dimanche 16 août 2015

ABSOLUTELY ANYTHING: ROBIN WILLIAMS, CE CABOT QUI NOUS MANQUE






Par Sirius



Me revoici, Sirius, le chien de Marla. 

Elle m'a emmené voir Absolutely Anything, parce qu'elle s'est dit que ça me plairait: 

"Il y a un toutou qui parle dedans. Tu vois, tu n'es pas le seul."

Marla n'a pas de pouvoirs magiques. Je me suis mis à parler spontanément, en regardant Les 101 Dalmatiens avec elle.


Pongo et Perdita dans Les 101 Dalmatiens de Disney


- J'en veux une comme ça.

Marla baisse la tête. Me regarde drôlement.

- Bah oui, une comme ça.




- Finalement, 500 euros pour t'avoir, c'était pas cher, dit-elle.

Et on a continué à regarder le film.

Depuis, elle me charge d'écrire sur tous les films qui mettent en scène des animaux, parlants ou non. 

C'est drôle cette envie des bipèdes de nous faire causer. C'est une habitude chez Disney. Même Pixar nous a fait le coup.




Raymond Devos aussi s'est inventé un chien bavard. Mais le plus cool, c'est Charlie, le chien escroc de Don Bluth.




Si Dennis parle dans Absolutely Anything, c'est parce que son maître, Neil, est soudain doté de pouvoirs magiques par des extra-terrestres qui menacent de détruire l'univers.




D'accord, dit comme ça, c'est un peu étrange. Mais ce scénario loufoque ouvre sur une chouette comédie.

Absolutely Anything: une comédie qui a du chien ?


Le loufoque, les Monthy Python connaissent bien. C'est Terry Jones qui a pris les commandes d'Absolutely Anything. Il avait réalisé les films les plus marquants des Monthy Python, à savoir Sacré Graal, La Vie de Brian et Le Sens de la vie. Les fans de ces années d'or de l'humour anglais loufoque trouveront sans doute ce dernier film trop gentillet, mais il est plaisant, et très drôle, même s'il ne plonge pas l'outrance des classiques des années 70.

Le générique dévoile les défauts du film: petit budget, un côté nanar, genre film de Mel Brooks mais qui n'a pas les moyens de ses ambitions.

Le slogan du film, "A comedy of intergalactic proportions" rappelle "A film of epic portions," slogan de l'excellent Super Size Me



et donne l'impression d'imiter les comédies délirantes d'Edgar Wright, comme Scott Pilgrim et son "Epic of epic epicness."


À vos souhaits


Du point de vue du thème, ça sent aussi le déjà vu à pleine truffe. Neil, Américain moyen, se retrouve donc doté de pouvoirs surnaturels. Il lui suffit de souhaiter quelque chose, agiter la main et le souhait se réalise. 

Un proverbe anglais dit 

"Be careful what you wish for, because you just might get it." 

" Attention à ce que tu souhaites, tu pourrais bien l'obtenir."


En littérature aussi, les vœux tournent mal. Y a la patte de singe maléfique dans The Monkey's Paw, de WW Jacobs.


Et la fameuse Peau de chagrin de Balzac, qui apporte à un bipède, au lieu d'une vie parfaite, une série de malheurs.





Ce proverbe est aussi la devise du film Coraline: une petite fille débarque dans un monde parallèle où tous ses rêves se réalisent. Un charmant cauchemar signé Henry Selick.




Simon Pegg est le héros des comédies British potaches comme Hot Fuzz et Shaun of the Dead, autant vous dire que s'il possède des pouvoirs magiques, c'est pas triste. Absolutely Anything est proche de l'ambiance de Bruce Tout Puissant, où Jim Carrey héritait des pouvoirs de Dieu.






Dans le film de Terry Jones, la loufoquerie permet une série de gags, parfois attendus, hélas. Restent quand-même de savoureux jeux de mots en anglais, qui prennent un sens littéral dans un délire comique.



Robin Williams et Simon Pegg cabotinent


"Absolutely Anything" peut se traduire par "absolument tout" mais aussi "absolument n'importe quoi." C'est exactement se qui se produit. Imaginez que vous ayez à votre service le génie d'Aladdin, mais que les vœux soient illimités. 



Ici, le génie, c'est le chien.


Je sais, dès qu'il s'agit d'un chien, je ne suis plus très objectif. Mais Dennis est très spécial. S'il me rappelle le génie d'Aladdin, c'est parce qu'il est doublé par le même cabot.




Robin Williams est le grand atout du film, et les scènes avec le chien sont de loin les plus poilantes.




Ce Robin Williams est plus chien que nature, c'est comme si j'avais joué le rôle. Il a droit aux meilleures répliques, pleines de bon sens, parfois même de sagesse.

Mais la réflexion sur le pouvoir absolu tourne court.

Il en reste assez peu pour les autres personnages du film. Ray, collègue de Neil, n'est jamais qu'un faire-valoir. Son souhait maudit est que la femme de ses rêves le suive comme un caniche. Les choses vont bien sûr trop loin, en guise de châtiment.

Il y a aussi une jolie bipède dans l'histoire.

Kate Beckinsale dans Absolutely Anything, de Terry Jones (2015)
Kate Beckinsale dans Absolutely Anything, de Terry Jones (2015)


Dennis donne des conseils à Neil sur la meilleure manière de séduire sa belle, comme le chat de Jerry dans The Voices. L'un comme l'autre n'a pas la langue dans sa poche. Dans The Voices, les jeunes femmes que Jerry courtisent finissent mal, mais ici, on est dans la rom-com, histoire de donner un peu de corps à ce scénario trop mince. Le molosse caricatural, ancien compagnon de la jolie bipède, n'arrange rien. 

Grant (Rob Riggle) dans Absolutely Anything
Grant (Rob Riggle) dans Absolutely Anything

L'occasion, pour les Monthy Python britanniques, de se moquer, d'une manière assez facile, des Américains en gros soldats crétins.

Simon Pegg enchaîne cependant les gaffes avec brio.

On sourit, c'est l'été, et on n'est pas obligé de voir un film d'horreur coréen. Absolutely Anything est idéal si vous êtes de mauvais poil et voulez ressortir de la salle comme un jeune chiot.

Si Robin Williams vous manque, c'est l'occasion de le voir, au générique de fin, cabotiner une dernière fois.



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Chef d'oeuvre orange star.jpgorange star.jpgorange star.jpgorange star.jpg Très bon


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orange star.jpgorange star.jpg Moyen

orange star.jpg Pas bon À hurler !