mercredi 10 décembre 2014

LE HOBBIT 3 – LA BATAILLE DES CINQ ARMÉES : PETER JACKSON SUR LE PIED DE GUERRE







Par Eder

Je viens tout juste de sortir de la salle de cinéma et je peux vous affirmer que le dernier volet du Hobbit porte bien son titre. En effet, la majeure partie du film ne traite que de la bataille entre les cinq armées en présence. Si elle peut déplaire à certains, j'ai trouvé cette bataille tout à fait passionnante !


Une première séquence impressionnante 



Commençons par le commencement... Nous avions laissé le film précédent (Le Hobbit - La désolation de Smaug) avec le dragon qui partait en direction de Lacville. 


Dragon dans La Désolation de Smaug, de Peter Jackson (2013)




L'ouverture de cet opus se fait donc in medias res, avec l'attaque de la cité lacustre... Attaque qui aurait parfaitement servi de climax final au film précédent. Et c'est peut-être là mon premier reproche envers ce nouvel épisode. 


Petit rappel des faits: la mise en marche de la saga du Hobbit fut plus que laborieuse. D'abord, Peter Jackson quitte le projet pour laisser place à Guillermo Del Toro, puis il revient après le désistement de ce dernier. Enfin, la décision de faire de Bilbo le Hobbit - livre en une seul volume - une trilogie, et non un diptyque, est prise six mois seulement avant la sortie du premier film.



La première séquence est tout simplement impressionnante, avec un Smaug dont la lourde menace pèse sur toute la ville.


Smaug détruisant la ville lacustre



Malheureusement, le rythme du film est cassé par une petite séquence de ré-exposition qui permet au spectateur n'ayant pas vu le film précédent de comprendre le pourquoi du comment.


Puis nous sommes plongés dans la bataille, maniée d'une main de maître par Peter Jackson.


Peter Jackson, maître du cinéma d'action



Dans le livre, la bataille ne dure que 6 pages, mais le réalisateur néo-zélandais arrive à l'étirer sur presque deux heures, sans pour autant faire de longueurs. Sa mise en scène ingénieuse et l'enchaînement des phases de combat, parfois dignes d'un jeu vidéo, prouvent qu'il reste encore l'un des maîtres du cinéma d'action. Il en arrive même à compenser les faiblesses du scénario...


Peter Jackson, réalisateur de la trilogie du Hobbit après celle du Seigneur des anneaux



C'est simple, je pourrais vous résumer la bataille par un "ils se sont battus, Machin, Truc et Bidule sont morts et les gentils ont gagné" en vous révélant l'essentiel de l'intrigue. Mais le montage, le rythme et la dimension épique de cette séquence, qui occupe quasiment tout le film, offre un véritable spectacle aux amateurs du genre.

En revanche, ne vous attendez pas à de gros rebondissements. Le film est posé sur des rails et file tout droit. 


Le mal du dragon



Seule l'évolution de certains personnages offre des moments intéressants, car c'est ironiquement le film de la saga qui fait le plus évoluer leur psychologie. En effet, le premier tiers du film casse le rythme imposé par les séquences d'action, en introduisant les personnages avant de les laisser évoluer. C'est surtout le cas de Thorin qui, au moment de récupérer le trésor, est atteint du "mal du dragon" (sorte d'avarice associée à un paranoïa, le tout puissance 1000).



Thorin Ecu de Chêne (Richard Amitage) dans Le Hobbit -Bataille des cinq armées de Peter Jackson (2014)


Cela introduit aussi l'un des grands thèmes de la mythologie de Tolkien : la lutte entre la nature et l'industrialisation, entre l'oisiveté et la productivité déshumanisante, entre l'éveil spirituel et l'envie matérielle. Ici, le "mal du dragon" n'est autre qu'une métaphore de l'avarice, causant la perte de ceux qui y succombent (thème très récurrent chez l'auteur.)


Du livre au film, du film au livre


Attention cependant, cet aspect, plus qu'important dans le livre n'est, dans l'adaptation, que secondaire, car la narration du film est vraiment axée sur l'action et les enjeux stratégiques qui en découlent. Ce passage, très intéressant sur le papier, n'a donc presque pas sa place dans l'adaptation cinéma.


Je dirais enfin aux amateurs d'action, de la Terre du Milieu façon Peter Jackson, et aux personnes qui cherchent un très bon divertissement d'aller voir ce film. Quant aux amateurs de poésie et de contes, je vous invite à le voir pour ce qu'il est, à savoir un film fun, et vous conseille vivement de lire le livre d'origine, car malgré l'aspect sérieux et guerrier des adaptations, il ne faut pas oublier que Bilbo le Hobbit de J.R.R. Tolkien est avant tout un magnifique conte pour enfants...












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