jeudi 19 novembre 2015

SPECTRE: DU BOND ET DU MAUVAIS



Par Eder

Oyez ! Oyez, braves gens ! Le nouveau James Bond cru 2015 est arrivé ! 


Après l’immense Skyfall, je ne pouvais que retourner dans les salles obscures pour découvrir ce nouvel opus. D’autant plus qu’il est également réalisé par Sam Mendes. 



Un film maîtrisé




Le réalisateur signe ici un film maîtrisé du début à la fin. Spectre s’ouvre sur un magnifique plan séquence à Mexico durant "El Día de Muertos" (Le Jour des Morts) fluide de bout en bout que ce soit niveau rythme ou cadrage. Le générique, qui arrive peu après, est excellent: entre la musique de Sam Smith et l’animation, on éprouve un véritable sentiment d’oppression et de danger venant de l’organisation ennemie. La direction de la photographie, bien qu’inférieure à celle de Skyfall, reste sublime, et le montage est efficace malgré quelques longueurs. 


On retrouve les personnages que l'on avait découverts dans le film précédant, ainsi que des nouveaux, et le casting s’en sort assez bien, même si Daniel Craig ne livre pas ici son meilleur Bond. L'acteur s'est d'ailleurs dit lassé du personnage.

Léa Seydoux et Ralph Fiennes remplissent bien leurs rôles et Andrew Scott, que l’on connaît surtout pour son rôle de Moriarty dans la série Sherlock, nous livre un personnage de gentilhomme sournois délicieusement détestable.




Le film renoue aussi avec la tradition du gros bras sans dialogue, interprété par Batista, que l’on a vu dans Les Gardiens de la Galaxie, et du méchant charismatique à outrance, digne des James Bond classiques, interprété par Christoph Waltz. Enfin, Monica Bellucci fait le job même si son personnage est inutile à l'intrigue.

Spectre film souffre cruellement de la comparaison avec ses prédécesseurs: Skyfall, bien sûr, mais aussi Casino Royale, nous avaient habitués à mieux.



Il faut dire qu'un James Bond avec Eva Green, c'est quand même mieux. Ces précédents opus transcendaient le personnage de James Bond, dévoilaient ses origines et son évolution psychologique.

Un James Bond artificiel


Dans Spectre, Mendes tente de raconter un épisode de la vie de Bond pour justifier la hargne de son ennemi juré. En effet, le James Bond de Daniel Craig a la particularité d’être beaucoup plus impliqué dans ses aventures à un niveau personnel. Mendes veut à tout prix coller ce nouveau schéma à un scénario classique et, du coup, le film sonne faux, l'ensemble paraît artificiel. Le scénario est d’ailleurs si classique qu’il retombe dans les travers des anciens James Bond: le personnage féminin ne sert qu’à coucher avec le héros, le méchant révèle son plan à James Bond au lieu de le tuer. La James Bond girl joue dans une scène, disparaît, et se fait enlever cinq minutes plus tard, pour être sauvée à la fin par Bond. Il est beau, il est grand, il est fort.

Bon James Bond, mauvais film ?


Mais ce classicisme un peu bâtard, vient d’une envie de rendre hommage à l’histoire de la franchise. Avec Skyfall, Sam Mendes réussissait très bien à retranscrire ce côté "50ème anniversaire" sans pour autant tomber dans le "fan-service." Il insérait des références intelligentes aux anciens films.

Dans Spectre, cette démarche est un peu plus maladroite car, si on ne connait pas la saga sur le bout des doigts, on peut passer à côté de certains rebondissements. Par exemple, la révélation du nom de l’antagoniste n’apporte rien si vous ignorez qu’il est déjà apparu dans les premiers James Bond, avec Sean Connery.


Spectre est donc un bon James Bond avec ses rebondissements, ses scènes d’actions et ses romances. Mais il reste un James Bond classique qui n’essaye pas de devenir un film de cinéma à part entière. C’est vraiment dommage: j’aurais aimé voir un Skyfall 2, pas un "James Bond 24."



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Légende

Chef d'oeuvre orange star.jpgorange star.jpgorange star.jpgorange star.jpg Très bon


orange star.jpg
orange star.jpgorange star.jpg Pas mal
orange star.jpgorange star.jpg Moyen

orange star.jpg Pas bon À hurler !