vendredi 31 juillet 2015

SUMMER: COMME UN AVION SANS ELLE






C'est l'histoire d'une jeune fille qui veut voler. Elle s'appelle Sangaile, "Avec force," et elle veut mériter son prénom. Dans la lignée des films LGBT délicats tels que le bijou brésilien Au Premier regard, Summer nous propose une "Vie d'Adèle" en Lituanie.

Les deux actrices sont pleines de talent et de charme, et Alanté Kavaïté les filme amoureusement. Julija Steponaityte, avec son air d'Anna Mouglalis, et l'air mutin de Aistė Diržiūtė font du couple une belle réussite. 

Summer dit aussi, comme les meilleurs films adolescents, que si le passage à l'âge de femme est difficile, il en vaut la peine. Il montre que l'on peut se sentir mal dans sa peau au jeune âge, mais que les choses s'améliorent, pour peu qu'une belle rencontre survienne.

Le propos est simple, merveilleusement mis en scène. La scène de Sangaile sous la douche est à l'image du film: charnel avec pudeur, délicat et léger.

Je ne peux tout dire. Truffaut nous avait prévenus, le bonheur se raconte mal. Dans le cas de Summer, il est bien  filmé, et le long-métrage de Alanté Kavaïté donne envie de voir ou revoir d'autres bijoux sur les amours féminines.

On pensera bien-sûr à My Summer of Love, mais là où le film britannique n'était pas exempt de clichés (sur le Yorkshire notamment) Summer les évite avec grâce.

Les couples lesbiens au cinéma


Boys Don't Cry révélait le talent de Hillary Swank et confirmait celui de Chloé Sévigny. Teena Brandon devenait Brandon Teena, dans une réflexion double: à la fois sur l'orientation sexuelle et l'identité de genre.






La Vie d'Adèle est devenu un incontournable. Trois heures d'éducation sentimentale d'une adolescente à la découverte de ses désirs et de son propre corps. Si le tournage a été difficile, le résultat est splendide.




Mon préféré reste When Night is Falling, où une bigote tombe amoureuse d'une artiste de cirque. Dans la série Six Feet Under, le personnage de David Fisher a aussi du mal à concilier sa foi et son homosexualité.

Le film de Patricia Rozema fête ses 20 ans cette année.




Sans être un film dit "lesbien," (je ne cautionne d'ailleurs pas le terme) le couple formé par Meryl Streep et Allison Janney dans The Hours vaut aussi le détour. Stephen Daldry réalisait, dans tous les sens du terme, le rêve caché de Clarissa Dalloway dans le roman de Virginia Woolf. Avant de devenir l'épouse du soporifique Richard Dalloway - comme une certaine Emma épousera Charles Bovary -Clarissa avait eu un penchant pour son amie de jeunesse, Sally. Les deux prénoms ont été conservés pour les personnages de The Hours, couple lesbien des années 90. 

On découvre d'ailleurs dans le film de Daldry trois baisers lesbiens: Virginia Woolf qui semble dans un baiser "aspirer" la vie de sa sœur, Laura Brown, maîtresse de maison faussement heureuse et sa voisine Kitty, et le baiser passionné de Clarissa et Sally à la fin du film.






Il y en aurait d'autres: le méconnu Fucking Amal, le jubilatoire Bound ou le déroutant Mulholland Drive

Summer est l'un des jolis films à découvrir cet été. Fugace, délicat, charmant, ensoleillé. Comme un mois de juillet.



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Légende

Chef d'oeuvre orange star.jpgorange star.jpgorange star.jpgorange star.jpg Très bon


orange star.jpg
orange star.jpgorange star.jpg Pas mal
orange star.jpgorange star.jpg Moyen

orange star.jpg Pas bon À hurler !