lundi 19 octobre 2015

SICARIO: VOYAGE AU BOUT DE L'ENFER









Par Sidonie Malaussène






La scène d’ouverture de Sicario donne le ton du film. Une équipe du FBI intervient de façon guerrière chez un narco dans un état frontalier du Mexique. Explosion des murs avec voiture bélier, techniques de combat, truand abattu.

On s’étonne d’une ambiance évoquant le Seven de Fincher. Sicario est à la lisière de plusieurs genres. Kate (Emily Blunt) agent du FBI, est aux commandes de l’opération : elle dirige une unité d’élite qui traque les narcotrafiquants. Entre thriller et le film classique de truands, le nouveau film de Denis Villeneuve nous plonge dans ces territoires où la loi n’existe plus.

Aux côtés d'Emily Blunt, un agent trouble incarné par Benicio Del Toro.


Un film sidérant


Le film est d’abord sidérant mais au sens littéral. La première scène scotche le spectateur sur son siège. Villeneuve propose une vision cauchemardesque de la ville de Juarez, offerte à l’ultra-violence, cernée par le désert comme une prison à ciel ouvert.


Des cadavres, pendus à l’entrée de la ville, révèlent la force des cartels. Le visuel de Sicario évoque Mad Max, autre film dystopique. La corruption irrigue le mal et la terreur règne. Le film se déroule dans une ambiance claustrophobique. L'affrontement dans le tunnel est une métaphore de la situation complexe dans laquelle l'héroïne est coincée. Emily Blunt, sobre et puissante, est engluée entre mensonges, compromission et menaces.


Une atmosphère claustrophobique




Il s'agit presque d'un voyage au bout de l’horreur. Rien ne compte dans cet univers, les vies ne valent rien dans cette ville livrée aux narcos. Tout le monde doit entrer dans la corruption pour survivre.

La caméra de Villeneuve écrase tout. Plans rapides, changements de décors quasi constants, pièces fermées, ville entourée de sable, prison.

C’est cependant un film d’une grande froideur. Le traitement des personnages reste un peu superficiel, volontairement à distance. Sicario est placé sous le signe de l’action. Sicario ressemble à un film de guerre, il en a certaines caractéristiques.

Les films sur les narcos et la mafia sont nombreux. Celui de Denis Villeneuve est très réussi, il n’utilise pas justement les archétypes habituels, les affrontements clichés flics contre gangsters, dont le cinéma américain est friand.



En somme, il faut voir Sicario, si l'on a le cœur bien accroché.


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1 commentaire:

  1. Dans l'ensemble j'ai bien aimé ce film même si je ne crierais pas au chef-d'oeuvre. Disons qu'il est bien foutu, efficace, effectivement l'atmosphère joue un rôle important dans l'appréciation même du film. Après, bien qu'Emily Blunt joue bien, je n'ai pas du tout aimé son personnage...

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