dimanche 5 juillet 2015

LES MINIONS: MOI, JAUNE ET GONFLANT




Moi, Moche et méchant était sympathique. Le deuxième était assez mauvais et vite oublié. 

Universal a repéré le filon: "Et si l'on mettait en lumière ces petites bêtes jaunes rigolotes en leur créant leur propre aventure ?"

Des gags déjà vus


Dès le générique, Les Minions rappellent autre chose. Les petites bêtes chantant en chœur le jingle d'Universal, c'est un peu Ralph dans le film des Simpson, qui vient chanter à tue-tête le jingle de la Fox avant le générique.




Beaucoup moins drôle et insolent que le film des Simpson, Les Minions tombe à plat.

L' historique des méchants, en début de film, aurait pu être hilarant, mais la voix off n'est pas drôle. Les gags sont si prévisibles que le film se traîne, bien qu'il ne dure qu'une heure vingt. 

Si vous voulez vous amuser avec vos gosses, coupez le son et faites les dialogues vous-mêmes, ce sera toujours mieux que cet Esperanto douteux. Tant qu'à voir une belle animation sans paroles, préférez Shaun le mouton.

La famille américaine caricaturale que croise les minions en partance pour Orlando est très loin de la famille hilarante de Hampton dans Les Vacances des Tiny Toons. Dans ce long-métrage inspiré de la série animée, Plucky fait un long voyage en voiture en route pour Happy World Land.




Le film de 1992 caricaturait génialement Disneyland, avec "ses 6 manèges et ses 400 boutiques."

Dans Les Minions, les studios Universal font mollement de l'auto-promotion. De façon bien moins efficace que Disney récemment, Universal fait référence à son parc à thème situé à Orlando. 

C'est là que se déroule la villain-con (comprenez "conférence des méchants") où les méchants se retrouvent avec bonheur, pour adorer leurs idoles.

Pour John et Ted, c'était la Star Wars Con.


John (Mark Walhberg) et Ted à la Star Wars Con dans le film de Seth MacFarlane (2012)
John (Mark Walhberg) et Ted à la Star Wars Con dans le film de Seth MacFarlane (2012)


Une méchante décevante


La villain-con est donc là pour séduire les geeks. L'idée d'une méchante super-star est bonne, mais rien ne prend, rien ne marche.

La publicité pour Scarlet Overkill, parodie des méchantes James Bond girls des années 60/70, était alléchante. Mais il s'agit d'une méchante décevante.

Scarlet Overkill, méchante dans Les Minions
Scarlet Overkill, méchante dans Les Minions


Il y a eu bien mieux côté méchantes femmes dans les films pour enfants.

Moi, j'ai toujours eu les jetons devant la méchante sorcière de l'ouest.

La méchante sorcière de l'ouest dans Le Magicien d'Oz, de Victor Flemming (1939)
La méchante sorcière de l'ouest dans Le Magicien d'Oz, de Victor Flemming (1939)

Chez Disney, il y avait Cruella, méchante jubilatoire des 101 Dalmatiens, et la chanson moqueuse de Roger, restée célèbre.




Tout récemment, on a vu cette sorcière burtonienne dans un film davantage adressé aux adultes qu'aux enfants: Coraline.

Sorcière dans Coraline, de Henry Selick (2009)



Côté Pixar, on a vu la petite Darla, qui foutait les jetons aux habitants de l'aquarium.






Cette terreur rousse en évoquait une autre, toujours chez les Tiny Toons, Elmira.




Le pillage des années 60 / 70


Scarlet Overkill est une méchante hystérique et sans intérêt. Son petit-ami est un ringard aux expressions désuètes. Le mot "groovy" (guère utilisé depuis les années 70) était déjà moqué par Pixar dans Toy Story 3. C'est Ken, benêt au grand cœur, qui affectionnait l'expression.

Sunnyside could be cool and groovy if we treated each other fair ! 

Sunnyside pourrait être bath et sensas' si on se respectait les uns les autres !

À mon souvenir, c'est Ferré qui a utilisé "bath" pour la dernière fois.



Et en plus, ça chante 


Hélas, dans Les Minions aussi, ça chante.

Quand un film est mauvais, je sais pas pourquoi, très souvent, ça chante. Comme pour ajouter à la nullité de l'ensemble. Grande admiratrice de comédies musicales, j'ai reconnu, consternée, l'une des chansons de Hair reprise par ces bê-bêtes chantantes.





C'est drôle comme les pires films d'animation poussent souvent la chansonnette, au grand désespoir des parents.



Exemple dans Alvin et les Chipmunks (vous n'êtes pas obligé(e) de lancer la vidéo)




Ces voix haut-perché qui bousillent une chanson, c'est exactement ce que l'on découvre dans Les Minions.

Mais il y a aussi des chansons laissées à leur état d'origine. on remercie le ciel que la chanson des Who soit restée telle quelle.





68 oblige, Les Minions placent aussi l'un des tubes de l'époque, The Letter, des Box Tops:



Ajoutez à cela une Angleterre caricaturée à outrance, et plusieurs incohérences. Il n'y a personne autour des minions dans la tour de Londres, l'un des lieux les plus visités au monde. 

Ah, ces chers Américains qui mélangent allègrement mythe (l'épée du roi Arthur) et réalité (les joyaux de la couronne.) D'accord, nous sommes dans une animation, on ne va pas imposer une rigueur historique extrême. Mais quand un film est déjà mauvais...


 Même pas drôle



Bref, on s'ennuie devant Les Minions. Tout est raté et sans intérêt. On ne rit pas une fois, pourvu que l'on connaisse plusieurs des films qui ont précédé cet opus sans charme.

De plus, toute cette publicité et ce merchandising pour un si mauvais film, c’est écœurant.

Dommage, les méchants hilarants dans les films d'animation, ça existe.






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Légende

Chef d'oeuvre orange star.jpgorange star.jpgorange star.jpgorange star.jpg Très bon


orange star.jpg
orange star.jpgorange star.jpg Pas mal
orange star.jpgorange star.jpg Moyen

orange star.jpg Pas bon À hurler !