samedi 19 décembre 2015

STAR WARS VII, LE RÉVEIL DE LA FORCE: UN NOUVEL ESPOIR POUR LA SAGA ?





Mes frère et sœur ont dix ans de plus que moi. Quand je passais dans la cuisine, je les entendais souvent réciter les dialogues de Star Wars. Ma sœur faisait Leia, et mon frère avait la part du lion: il jouait tous les autres personnages. Non pas que ma conclusion soit "Star Wars est sexiste," la princesse Leia était aux antipodes de la princesse de conte, qui attendait sagement son sauveur. Mais il faut dire que c'était le seul personnage féminin.

Un épisode dans l'air du temps


Quid de ce nouvel épisode ? C'est une jeune fille qui devient héroïne. On peut y voir un calcul des studios hollywoodiens pour coller aux nouveaux canons du cinéma grand public: une héroïne courageuse, qui non seulement n'est pas sauvée par les garçons, mais court à leur rescousse.

Tris dans Divergente et Katniss dans Hunger Games
Tris dans Divergente et Katniss dans Hunger Games

À croire que toutes les franchises s'alignent sur le même discours, qu'elles sont toutes forgées sur le même modèle. Dans le nouvel Hollywood, les filles se battent bien et les garçons sont lâches.

Rey tend la main à Finn dans Star Wars 7
Rey tend la main à Finn dans Star Wars 7

Daisy Ridley n'est pas mal dans le rôle de Rey, avec son air de Nathalie Portman et son sourire à la Keira Knightley. Oui mais voilà, l'ensemble sent le réchauffé, et pas seulement pour cette mode de l'héroïne vaillante.

Dieu merci, on est loin de l'horreur commerciale de la saga prequel.


Je m'attendais à une suite du même acabit, avec du placement de produit à tous les plans. Quoique, après R2D2 et Wall-E, le nouveau venu BB8 fera sans doute vendre avec brio les produits dérivés. 

BB8 dans Star Wars 7
BB8 dans Star Wars 7

Cependant, Star Wars 7 tente de renouer avec l'esprit de la première trilogie: même type d'humour, et réapparition, surtout, des figures-clé de la saga.

Chewbacca et Han Solo (Harrison Ford) dans Star Wars 7, de JJ Abrahams (2015)
Chewbacca et Han Solo (Harrison Ford) dans Star Wars 7, de JJ Abrahams (2015)

Pourquoi tout cela sent le déjà vu ? Passée l'émotion de revoir ces personnages à l'écran, passée cette madeleine de Proust qui fait vibrer les fans, que reste-t-il ? Un scénario assez simpliste, loin de la richesse des premiers épisodes.


Une suite prévisible (Attention Spoilers)


Star Wars 7 se contente d'inverser les rôles: plutôt que Luke Skywalker en gentil jedi contraint de tuer son père, c'est le fils de Han Solo qui se retrouve dans le même dilemme.


Kylo Ren, méchant de Star Wars 7
Kylo Ren, méchant de Star Wars 7

Je pense avoir deviné, dès la bande annonce, l'essentiel de la trame de cette nouvelle trilogie. Cette simple inversion entre Bien et Mal révèle un cruel manque d'imagination de la part de scénaristes.

Un goût de Harry Potter


Raconter une suite grâce aux enfants des héros des premiers épisodes, c'est ce que la Warner a proposé à JK Rowling pour relancer la machine Harry PotterIl était tentant de réaliser une suite où les enfants des héros se retrouveraient pour de nouvelles aventures au sein de l'école magique.

La famille de Harry Potter dans l'épisode 8
La famille de Harry Potter dans l'épisode 8


Si la Warner n'a pas réalisé son rêve (dans tous les sens du terme) de donner vie aux enfants de Potter, c'est exactement ce que propose Star Wars 7: trente ans après Le Retour du Jedi, Luke, Han et Leia ont des enfants, qui rejouent les conflits parentaux. C'était d'ailleurs déjà le cas pour la saga Potter: les enfants Weasley et Malfoy se détestaient cordialement, tous comme les deux pères de famille, et Severus Snape se vengeait sur Harry des mauvais traitements que lui infligeait James Potter à l'adolescence.

Ce qui me fait aussi dire que toutes les franchises se ressemblent, c'est l'air de famille entre le Chef Suprême de Star Wars 7 (qui remplace l'esprit du Mal incarné précédemment par l'Empereur) et Voldemort.

Le Chef Suprême Snoke dans Star Wars 7
Le Chef Suprême Snoke dans Star Wars 7

Voldemort dans Harry Potter
Voldemort dans Harry Potter


On remarque chez ces deux figures du Mal un visage reptilien: des yeux de serpents et l'absence de nez.

Avec cette inversion Bien et Mal dans Star Wars 7, la scène-clé du film est carrément prévisible. La plupart des scènes, en fait, le sont. On est loin de la surprise de 1976, du délice de L'Empire Contre-Attaque, du plaisir de la conclusion dans le troisième opus.

Une 3D réussie


Bonne nouvelle: la 3D est extra. Je pense qu'elle correspond au rêve de George Lucas de nous montrer Star Wars comme jamais auparavant (c'est ce qu'il a déclaré lors de la ressortie de la première trilogie en salles, dans les années 90.)

Y compris pour les scènes "quotidiennes," la 3D donne au spectateur l'impression incroyable de faire partie de la trame. Les scènes de combat intergalactique, bien sûr, sont splendides, et permettent à Disney, à l'instar de À la poursuite de demain, de donner envie de visiter son parc à thème. En effet, si l'attraction Star Tours semble vieillotte en 2015, elle pourrait bénéficier du même regain d'intérêt que Pirates des Caraïbes, largement promu par la série de films, d'ailleurs inspirée par le manège lui-même.


L'attraction Pirates des Caraïbes à Disneyland Paris
L'attraction Pirates des Caraïbes à Disneyland Paris

Star Wars 7 s'inscrit dans la logique des récents films de divertissement qui donnent la sensation d'un tour de manège. Les Gardiens de la galaxie, cependant, était en tout point mieux réussi.

On passe tout de même un bon moment devant Star Wars 7, mais on attend, en vain peut-être, que la saga nous propulse une nouvelle fois dans les étoiles.


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ANALYSE VIDÉO DE LA BANDE-ANNONCE DE STAR WARS 7

   

Légende

Chef d'oeuvre orange star.jpgorange star.jpgorange star.jpgorange star.jpg Très bon


orange star.jpg
orange star.jpgorange star.jpg Pas mal
orange star.jpgorange star.jpg Moyen

orange star.jpg Pas bon À hurler !