dimanche 27 décembre 2015

JOY, AVEC JENNIFER LAWRENCE: OH, UNE SERPILLIÈRE !





Bon, quand un film qui se dit social me fait penser à une réplique du Père Noël est une ordure, c'est pas bon signe.




Publicité mensongère


L'affiche de Joy et sa bande-annonce nous vendent une nouvelle Nikita, une nouvelle Jackie Brown, comme si David O'Russell s'était tout à coup trouvé une parenté avec Besson et Tarantino.





Après la bonne surprise Happiness Therapy, vrai feel-good movie décomplexant sur les passages à vide de l'existence, et le sympathique American Bluff, David O'Russell donne le sentiment, avec cette bande-annonce, de passer à l'action. Cette fille de l'Amérique profonde qui devient requin des affaires était pleine de promesses.

Joy se fait traiter comme une serpillière avant d'en vendre à toute l'Amérique. Sa famille dysfonctionnelle me rappelle celle, exubérante, de Woody Allen dans Annie Hall, qui prend tant de place comparée à celle de Diane Keaton, calme et presque ennuyeuse.





La famille dysfonctionnelle, O'Russell connaît bien. Dans Happiness Therapy, Bradley Cooper était le fils de De Niro, et leur relation était bancale.


Très long au démarrage


Dans Joy, la famille présentée est brouillonne, et rend le film brouillon. On attend pendant des heures que la ménagère se change en Nikita. Il faut patienter 1h37 pour que Jennifer Lawrence enfile une veste en cuir et aille botter le cul de magouilleurs sapés en cowboys.

Oui, parce que pendant 1h37, on voit surtout une femme qui s'ennuie, et finit par inventer une serpillière qu'elle veut vendre au plus grand nombre. Le film est incroyablement long à démarrer, et même Bradley Copper ne parvient pas à réveiller le spectateur.

On peine à se passionner pour cette jeune femme,  dont la grand-mère a des réflexions cliché et sirupeuses.

Le film est tout juste bon à être utilisé par une marque d'aspirateur sans fil. Il suffit de voir la publicité navrante sur Allociné qui couple Joy à cet appareil ménager.


Un manque de recul sur le rêve américain


Aucun recul critique dans Joy: le film aurait pourtant été une occasion formidable de dénoncer le mensonge du rêve américain et l'hypocrisie des chaînes de télé-achat.

Dommage, la première apparition de Jennifer Lawrence au cinéma parlait de l'Amérique profonde tout autrement. Il y avait une sincérité, un talent brut dans Winter's Bone qui manquent cruellement au film de O'Russell.



On se fout du destin de Joy: on suit ses déconvenues paresseusement, en attendant en vain le coup de fouet, le rebondissement qui donnera au film son ampleur.

Quant à de Niro, il est déprimant de le voir dans des productions si médiocres (Le Stagiaire est hélas un autre exemple.) Bradley Cooper était mieux devant la caméra de Clint Eastwood. Il ne suffit pas d'un beau trio d'acteurs pour sauver un film. S'il est basé sur une histoire vraie, le film donne l'impression de ne rien raconter. Sans rythme et au scénario convenu, Joy est bon pour... le placard à balais.



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Légende

Chef d'oeuvre orange star.jpgorange star.jpgorange star.jpgorange star.jpg Très bon


orange star.jpg
orange star.jpgorange star.jpg Pas mal
orange star.jpgorange star.jpg Moyen

orange star.jpg Pas bon À hurler !