mercredi 22 juillet 2015

WHILE WE'RE YOUNG: TROP VIEUX POUR MOURIR JEUNES






Faut pas faire du Woody Allen quand on n'a pas son talent. Voilà, en une phrase, comment on pourrait résumer While We're Young, comédie complaisante sur le milieu intellectuel new-yorkais.

Josh est un documentariste raté. Il donne des cours à la fac, et c'est là qu'il rencontre Jamie, étudiant passionné par son oeuvre.

Josh est en couple avec Cornelia. Ils vivent la pression sociale habituelle des couples de leur âge: cernés de couples avec enfant, on leur rappelle quotidiennement qu'ils n'en ont pas.

Jamie est en couple avec Darby: ils sont jeunes, libres, et rappellent au "vieux couple" ce qu'ils ont perdu.

Du vide interstellaire


Au cinéma, nous sommes envahis de trentenaires qui veulent retrouver leur jeunesse. Que nous apporte While We're Young ? Du creux. Un vide interstellaire d'une heure quarante, une série de clichés sur les new-yorkais qui meurent d'ennui, et nous invitent à s'ennuyer avec eux.

Greenberg, où sévissait déjà Ben Stiller, était une imposture du même ordre. 




"C'est l'histoire d'un type qui ne fait rien." À partir de ce pitch d'un suspense insoutenable, on avait déjà droit à une heure et demie de vacuité complète.


Toutes les plaisanteries de While We're Young tombent à plat. Des titres de documentaires risibles à la dénonciation des "first world problems" (où est mon iPhone, ma séance de yoga a été annulée, mon chien n'est plus à la mode) rien n'est drôle, tout semble à côté de la plaque.




Contrairement à Woody Allen, Josh est parano sans être drôle, nerveux sans être touchant. Les répliques pseudo-spirituelles sont consternantes, et Baumbach aurait pu se passer de cette caricature des documentaristes américains, qui n'ont pas besoin de ça.



Rien de neuf depuis Sex and the City



Noah Baumbach tente montrer l'ennui existentiel de ces couples aisés. Fort bien. Mais tout ce qu'il évoque (l'obsession des enfants, les bobos excentriques et leur cours de méditation, la pression sociale exercée sur un couple de 30/40 ans, les amis plan-plan dans le Connecticut) était déjà dénoncé, et avec bien plus de drôlerie, dans la série Sex and The City, qui date des années 90.





Qu'obtient-on 20 ans plus tard ? Rien de neuf, rien qui vaille la peine d'être soulevé, comme si Carrie et ses amies avaient déjà tout raconté des excentricités new-yorkaises.


Caricature de la crise de la quarantaine



Pire: on assiste dans While We're Young à une séance d'ayahuasca, sorte de cours de méditation douteux où l'on boit un breuvage dégueu censé nous révéler le sens de la vie. La scène de Noah Baumbach tombe carrément dans le scatologique: il s'agit de "vomir" ses douleurs lors de cette étrange thérapie de groupe. La scène est grotesque, n'apporte rien.


Oui, l'intention est louable de montrer un couple qui ne se sent pas à sa place dans le monde dit adulte des cours d'éveil musical pour nourrissons, et des fêtes où l'on s'ennuie avec politesse.


Le spectateur s'ennuie lui aussi, avec politesse ou non (au cinéma, on peut quitter la salle.) Le film donne une furieuse envie de mettre avance rapide, ou de rentrer chez soi et se retaper un épisode de Sex and the City.


Il n'y a guère que la conversation sincère entre Josh et l'un de ses amis sur le mensonge du bonheur parental pour respirer un peu.

Caricature, encore, de la crise de la quarantaine, dans un film nombriliste qui se regarde (mal) fonctionner.

Ben Stiller chantant au volant de sa voiture apparaît comme une pâle copie de Kevin Spacey qui scande "American Woman" pour se défouler dans le fameux film de Sam Mendes.




Le film me rappelle le spectacle du comique irlandais, Billy Connolly, au titre savoureux.



While We're Young: atrocement long et à l'humour raté



Josh et Cornelia entonnent un rap débile pour se donner l'illusion d'être encore jeunes. Jamie l'étudiant cool a une housse de portable en forme de cassette vintage, Amanda Seyfried est jolie et inutile. Quant à Naomi Watts, elle vaut franchement mieux que ça (il est loin le temps de Funny Games.)


While We're Young propose un humour bobo new yorkais qui se veut allenien, mais sonne creux. Broadway Therapy, de ce point de vue était beaucoup plus réussi. Le film de Baumbach est empli de réflexions sans intérêt sur les mœurs d'aujourd'hui. Il est atrocement long, du cours de fac soporifique à la chanson ronflante "Golden Years" du générique de fin. L'épiphanie de Josh, qui hurle "I am old" face à Jamie, est tout bonnement ridicule.






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Légende

Chef d'oeuvre orange star.jpgorange star.jpgorange star.jpgorange star.jpg Très bon


orange star.jpg
orange star.jpgorange star.jpg Pas mal
orange star.jpgorange star.jpg Moyen

orange star.jpg Pas bon À hurler !