dimanche 17 mai 2015

MAGGIE, AVEC ARNOLD SCHWARZENEGGER: MA FILLE EST UN ZOMBIE


Arnold Schwarzenegger et Abigail Breslin à l'affiche de Maggie




Voilà, mon titre résume le film. Vous pouvez passer à autre chose.

Bon, Maggie, pour un titre de film d'horreur, c'est pas top. Ça me fait penser au bébé des Simpson 



et à une sitcom que regardait ma grand-mère.



Maggie: pour les fans de films de zombies ?



J'avais une bonne copine à l'adolescence qui allait voir tous les films de zombies. Je dis bien "tous." Des films de zombies dont vous n'avez jamais entendu parler, ceux diffusés dans une seule salle du Quartier Latin le jeudi à 11h, sur Canal + à deux heures du mat, ceux dont le vidéo club ne voulait plus, ceux reniés par leurs réalisateurs, avec de faux raccords et des acteurs somnolents.

Elle les a vus quand-même, dans cette passion des cinévores incurables.

Mais je sais qu'elle hésiterait face au dernier Schwarzy, même s'il y a le mot "zombie" dans le synopsis. Et puis elle irait au final, parce que film de zombies, quoi.

En même temps, c'est pas parce que Schwarzy joue comme un tronc d'arbre et que Maggie n'a pas de scénario (de quoi ?) qu'il ne faut pas y aller. On peut aussi aller voir un film pour se fendre la pêche.


D'habitude, quand un zombie mord un humain, l'humain se transforme tout de suite. Ou alors il y a un petit temps d'incubation, comme dans Une Nuit en enfer. Mais Une Nuit en enfer, c'était  des vampires, et surtout, c'était chouette.





Dans Maggie, les humains mettent des plombes à devenir zombies, c'est même le prétexte du film : on assiste à la lente transformation de l’adolescente.

Quand la transformation est quasi complète, les infectés ont les yeux des habitants de Bontemps, quand ils sont sous l'emprise de Maryann dans True Blood.


Dialogues creux, fausse profondeur, moments de drame risibles, Maggie est un vrai mauvais film, un nanar épouvantable. Les dialogues sont si ridicules qu'on croirait une parodie. La "photographie" du film rappelle les séries B des années 70/80: soleil écrasant dans une région qui ressemble vaguement au Texas. 


L'atmosphère pseudo-apocalyptique rappelle la mini-série Le Fléau, adaptation kitsch du roman de Stephen King diffusée dans les années 90.






Références bibliques douteuses


Dans Le Fléau, il s'agissait d'une allégorie biblique, un combat entre le Bien et le Mal.


Dans Maggie, la gangrène zombifiante est bien sûr subtilement montrée. C'est la main, comme souvent, qui est atteinte en premier. Maggie croit bon de s'amputer le doigt pour éviter que le mal se propage. Or, cette idée de couper le membre malade pour empêcher la contamination du corps tout entier n'est pas nouvelle. Elle date des Évangiles.

Mathieu, 5:30 : Et si ta main droite est pour toi une occasion de chute, coupe-la et jette-la loin de toi; car il est avantageux pour toi qu'un seul de tes membres périsse, et que ton corps entier n'aille pas dans la géhenne.

Quand Arnold Schwarzenegger emmène Maggie en voiture, la route est bordée de poteaux électriques en forme de croix chrétiennes. Dans le genre, je ne pensais pas voir pire que It Follows et ses crucifix au fond de la piscine. J'avais tort.



Une scène montre Maggie sur une balançoire. On entend la radio en bruit de fond, comme dans Harry Potter et l'ordre du Phénix (2007) 

Alors la balançoire qui grince, dans les films d'horreur, on connaît. Mais là, y aura rien d'autre, pas même un type déguisé en clown pour vous foutre les jetons. 

L'affiche de Maggie et ses tons gris voudrait nous faire croire qu'il s'agit d'un film apocalyptique intelligent digne de La Route, de John Hillcoat, sorti en 2009.


Affiche française de La Route, de John Hillcoat (2009)
Affiche française de La Route, de John Hillcoat (2009)


Devant Maggie : on se marre ou on s'ennuie


Dans Maggie, on ne sait pas d'où vient le virus qui transforme les gens en zombies. On ne sait pas grand-chose, en fait. 

Ah si, quand-même. 

On assiste presque, dans une scène, à la transformation de Maggie en zombie. Sa mère, traumatisée, s'en souvient alors qu'elle coupe des tomates (authentique.)

Comme dans Interstellar, Maggie se concentre sur la relation père-fille et la question du sacrifice.






À force de jouer les robots, Schwarzy ne sait plus exprimer une seule émotion à l'écran. Abigail Breslin, quant à elle, est bien meilleure dans le cinéma d'auteur. 

Le film est, par-dessus le marché, pleurnichard. Schwarzy pleure, sa femme pleure, sa fille pleure. Le spectateur pleurera sans doute d'avoir perdu 10 euros.

Long, lent, creux, avec une tension dramatique à la noix sur une musique douteuse, on ne frissonne pas devant Maggie : on se marre ou on s'ennuie.

Je sais déjà que le film fera partie de mon top des flops 2015.



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Légende

Chef d'oeuvre orange star.jpgorange star.jpgorange star.jpgorange star.jpg Très bon


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orange star.jpgorange star.jpg Pas mal
orange star.jpgorange star.jpg Moyen

orange star.jpg Pas bon À hurler !