dimanche 22 novembre 2015

HUNGER GAMES, LA RÉVOLTE, PARTIE 2: MORTS LES ENFANTS






J'ai découvert Hunger Games au cinéma en 2012. En sortant de la salle après le premier film, plutôt que la chanson de Katniss à Rue, plutôt que les quatre notes du geai-moqueur, c'est une chanson de Renaud qui résonnait dans ma tête.





De toutes les dystopies que j'ai lues ou vues, The Hunger Games est la seule à avoir osé l'indicible: un état dictatorial envoie à la mort 24 enfants entre 11 et 17 ans, pour un grand spectacle télévisé qui amuse les privilégiés du Capitole, et fait trembler les autres habitants de Panem. 12 districts, 24 candidats, un seul vainqueur. Les deux premiers districts sont les mieux lotis, les deux derniers sont les plus sinistrés, et Katniss, l'héroïne, habite dans le plus pauvre de tous, le district 12, où l'on meurt de faim. L'occasion pour l'auteur de faire contraster le quartier de Katniss avec le faste du Capitole.


Hunger Games: la machine à fric


Les deux premiers films m'avaient beaucoup plu, surtout le deuxième et sa dimension politique. J'étais plus réservée sur le troisième, qui m'apparaissait comme le septième Potter: un épisode dédoublé pour faire tourner un peu plus longtemps la machine à fric.

Eh bien cela se confirme dans ce dernier volet. Le dernier Potter était au moins bourré d'action. La première partie, drôle de guerre des sorciers, ne servait qu'à préparer le feu d'artifices final.

Mais dans Hunger Games, point de feu d'artifices. Le film se traîne. Le livre ne racontait déjà pas grand-chose, alors qu'il promettait beaucoup: l'heure de la révolution avait sonné, le face à face ultime approchait entre Katniss et Snow.

Une fin caricaturale


L'essentiel est caricaturé. Suzanne Collins tentait de prouver, dans ses romans, que le pouvoir alternatif de Coin (Julianne Moore dans le film) n'était pas préférable à celui de Snow. Elle décrivait le district 13 en organisation sociale proche du communisme, mais un communisme cafardeux, gris, comme celui des derniers écrits d'Orwell.

C'est drôle comme la tendance reste la même dans les dystopies adolescentes d'aujourd'hui. La fin de Divergente 2 nous soumet la même hypothèse d'une méchante dirigeante politique qui remplace la première, déjà méchante.

Kate Winslet dans Divergente 2
Kate Winslet (Katniss Matthews) la méchante de Divergente 2

Jennifer Lawrence porte le film


Quelques bonnes scènes cependant dans ce Hunger Games 4. Notamment la réplique de Katniss à un ouvrier qui lui met le couteau sous la gorge: elle fait la preuve, dans sa tirade, que Snow gagne toujours à la fin; les habitants de Panem s'entre-tuent toujours pour son compte.

La lettre de Plutarch est également intéressante. Le jeu des acteurs reste convaincant, même si Gale (Liam Hemsworth) semble faire de la figuration. Josh Hutcherson confirme son talent dans les scènes de colère. Donald Sutherland continue d'être une caricature de lui-même. Enfin, c'est toujours Jennifer Lawrence qui porte le film sur ses épaules. À part l'attachement aux personnages, rien ne donne envie de suivre cet opus trop long, répétitif, et mal mis en scène.

La scène des mutants dans le souterrain est carrément risible, les monstres ont l'air sortis d'un vieux film de série Z.

Jeux de guerre (Attention Spoilers)


Le premier épisode racontait la mort de Rue, 11 ans, lors des jeux de la faim. Son décès en faisait une martyre, victime innocente de la folie des hommes.

Il y a comme une redite dans Hunger Games 4. Les jeux, c'est la guerre qui oppose les Rebelles au Capitole. La dernière année à Hogwarts pour Harry Potter, c'était le champ de bataille. Même chose ici où les derniers jeux deviennent des jeux de guerre.

La mort de Prim est montrée sans pathos, mais sans talent non plus. Suzanne Collins et Francis Lawrence ne font que répéter le schéma du premier épisode: une enfant martyre meurt, ce qui attise la colère de l'héroïne et la marquera à vie.

La flèche dernière de Katniss est pourtant bien vue, et Francis Lawrence reste doué pour filmer les scènes de foule. 


Katniss Everdeen (Jennifer Lawrence) tire sa dernière flèche dans Hunger Games 4, de Francis Lawrence (2015)
Katniss Everdeen (Jennifer Lawrence) tire sa dernière flèche dans Hunger Games 4, de Francis Lawrence (2015)


Cependant, l'hyper-dramatisation du passage frôle le ridicule. Elle souligne de façon trop appuyée la réplique de Haymitch à Katniss dans le deuxième épisode: 

"Remember who the real enemy is."

"N'oublie pas qui est l'ennemi véritable."

La mort de Snow, étouffé par son propre sang, est pourtant intéressante d'un point de vue symbolique: le serpent succombe à son propre poison.

Un épilogue inutile



L'épilogue de Hunger Games est comme celui  de Potter: inutile. Il est aussi peu crédible: comment croire que Katniss, Peeta et leurs enfants vivent reclus, complètement seuls, dans le district 12 devenu sinistré ? Le ton morose de la dernière scène prive l'ensemble d'une touche d'espérance bienvenue.

Bref, de cette tétralogie on peut retenir les deux premiers épisodes, le talent de Jennifer Lawrence, et l'envie, dans les dystopies récentes, d'appeler à la révolte.


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