dimanche 24 janvier 2016

THE DANISH GIRL: EDDIE REDMAYNE ENTRE EN TRANS





Agrado, personnage trans dans Tout sur ma mère d'Almodovar, déclare, à la fin d'un monologue sur scène: « On est authentique quand on ressemble le plus à l'image qu'on a rêvé de soi. »





Ce discours aurait fait du bien, au coeur des années 20, à l'artiste Einar Wegener, qui se rêvait femme. Avec son épouse Gerda, il se révèle par la peinture en tant que femme dans le corps d'un homme fragile, sensible, artiste en somme.

L'amour de Gerda est grand. Si grand qu'elle accompagnera son mari dans sa quête d'identité. L'identité de genre est souvent traitée au cinéma, et il semble que ces dernières années, le sujet ait pris son envol.

L'identité de genre au cinéma








Il est essentiel de différencier l'orientation sexuelle (hétéro, homo, bi) de l'identité de genre. Les trans, au fond, sont parias parmi les parias. Ils sont souvent rejetés dans le milieu gay qui se dit pourtant LGBT, le T final censé représenter les trans.

C'est une militante trans, Delphine, qui m'expliqua la différence entre ces films qui parlent d'homosexualité (il y en a aussi eu pléthore ces derniers temps) et ceux qui se penchent sur l'identité de genre.

Elle m'a cité en exemple Tomboy, où une petite fille se préférait garçon.


Pour Boys Don't Cry, estampillé "film lesbien," Teena Brandon se rebaptisait Brandon Teena car elle se sentait homme dans son corps de fille. Elle séduisait, en passant Chloë Sevigny. Homosexualité et identité de genre sont donc à distinguer, puisque Teena, dans le film, se voulait garçon, mais garçon hétéro, avec petite amie et soirées bière avec les copains.

Hillary Swank dans Boys Don't Cry, de Kimberly Peirce (1999)
Hillary Swank dans Boys Don't Cry, de Kimberly Peirce (1999)

Pour le cas de Einer, plus tard appelé Lily, le sujet est double: il se sent femme, aime la sienne, et se demande s'il est attiré par les hommes. Sa bisexualité est peu claire.

Einer Wegener, le premier trans


Dans The Danish Girl, Tom Hooper (réalisateur du majestueux Discours d'un roi) attaque le sujet de front: tant qu'à parler trans, autant choisir le premier.

Le vrai Einer Wegener, et son double Lily Elbe
Le vrai Einer Wegener, et son double Lily Elbe

Wegener est en effet le premier homme a avoir franchi le pas de l'opération. Dans les années 30, c'est folie, la médecine n'est pas au point pour le changement de sexe. Mais le désir de Einer immense. Il est Lily, et veut le montrer au monde.

Un sage biopic


Ce sujet valait la peine d'un film. En toute franchise, il aurait mérité un meilleur film. On aurait pu tant attendre une audace dans la réalisation, une beauté qui aurait joué avec les tableaux, l'ambiguïté, le désir. La scène où Einer fait face à une beauté dans un peep show aurait dû être d'anthologie. The Danish Girl manque d'extravagance, et par extravagance je n'entends pas le fantasque burlesque de Priscilla Folle du désert, mais bien une extravagance d'artiste. Tom Hooper parvient à réaliser un film sage sur une personne qui ne l'était en rien. Le film est scolaire, presque fade, et aux couleurs compassées (un comble pour un couple de peintres !)

Le jeu, bien sûr, est splendide. On savait qu'Eddie Redmayne était bon pour les rôles de compositions. Quant à Alicia Vikander, elle choisit très bien ses rôles. Sans oublier le charme et le piquant de Amber Heard.

Hélas, Redmayne enchaîne les poses féminines et l'ensemble peine à convaincre. Ce sage biopic n'est pas à la hauteur du courageux qui l'inspira.

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Légende

Chef d'oeuvre orange star.jpgorange star.jpgorange star.jpgorange star.jpg Très bon


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orange star.jpgorange star.jpg Pas mal
orange star.jpgorange star.jpg Moyen

orange star.jpg Pas bon À hurler !