Figure de Big Brother dans l'adaptation de 1984 de Michael Radford, justement sortie en 1984



Big Brother, "grand frère," c'est le surnom ironique donné au dictateur qui, plutôt que de veiller sur son peuple, l'assassine. Il est d'ailleurs étonnant qu'une émission de télévision ait choisi ce nom terrifiant en guise de titre.



Les caméras partout, Orwell connaissait bien. Il a vu avant les autres le Londres surveillé à l'extrême qui existe aujourd'hui. Chez nous, l'émission Big Brother a été adaptée en Loft Story, et plus récemment Secret Story.

Suzanne Collins, en écrivant The Hunger Games, attaquait justement ce type d'émissions dites de "télé-réalité." Elle a ainsi créé un jeu télévisé monstrueux où des adolescents s'entre-tuent pour le plaisir du Capitole.

Avant The Hunger Games, un auteur de BD dénonçait le gouvernement Thatcher grâce à un  personnage au masque de Guy Fawkes.



V sur grand écran dans V pour Vendetta, de James McTeigue (2006)


Dans ce passage, V adopte la même arme que son adversaire pour inciter le peuple à la révolte: un discours retransmis sur écran géant. C'est le premier pas vers la chute du dictateur en question, Adam Sutler.




Le nom d'Adam Sutler est proche, et c'est voulu, du nom Adolf Hitler. Le président Snow a un nom qui ne lui ressemble pas. Blanc comme neige ? C'est tout le contraire. Des révélations inquiétantes résonnent d'ailleurs à la fin de La Révolte.

Ce qui rappelle le plus V pour Vendetta dans ce dernier opus de la saga, ce sont les scènes de foule.




Dans une esthétique sombre, Francis Lawrence filme le peuple de dos, dans leur marche vers la révolte. La scène où les rebelles reprennent la chanson de Katniss pour en faire un hymne révolutionnaire est particulièrement réussie.

L'adaptation à l'écran est plutôt bonne. On se souvient comme le deuxième épisode proposait la meilleure adaptation possible du roman, qui était pourtant inférieur au premier. Le second volet insistait sur la dimension politique, et c'est paradoxalement ce qui manque dans La Révolte.

Un manque de contenu


La réplique risible d'Effie Trinket "tu seras la rebelle la mieux habillée de l'Histoire" révèle le peu de cas que l'on fait de la politique dans un épisode censé mettre en scène une révolution. Mais ne tapons pas trop sur le film: le troisième roman manque de contenu. C'est le moins réussi des trois, et il est plutôt mal écrit.

Cependant, Francis Lawrence s'en sort plutôt bien pour l'adaptation, et ménage suffisamment de suspense dans la scène finale pour donner envie d'en savoir plus.

Un casting prestigieux, mais...


Si c'est une joie de voir Philip Seymour Hoffman à l'écran, on remarque aussi qu'il a l'air profondément dépressif, et cela ne colle pas au personnage censé combattre la dictature en place.

Quant à la divine Julianne Moore, on se demande un peu ce qu'elle vient faire là, à l'instar de Meryl Streep dans The Giver.

Donald Sutherland reste un grand acteur, mais Snow est hélas devenu une caricature de lui-même, d'une cruauté aveugle.

Jennifer Lawrence est toujours aussi douée, dans le registre de l'action comme de l'émotion, mais ne parvient pas non plus à faire oublier la faiblesse du scénario et des dialogues.

Celui qui, étonnamment, tire son épingle du jeu, est Josh Hutcherson dans le rôle de Peeta. Détruit par le Capitole, le visage blafard, la voix vacillante, il offre une composition convaincante.

Un épisode bien mené dans l'ensemble


Étiré sur deux épisodes, La Révolte aurait pu souffrir d'un manque de rythme. Il n'en est rien: l'action et l'émotion alternent, on ne s'ennuie pas une seconde, et l'on suit avec intérêt cette héroïne moderne qui appelle à la révolution.




Katniss Everdeen (Jennifer Lawrence) dans Hunger Games, La Révolte (2014)




D'accord, pas d'accord avec l'article ? Postez un commentaire !




Ça peut vous plaire:



   







Légende

Chef d'oeuvre orange star.jpgorange star.jpgorange star.jpgorange star.jpg Très bon


orange star.jpg
orange star.jpgorange star.jpg Pas mal
orange star.jpgorange star.jpg Moyen

orange star.jpg Pas bon À hurler !