mardi 16 juin 2015

JURASSIC WORLD: HARDER, BETTER, STRONGER, FASTER ?





Par Eder et Marla



Bon, maintenant que je me suis (presque) remise du dernier épisode de Game of Thrones, je peux reprendre la plume. Mais vu que je suis encore secouée, j'ai décidé de me faire aider par un autre fan de la série.



Eder est chouette. Il est monteur cinéma, beau mec, et il a épousé l'une de mes amies d'enfance. Oui, mais voilà: il est fan de blockbusters. Quand lui va voir Avengers 2, je vais voir un film hongrois que personne connaît.



Il me rend service, Eder. Il est doué pour parler blockbusters. C'est vrai que je ne saurais pas dire, moi, si Mad Max Fury Road est meilleur que Mad Max 2.

Parce que je m'appelle Marla, en référence au Fight Club de Fincher, je me suis dit que j'allais publier, de temps en temps, une critique schizophrène.

Eder a adoré Jurassic World. J'ai détesté. Je me moquais du film dès la bande-annonce. Eder est en vert, moi en mauve. Pour les daltoniens, Eder défend le film avec talent, et moi j'ironise.

Comme tout enfant né  dans les années 80, j'ai été bercé par la culture « Dino »


- Bon, j'avoue. J'ai porté ce t-shirt.




- Jurassic Park fait partie de mon top 3 personnel.

- C'est marrant, moi c'est Rabbi Jacob.

- Donc quand la mise en chantier d'un nouvel opus fut officialisée en 2011, j'étais à la fois aux anges et dubitatif. 

- Moi, j'ai eu peur. J'avais 11 ans en 1993, et j'ai eu la trouille devant le premier opus.

 Moi, je l'ai vu une centaine de fois. 

Jurassic Park n'avait pas eu les suites qu'il méritait (The Lost World, Jurassic Park III) et relancer la franchise avait tout du projet "casse-gueule ." Surtout qu’il ne s’agissait que du 2ème film de son réalisateur, Colin Trevorrow. 

Heureusement, le film s'en sort bien, méritant même d'être considéré comme la meilleure suite de la saga. Jurassic World se déroule 22 ans après les événements de Jurassic Park. On pourrait presque le considérer comme la suite de ce dernier car il n'y a aucune référence aux deux précédentes suites.

- Dieu merci.

- Le scénario...

- Le quoi ?!

- Le scénario, disais-je, que l'on doit à Rick Jaffa et Amanda Silver, scénaristes de La Planète des Singes: Origines et de La Planète des Singes: L'affrontement...

- Déjà des suites épatantes...

- C'est fini, oui ? Jurassic World dépeint un monde où le parc à dinosaures est ouvert et accueille 20 000 personnes par jour. 

- Et autant de casse-croûtes pour les dinos. Comme s'il n'y avait pas eu assez de dégâts dans les épisodes précédents...

- Mauvais esprit. Bon, comme tout parc à thème, Jurassic Park a besoin de se renouveler régulièrement avec de nouvelles attractions. Mais le public étant habitué aux dinosaures, le parc décide de créer le premier dinosaure hybride, l’Indominus Rex. Plus grand, plus féroce, plus terrifiant... 

- Ça me rappelle une chanson des Daft Punk.




- En découvrant le pitch du film, cela m'avait semblé une aberration. "Les dinosaures sont tellement cool d'eux-mêmes, ils n'ont pas besoin d’être modifiés", m'étais-je dit. Avant même d'avoir vu le film, je critiquais Universal de vouloir faire un énième blockbuster de monstres. 

Mais Jurassic World fait justement la démarche inverse. C'est en réalité un blockbuster qui critique les blockbusters, et la surenchère des studios vers des films toujours plus impressionnants.

- Ou alors, Universal verse dans le cynisme, en dénonçant la concurrence tout en faisant pareil. De cette manière, le film touche deux publics: les fans de blockbusters et leurs détracteurs.

- L'Indominus Rex soulève la question "Est-ce que l'on ne va pas trop loin ?"


- Dans la bande-annonce, on voyait Chris Pratt en moto avec des raptors. Si à l’image cela semblait cool, l’idée sur le papier d’un dressage de raptors paraissait ridicule. Or, ces scènes sont excellentes et sont, pour moi, les meilleures du film. 

- Ouais, les raptors sont dressés comme Lassie. 



Elle aboie, et le maître comprend tout. 
- Quoi, Lassie, le shérif a été enlevé par des voleurs, et ils demandent une rançon ? 
- Woof !
- Elle sait où ils sont. Suivons-la.
Pareil pour les raptors dans Jurassic World. En un regard et quelques grognements, l'un deux convainc le dino génétiquement modifié que bouffer les humains, c'est pas bien.

- Pas du tout d'accord ! Ces scènes sont tout à fait crédibles car, pour la première fois de la franchise, les raptors sont présentés comme des animaux et non comme des montres. 

