jeudi 29 janvier 2015

UNE MERVEILLEUSE HISTOIRE DU TEMPS: LE TRIOMPHE DE L'ESPRIT








J'ai découvert Stephen Hawking dans l'un de mes films favoris, Mr Nobody, de Jaco Van Dormael (2009)





Dans ce film extraordinaire sur les choix de l'existence, Nemo Nobody nous expliquait le big bang, et une théorie sur le temps inspirée des travaux de Hawking.


Le monde en retour rapide


Vous savez, cette fameuse théorie selon laquelle, une fois le dentifrice sorti du tube, on ne peut le remettre dedans ? Jaco Van Dormael montre cela avec de la mayonnaise mélangée au ketchup. Dans Une Merveilleuse histoire du temps, Hawking mélange le lait au café et imagine le mélange se défaire, comme pour un retour rapide sur vidéo.

C'est Shakespeare qui le mieux résumé l'affaire dans Macbeth

"What is done cannot be undone."
Ce qui est fait est fait.

Voilà l'idée de Hawking: et si l'on pouvait défaire ce qui a été fait? réaliser un retour rapide de l'existence, à l'échelle de l'humanité entière ? Si l'univers est en expansion, y aurait-il un moyen d'inverser le processus, et ainsi revenir à l'origine du monde ? Cette théorie, dans Mr Nobody, est mise en pratique.

À la fin du film, Nemo, devenu vieillard, se rend compte dans un fou rire qu'il est arrivé au terme de l'expansion du monde, et qu'il est embarqué dans un gigantesque retour rapide qui permet de tout recommencer à zéro.





Disons-le sans détour, Une Merveilleuse histoire du temps vaut surtout pour la performance de son acteur principal, Eddie Redmayne, qui incarne magnifiquement le scientifique.




Voici en somme un film à oscar, et il est d'ailleurs nommé. Sur les huit films en compétition, on compte quatre biopics. Celui-ci permet l'un des éléments préférés des oscars: le rôle de composition. Benedict Cumberbatch est l'un des favoris, également pour un rôle de composition dans Imitation Game

Eddie Redmayne avait surtout connu jusqu'ici des seconds rôles (il incarnait Marius, récemment, dans l'adaptation  filmée des Misérables de Broadway) Il a été mannequin. Il est intéressant de le voir dans un rôle à contre-emploi, mais cela révèle aussi la mécanique des oscars: on a vu la même semaine Steve Carell, acteur potache, changer de visage en espérant la fameuse statuette.

Une merveilleuse histoire du temps possède les défauts du film à oscar: trop sage, trop lisse, trop classique, sans nuance sur l'hagiographie qu'il nous propose.

L'ensemble est un peu long. Le film de James Marsh tombe même dans le pathos dans la dernière partie du film (le rêve du stylo, notamment.)

Or, au cinéma, on peut parler d'un drame sans faire de mélodrame.


L'amour et le handicap au cinéma


Le Scaphandre et le papillon racontait l'histoire exceptionnelle d'un publicitaire qui, après un grave accident de voiture, se retrouvait paralysé entièrement, à l'exception de son œil gauche qui continuait à fonctionner.





Vous remarquerez dans la bande annonce un panneau tenu par l'infirmière, où des lettres sont inscrites pour communiquer avec son patient. C'est le même système qu'utilisera l'infirmière de Hawking. Dans les deux cas, l'amour naît de cette relation étonnante.

Il en est un troisième dont je parlais récemment dans un article sur Queen and Country. L'infirmière qui tombe amoureuse du malade, c'est l'effet Florence Nightingale, et il semble toujours marcher au cinéma.

Dans Johnny s'en va-t-en guerre, un jeune homme est grièvement blessé durant la Seconde Guerre Mondiale. Il se réveille, comme Almaric dans Le Scaphandre et le Papillon, sur un lit d'hôpital, mais n'a pas même un œil pour voir. Il ressent. Il pense. Il lui reste, comme Helen Keller, le sens du toucher. C'est une infirmière qui l'aidera également à communiquer avec l'extérieur, à force de patience et d'amour.





Dans tous ces films, l'esprit, puis l'amour triomphent. Le handicap devient le chemin d'une transformation intérieure, le sentier vers une vie nouvelle.

À la fleur de l'âge, on annonce à Hawking qu'il lui reste deux mois à vivre. Il est toujours là en 2015, âgé de 73 ans. Ce combat contre la maladie pour faire mentir les médecins rappelle celui de Ron Woodroof dans Dallas Buyers' Club

Est-ce que le drame pousse à accomplir l'extraordinaire ? C'est ce que semble nous dire le cinéma et la vie véritable depuis des décennies.


Le vrai Stephen Hawking, aujourd'hui âgé de 73 ans


Dans Une Merveilleuse histoire du temps, Felicity Jones incarne très bien l'épouse dévouée jusqu'à l'épuisement. On retrouve aussi avec plaisir le grand David Thewlis en professeur. On pourrait croire qu'après Lupin, il ne pouvait qu'incarner ce rôle. Et pourtant, il était récemment à l'affiche de Pride, Zero Theorem, et justement Queen and Country, dans le rôle, aux antipodes, du soldat rigide.

Si l'interprétation est formidable dans le film de James Marsh, la réalisation reste plate, le scénario attendu. Tout y est comme Cambridge, auquel il rend hommage: académique, prestigieux, mais sans personnalité, sans âme. Il manque à ce biopic de brillant professeur un je ne sais quoi d'insolence de mauvais élève qui lui donnerait plus de relief et de panache.

Vous pouvez cependant découvrir ce joli film en salles, pour le jeu étonnant d'Eddie Redmayne qui pourrait lui valoir l'oscar prochainement.


Vous trouvez que Une Merveilleuse histoire du temps mérite l'oscar? Vous préférez un autre film ? Votez dans notre sondage ! (colonne de droite)






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