mercredi 25 novembre 2015

L'HERMINE: QUAND LUCHINI FAIT LA COUR





On sait, depuis La Discrète, que Luchini est un séducteur. 

C'est tout juste 25 ans après que Christian Vincent le dirige à nouveau dans un rôle raffiné, celui d'un président de la cour d’assises froid et distant.

Luchini est très bon en Monsieur Scrooge qui s'amende par la femme. La femme, cette fois, c'est Sidse Babett Knudsen, divine actrice danoise qui le fait chavirer.

Fini, pour un temps, le Luchini extraverti des émissions de télévision, la joie outrancière des spectacles, l'homme de théâtre volubile.

Luchini, en mieux


Ici, Luchini en fait moins, et c'est plutôt mieux. Oh, il parle toujours avec amour de la beauté féminine, mais plutôt qu'un lettré qui cite les grands auteurs, il cherche ses propres mots face à une femme médecin qui l'a ranimé dans tous les sens du terme.


Sidse Babett Knudsen dans L'Hermine, de Christian Vincent (2015)
Sidse Babett Knudsen dans L'Hermine, de Christian Vincent (2015)

Pourtant, du théâtre, il y en a, dans L'Hermine de Christian Vincent. Le président de la cour d'assises s'appelle Michel Racine et s'occupe au quotidien des tragédies des autres. Le film a un côté théâtre filmé qui peut agacer, avec sa photographie (trop) sobre et ses couleurs mornes: beige, vert kaki, marron. À trop vouloir faire dans le naturalisme, Christian Vincent n'arrive pas à décoller du réel. Le film, malgré sa finesse, peut évoquer, par sa mise en scène la série télévisée des années 90, "Cas de divorce."



Il n'y guère que l'écharpe mitterandienne du magistrat et le manteau rouge de Ditte pour égayer l'ensemble. L'Hermine évoque, en cela, le court-métrage d'Isabel Coixet dans Paris, je t'aime, où un homme suivait, quartier Bastille, une femme au trench rouge, le tout sur une voix narrative à la Truffaut.





Faites entrer l'amoureux


La fille de Ditte dans L'Hermine insiste aussi sur la dimension théâtrale d'un procès. Le film serait formidable à étudier dans un cours de littérature.

Les Saveurs du palais, sorti en 2012, était sympathique (on en parle ici) mais L'Hermine est plus fin dans ses dialogues, le jeu des acteurs et le propos. On peut rester sur sa faim concernant la fin du procès: le mystère qui entoure l'affaire passe au second plan, au profit de l'intrigue amoureuse.

Luchini est bon dans la retenue. Les dialogues sont très écrits mais restent naturels. Sidse Babett Knudsen a beaucoup de charme et la jeune Eva Lallier est prometteuse.

Allez voir le film pour sa subtilité, vous passerez un bon moment de cinéma.


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