- Ouais. Je préférais quand-même le raptor de Robin Williams.



- Le vrai monstre de Jurassic World, c'est l'Indominus Rex, qui rappelle le monstre de Frankenstein. 

Les effets spéciaux numériques (ou CGI) sont très bien faits. Peut-être même trop bien faits. Les limitations techniques de Jurassic Park rendait les animaux lourds et très peu présents à l’écran. Dans Jurassic World, les dinosaures ont parfois l’air trop souples, trop rapides. C’est une véritable orgie de dinosaures, il y en a plein partout. 

- Mention spéciale pour le combat des titans, à la fin, où l'on se demande quel gros monstre bouffera les autres.

- Certains décors, comme la volière, font trop clean, et on a du mal à se dire que ce n’est pas du CGI. 

- Et j'ai imaginé Chris Pratt faire semblant de caresser un dino sur un écran vert.

- En revanche, la 3D relief est excellente. On a une véritable sensation de profondeur, notamment grâce aux plans en plongée (ou contre-plongée) qui accentuent les différences de taille entre les personnages et les dinosaures. 

L'écriture des personnages est excellente car il n'y a pas de personnages-fonction. Ils suivent tous une évolution au cours du film. Owen, joué par Chris Pratt, est à mi-chemin entre Indiana Jones et Dr Grant, le tout en plus bad-ass. Son collègue Barry, joué par Omar Sy, ne joue pas le "français de service" malgré ses lignes de dialogue sur deux dans la langue de Molière. Le personnage de Claire, interprété par Bryce Dallas Howard, est particulièrement intéressant car, si au départ elle semble n’être là que pour servir l'intrigue amoureuse, elle se révèle beaucoup plus profonde et débrouillarde malgré ses talons hauts dans la jungle. Seul le personnage de Vincent D’onofrio, Hoskins, est un peu caricatural mais interprété avec justesse et crédibilité. 

- Stop. Tous les personnages de Jurassic World sont des personnages-fonction. Les films (et livres) grand public foncent souvent tête baissée dans le topos. Chris Pratt oscille toujours entre héros et zéro, c'est très à la mode dans les blockbusters de ces dernières années.


Pour Claire, les scénaristes n'ont pas su décider entre la femme de tête courageuse, type Jennifer Lawrence dans Hunger Games, et la coquette, parce que c'est important d'être jolie, quand-même. 

J'ai porté des talons-aiguilles. Pour fuir des dinosaures, il vaut mieux porter des Rangers. Entendre les talons claquer quand Claire fuit le T-Rex, c'est à pleurer de rire. Le film tombe carrément dans l'auto-parodie.

- Ce n'est pas une parodie, c'est un film-hommage. Colin Trevorrow, en tant que fan de Jurassic Park, y fait énormément de clins d’oeil et de références, sans jamais être lourd ou insistant. Chaque détail rappelant Jurassic Park est amené de façon subtile et intelligente. Même le thème de John Williams n’est utilisé qu’avec parcimonie.

- Je te rejoins là-dessus. J'aime bien les quelques notes au piano.

- Certains reprocherons peut-être trop de "fan-service" mais il est suffisamment discret pour ne pas entraver la compréhension du film. Et quand on crie au "remake" parce que certaines scènes ressemblent au premier, c’est que l’on a pas compris le message de la franchise, à savoir que tout est condamné à se répéter.

- Hélas.

- Pour moi, Jurassic World fonctionne ! Les scénaristes nous livrent un film bourré d’action, intelligent, fun et qui m’a personnellement ramené à mes 8 ans. 

- C'est peut-être l'âge des scénaristes ?

Même si la scène de fin est un peu trop tirée par les cheveux, elle ne gâche pas le sentiment de bonheur que j’ai eu à retourner sur Isla Nublar.

- Et tu y retourneras bientôt. Il reste le gros monstre histoire de faire une suite. On ira ensemble, hein ? Et après je t'emmène voir un film d'auteur turc.



Alors, #TeamEder ou #TeamMarla ? Dites-le en commentaire ! (ou sur Twitter)


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4 commentaires:

  1. Réponses
    1. Ouf !
      Il y avait deux solutions:
      1) Que ça vous plaise.
      2) Que je me fâche avec mon petit couple.
      T'as pensé quoi du film, toi ?

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  2. Plutôt #TeamMarla même si je n'ai pas détesté le film, je trouve qu'il s'agit d'un divertissement correct mais disons inutile, qui n'apporte finalement rien de neuf (une sorte de remake déguisé des deux premiers volets), un poil ringard malgré une belle technologie moderne, des personnages trop caricaturaux (du coup les acteurs bof - même si Chris Pratt s'en sort quand même bien - le seul peut-être d'ailleurs). En tout cas, cette chronique était très sympa !

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    Réponses
    1. Merci ! Je voulais depuis longtemps écrire une critique schizophrénique ! Au fait, quand est-ce que tu écris chez moi ? :-)

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