dimanche 25 octobre 2015

THE VISIT: M. NIGHT SHYAMALAN PREND UN COUP DE VIEUX





M. Night Shyamalan perd son sixième sens



Ça fait longtemps que M. Night Shyamalan n'étonne plus au cinéma. Sixième Sens, qui date tout de même de 1999, avait donné un coup de fouet aux films à chute: extrêmement bien réalisé et finement construit, c'est un film à voir pour le plaisir de se faire flouer, et à revoir pour dérouler le fil de la manipulation.

Incassable, l'année suivante, provoquait la même jubilation, et séduisait par son amour pour les comics.

Le village était moins brillant, mais avait le mérite de dénoncer le mode de vie et la mentalité des Amish: Shyamalan poussait à l'extrême la logique de cette étrange communauté. Les Amish vivent encore à l'heure des voitures à chevaux et sans électricité. Ils perpétuent leurs traditions réactionnaires par la peur en inculquant aux jeunes générations la trouille du monde extérieur, réputé sauvage et cruel.

Et puis, dans Le Village, il y avait Adrien Brody, avouez que ça aide.

Adrien Brody dans Le Village, de M. Night Shyamalan (2004)
Adrien Brody dans Le Village, de M. Night Shyamalan (2004)

Quid de The Visit ?

Deux enfants rencontrent leurs grands-parents pour la première fois. Les aimables vieux s'avèrent inquiétants.

Voilà, c'est le pitch. Et il est un peu léger.

Un film d'horreur raté



Le found footage rappelle vaguement Le Projet Blair Witch, qui date aussi de 1999, mais The Visit ne possède rien de l'inventivité et l'audace du film de jeunes perdus en forêt.

The Visit enchaîne les gags pseudo-horrifiques (les textes de rap du petit frère, entre autres, tombent à plat.) La sœur aînée est supérieurement intelligente, ce qui est devenu un topos dans le cinéma d'horreur, et le cinéma en général: à croire que les enfants ne sont acceptables sur grand écran que s'ils sont des versions d'adultes miniatures, ou mieux, s'ils les surpassent en perspicacité.

On sursaute vaguement devant The Visit, qui tombe carrément dans le scato en dernière partie. La cène de la grand-mère rampante aurait pu être effrayante si elle n'était pas une pâle copie de la plus terrifiante scène de Ring (1997)


À croire que rien ne surpasse le cinéma asiatique en matière d'horreur.

Deanna Dunagan, qui joue la grand-mère dans The Visitest cependant remarquable. 


Deanna Dunagan dans The Visit de M. Night Shyamalan (2015)
Deanna Dunagan dans The Visit de M. Night Shyamalan (2015)

C'est aussi une joie de voir, en mère célibataire qui retrouve sa liberté, Kathryn Hahn, Delta dans Broadway Therapy.

La fin de The Visit rappelle les séries B des années 70. Le found footage finit par fatiguer, et l'ensemble ne tient pas debout. Shyamalan a voulu rendre hommage, peut-être, aux films qu'il louait au vidéo-club dans sa jeunesse, avec l'image qui saute et les couleurs qui bavent.


Kathryn Hahn et Olivia DeJonge dans The Visit
Kathryn Hahn et Olivia DeJonge dans The Visit

Il existe des films bien plus efficaces pour se faire peur au cinéma. En ce qui concerne The Visit, c'est la chute de M. Night Shyamalan qui fout les jetons.



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Légende

Chef d'oeuvre orange star.jpgorange star.jpgorange star.jpgorange star.jpg Très bon


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orange star.jpgorange star.jpg Moyen

orange star.jpg Pas bon À hurler !