samedi 9 mai 2015

PARTISAN: L'UTOPIE PERVERSE DE VINCENT CASSEL


Affiche du film Partisan, avec Vincent Cassel



Par Sidonie Malaussène


Partisan de Ariel Kleiman nous plonge dans un univers de banlieues dévastées. Gregori (Vincent Cassel) cherche à aider des jeunes femmes maltraitées et isolées ainsi que leurs nourrissons. Il crée pour eux une communauté secrète sur laquelle il règne en patriarche. 

Gregori a en réalité monté une secte qui ne dit pas son nom. Il en est le seul homme et le gourou, mi-protecteur, mi-menaçant. L'un de ses enfants préférés, l'aîné, Alexandre (Jeremy Chabriel) finira par l’affronter.

Un cocon malsain



Dans une scène d’ouverture quasi christique, on comprend vite que celui qui cherche à se protéger, c’est le personnage de Vincent Cassel, Gregori. Il s'érige en patriarche polygame, maître absolu d’un harem indifférencié, entouré d'une ribambelle d’enfants qu’il prétend éduquer et distraire.



Alexandre (Jérémy Chabriel) dans Partisan, de Ariel Kleiman
Alexandre (Jérémy Chabriel) dans Partisan, de Ariel Kleiman


Et là, tout se détraque. Dans cet isolement, la vie est rythmée par des distractions malsaines. D'étranges karaokés où chantent les enfants évoquent l’ambiance morbide de Apocalypse Now. Ces enfants sont utilisés de façon inhumaine pour subvenir aux besoins de la communauté.

Gregori vit de manière fusionnelle les rapports charnels avec les femmes et les enfants de sa communauté afin de s’apaiser, mais il devient menaçant si cette toute-puissance est remise en cause.

Un film décevant

Le sujet posé est fort, les thématiques possibles étaient prometteuses et pourtant, rien ne fonctionne. Avec Partisan, Ariel Kleiman tombe dans la psychologie grossière. L’ambiguïté du "héros" aurait pourtant pu être davantage explorée et traitée plus finement.



Vincent Cassel dans Partisan
Vincent Cassel dans Partisan


Les comédiens paraissent flotter, sans volonté. Le manque d’idées freine la progression du récit. Le final est carrément grand-guignolesque. La naïveté des rapports humains est gênante, les passages à l’acte peu crédibles. Tout s’écroule sous les lieux communs, le sentiment de déjà vu, l’ennui. 

Filmé et joué platement, Partisan ne dégage ni émotion ni réflexion.

Face à la force et la complexité que pouvaient générer le thème de vivre "hors société" et, au-delà, l’exploration du fonctionnement sectaire, la fadeur du propos de Partisan déçoit.




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