mardi 17 mars 2015

DIVERSION (FOCUS): LE RETOUR RATÉ DE WILL SMITH



Affiche Diversion (Focus) avec Will Smith et Margot Robbie




Le film commence comme un épisode de "Sex and the City": prises de vues de New York et bar branché. À l'écran apparaît un homme seul et vieilli: Will Smith. 

Blind date et blague qui tombe à plat, les acteurs semblent blasés, ils s'ennuient. Nous aussi.

Margot Robbie sous toutes les coutures


Seul intérêt de Diversion ? Retrouver Margot Robbie, beauté fatale de Il Était temps et Le Loup de Wall Street.


Margot Robbie dans Diversion, de Glenn Ficarra
Margot Robbie dans Diversion, de Glenn Ficarra

Vous la verrez:
- En robe rouge 
- En robe rose trop serrée avec le soutif noir qui dépasse.
- En robe noire
- En robe à fleurs
- En maillot de bain deux-pièces

Réduction de 30% sur le deuxième article acheté.

Margot Robbie joue donc une bimbo que l'on trouve si souvent dans les films à arnaque, censée jouer de ses charmes pour vous piquer votre montre.

Will Smith, définitivement ringard


Will Smith, quant à lui, a l'air d'un vrai has been. C'en est triste. Il était bon dans les comédies des années 90 (Men in Black notamment) mais dans les rôles où il doit incarner la mélancolie, il est mauvais. Même le joli film Sept Vies souffrait de son manque de conviction. Dans le film de 2009, il tentait déjà de nous apitoyer avec un regard façon chat de Shrek.


Chat de Shrek


Will Smith n'a toujours pas le charisme qu'il souhaite dans les scènes d'émotion. Hélas, dans les moments qui se voudraient comiques, il tire une gueule de dépressif. Oui mais voilà, quand on est un acteur sur le retour, on prend ce qu'on nous propose. Tout le monde n'a pas la chance d'être Morgan Freeman, et Will Smith vieillit mal, très mal.

Diversion est une comédie où l'on ne rit pas, une rom-com où le couple est aussi crédible qu'une idylle entre Bourvil et Madonna.

Le couple, parlons-en. Davantage que le film, très mauvais, on parlera sans doute de la rumeur sur la relation entre Will Smith et Margot Robbie, qui mettrait en péril le mariage de l'acteur. 

Et les rôles secondaires ? Tous caricaturaux. Adrian Martinez correspond au cliché du gros à l'humour graveleux, que l'on trouverait plus volontiers dans une farce de Seth Rogen.


Adrian Martinez dans Diversion
Adrian Martinez dans Diversion

Quant au Chinois arnaqué, il fait penser au cliché habituel du méchant dans les grosses productions américaines. Gros plan sur l'arnaque en question: elle rappelle, avec sa théorie fumante sur l'inconscient, le génial Inception ou le palpitant Insaisissables, où José Garcia se faisait habilement manipulé par la bande d'escrocs. Alors pourquoi ça ne prend pas cette fois-ci ? La faute à la réalisation sans inventivité, de la part des créateurs de Crazy Stupid Love, rom-com déjà peu convaincante.

Un scénario inepte (Attention Spoilers)



Voilà le défaut majeur de DiversionCe n'est pas la première fois qu'un film se perd entre comédie d'escrocs et rom-com, mais ces comédies sont souvent plaisantes. Il n'en est rien ici. Le scénario est tellement inepte qu'il est sans suspense, et sans intérêt.

La fin, avec la révélation improbable "Je suis ton père," ne tient pas debout. Le gros méchant de l'histoire fuit le "lieu du crime" sans même emporter le pactole. Le dernier discours du père comme quoi son fils est - hélas - un brave type parachève ce film absurde.

On attend en vain le casse du siècle promis par les critiques. Je ne sais plus quel journal a comparé Diversion à Ocean's Eleven, mais j'espère que le chèque en valait la peine.

À ce propos, il existe bien d'autres films sur l'arnaque qui valent le détour.

L'arnaque au cinéma


Tout récemment, American Bluff, même s'il fut déçu aux Oscars, était sympathique. Là aussi, une très belle femme s'associait à un escroc pour plumer des pigeons.


Amy Adams dans American Bluff de David O'Russell (2013) robe argentée
Amy Adams dans American Bluff de David O'Russell (2013)

Toujours lié au poker, il y eut, en 1994, le film Maverick, où Jodie Foster incarnait le même type de rôle face à Mel Gibson. À la fin, tout se jouait sur un coup de poker.

Jodie Foster et Mel Gibson dans Maverick, de Richard Donner (1994)
Jodie Foster et Mel Gibson dans Maverick, de Richard Donner (1994)

Côté français, deux beaux succès: L'Arnacoeur et Hors de Prix, où l'on confondait aussi le charme et l'argent.


Affiche Hors de prix, avec Audrey Tautou et Gad Elmaleh Affiche de L'Arnacoeur, avec Romain Duris et Vanessa Paradis


Mais le maître incontesté reste Tarantino, réalisateur du casse  à rebours de Reservoir Dogs. Il prouve que c'est le scénario et la réalisation qui permettent le casse du siècle, qui est également celui du box-office.

L'arnaque extraordinaire de Jackie Brown restera dans les annales. Il s'agit d'un film choral où plusieurs escrocs cherchent à dérober le pactole. Pour une fois, au lieu d’une bimbo blonde, c'est une femme noire avec les pieds sur terre qui bluffera tout le monde.


Pam Grier en hôtesse de l'air pas comme les autres dans Jackie Brown, de Quentin Tarantino (1997)
Pam Grier en hôtesse de l'air pas comme les autres dans Jackie Brown, de Quentin Tarantino (1997)


En somme, il existe bien d'autres films sur l'arnaque à grande échelle qui valent le déplacement. Certains magazines nous promettaient avec Diversion le casse du siècle. Ce ne sera même pas le casse de la semaine.



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1 commentaire:

  1. Je n'ai pas eu l'occasion de découvrir le film (je crois qu'il n'est pas encore sorti). J'aime bien les deux réalisateurs mais là je ne le sens pas trop, ça n'a pas l'air original et puis faut arrêter de mettre les Will Smith et co (genre Tom Cruise) draguer des minettes de 20 balais comme s'ils étaient encore tout jeunes ! Je n'irai pas le voir (trop de films sortent !) mais ta critique m'a bien fait marrer (surtout ta partie sur Margot Robbie !).

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