vendredi 6 mars 2015

LE DERNIER LOUP : L'APPEL SAUVAGE DE JEAN-JACQUES ANNAUD





Par Sirius 



Qui mieux qu'un husky peut parler d'un film entre chien et loup ?

Le Dernier loup de Jean-Jacques Annaud m'a fait réfléchir.

Peut-on transformer un loup en chien ? Une fois apprivoisé, peut-on aider le loup à retrouver sa nature première ?

Que deviendrais-je si Marla décidait de me ramener à la l'état sauvage, en Sibérie, parmi les miens ? Oublierais-je l'odeur du thé et des cookies quand nous regardons un film chez elle ? Survivrais-je un jour seulement dans le désert sibérien ? Les miens m'accueilleraient-ils après tant de temps passé chez les humains, dans une chaude maison plutôt qu'à courir dans la neige ? Les huskys sont des loups domestiqués. Les Tchouktches, il y a bien longtemps, ont exterminé mes frères les plus sauvages pour negarder que les plus doux, afin de tirer leurs traîneaux.


Si le chien est le meilleur ami de l'homme, Jean-Jacques Annaud nous prouve que l'homme est le pire ennemi du loup. 





Le loup a toujours eu mauvaise réputation auprès des bipèdes. Des expressions qu'utilise Marla aux histoires qu'elle conte à ses nièces, je vois bien que mes frères sauvages ne sont pas les bienvenus.

Jean-Jacques Annaud nous explique comment, par la seule faute des humains, il ne reste plus un seul loup dans les steppes de Mongolie.

Un gentil bipède nommé Chen Zhen, Chinois parmi les Mongols, assiste, impuissant, au meurtre de louveteaux par des humains soucieux de protéger leur bétail. Une phrase de prière, et les voilà qui lancent les louveteaux dans le vide, en les recommandant à un dieu dont je ne sais écrire le nom.

On voit, quelques minutes plus tard, ces mêmes humains caresser des chiots dans le calme de leur chaumière. Comment réagiraient-ils si des êtres volaient ces chiots pour les envoyer vers le ciel ? Que feraient-ils, surtout, si l'on agissait de même avec leurs propres petits ?

Le gentil bipède décide d'étudier un louveteau. Il en trouve un, caché par une louve dans un abri. 




Toute sa vie sera amour et dévotion pour ce louveteau. D'une manière un peu naïve, assez manichéenne, Annaud montre l'entêtement insensé du jeune homme à vouloir changer la nature du loup. Ainsi, il le tient en laisse, le nourrit plutôt que de le laisser chasser, et surtout, le prive de la présence des siens. Petit Loup est emprisonné dans une cage emplie d'amour, mais une cage tout de même. A-t-on raison de rester prisonnier, même si l'on est, comme moi, un prisonnier heureux ?

Les images du Dernier loup sont superbes et invitent au voyage. 




La photographie, lumineuse, fait de chaque plan un immense tableau où la beauté s'étend de la terre au ciel. 

Oui, il faut voir Le Dernier loup sur grand écran. Des couleurs rosées du couchant à l'immensité blanche des steppes, l'exigence esthétique de Jean-Jacques Annaud nous offre une fresque splendide et un plaidoyer remarquable pour la sauvegarde de la nature.





Marla a horreur des fables de La Fontaine, mais elle aime « Le Loup et le chien. » En sortant de la salle, nous nous sommes regardés, et je sais que nous pensions à la même chose. 

Ma maîtresse est comme moi, une nature sauvage sous ses airs apprivoisés, une louve qui fait mine d'être chienne. Le film d'Annaud nous rappelle que nous fumes loups avant que d'être chiens, que nous chassions plutôt que d'attendre la pâtée quotidienne, qu'en des temps ancestraux nous avions moins peur de la mort... et de la liberté.




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Chef d'oeuvre orange star.jpgorange star.jpgorange star.jpgorange star.jpg Très bon


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orange star.jpgorange star.jpg Pas mal
orange star.jpgorange star.jpg Moyen

orange star.jpg Pas bon À hurler !