jeudi 18 février 2016

10 FILMS À VOIR AVANT "AVE, CÉSAR !" DES FRÈRES COEN





Les frères Coen reviennent. Cela mérite un triomphe romain.




À propos de triomphe romain, c'est de cela dont il est question dans Ave César. Ave Cesar, c'est l'histoire du tournage d'un film, le jour où la star (George Clooney) est kidnappée. Nous sommes en plein âge d'or d'Hollywood, dans les années 50, à l'époque des grandes fresques historiques en technicolor.

Je me suis retrouvée devant Ave Cesar comme devant Réalité de Quentin Dupieux: je me marrais toute seule. Il faut dire que c'est un film comme je les aime: drôle et référencé. Alors je me suis dit que j'allais faire un article pour que personne ne loupe de gags devant ce nouveau bijou des frères Coen.

Arrête ton char, Ben Hur


La référence la plus évidente, c'est Ben Hur, de William Wyler, sorti en 1959. Ave César est en effet une reprise du classique hollywoodien: plusieurs scènes jouées par George Clooney y font directement référence.

Quand l'imam dit qu'il est impossible de monter sur un char à pleine vitesse, les fans de Ben Hur se bidonnent, tant ils pensent à la fameuse course de chars, scène la plus spectaculaire du film.




Quand à la fin d'Ave César, le personnage décrit le Christ comme un homme offrant de l'eau à celui qui a soif, qu'il soit empereur ou esclave, il s'agit d'un clin d’œil à une autre scène-clé de Ben Hur où Charlon Heston rencontre Jésus (enfin son personnage, hein ?)






Dans une scène, un membre de l'équipe demande à un acteur qui joue un crucifié s'il a des répliques avant de lui servir à déjeuner. Ce sens de la dérision évoque la parodie La Vie de Brian, des Monthy Python, où des crucifiés sifflent gaiement.



Les frères Coen se font plaisir dans Avé César, en rendant un hommage mi-admiratif mi-moqueur aux péplums de la grande époque.

Dieu pour tous


Toujours avec Charlton Heston, mais 3 ans avant Ben Hur, sortait sur les écrans Les Dix Commandements, axé non pas sur la vie du Christ, mais celle de Moïse.


La difficulté de représenter Dieu au cinéma, pendant le débat avec les représentants religieux, et pendant les rushes du films où Dieu n'apparaît pas encore, rappellent la scène du buisson ardent dans le film de Cecil B. De Mille.





Il y a une réplique que j'aime beaucoup dans Le Shérif est en prison de Mel Brooks. Le tireur le plus rapide de l'Ouest dit au shérif: "J'ai tué plus d'hommes que Cecil B. De Mille." Il faut dire que la scène de la Mer Rouge qui se referme sur les Égyptiens était un vrai carnage.




Parodie de western


Dans le film de Mel Brooks, parodie de western, le réalisateur n'arrête pas de mêler le réel et la fiction, et nous indique, avec humour, que l'on est dans un film. 




En littérature, on appelle ça "briser l'illusion référentielle" (Prenez des notes, y a interro demain.) Bref, chez Mel Brooks comme chez les frères Coen, on est dans le méta-filmique, quand le cinéma parle de lui-même et se regarde fonctionner.

La parodie de western est aussi l'un des thèmes d'Ave César. Le film pastiche ces films où le cow-boy chante des chansons improbables sous la lune:




Chantons gayment


Le Shérif est en prison finit carrément dans un studio de Hollywood.





Ave César tire également sur les comédies musicales et ses acteurs efféminés dans une scène hilarante aux marins chantants. On aime bien ça, les marins, dans les comédies musicales. L'exemple le plus célèbre, c'est "New York, New York" dans On the Town Stanley Donen.




Ne riez pas trop vite. Côté français aussi, on aime les marins chantants.





Que dire, enfin, de ce film intello où le cow-boy à l'accent à couper au couteau tente de tenir le premier rôle ? Le running gag de la porte, la dérision des acteurs sur leur propre jeu, tout cela rappelle les comédies de Lubitsch dont Laurence Laurentz est le fier représentant.





Les frères Coen, OVNI à Holywood (Attention Spoilers)



Étonnant que les frères Coen parviennent à ce point à railler Holywood, quand ils sont produits par Universal. Ils incarnent une exception dans le cinéma américain: OVNI total, ils réussissent à faire des succès avec des films décalés. Les frères Coen se permettent de dire tout haut que les studios sont vendus au pouvoir de l'argent. Autre exemple, Les Simpson: leur popularité les autorise à critiquer ouvertement la Fox. En 2010, la série avait dénoncé, dans l'un de ses fameux génériques, le système quasi-esclavagiste qui faisait les beaux jours de la chaîne:




Sur le ton de l'humour, les frères Coen soutiennent, dans Ave César, les scénaristes hollywoodiens, souvent sous-payés et maltraités. J'ai déjà dit que l'Amérique n'aimait pas le communisme. Ici, le discours communiste est mi-moqué mi-approuvé. Les réalisateurs mettent en lumière Eddie Mannix, producteur passant son temps à se confesser pour des broutilles mais qui travaille avec bonheur dans un système corrompu. Sa corruption est intégrée, revendiquée, presque.

Ave César est un film hilarant et brillant, ultra-référencé, qui n'hésite pas à dénoncer des hypocrisies de Hollywood. Avec un tel film, les frères Coen ont mérité le surnom "d'enfants terribles du cinéma."



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Légende

Chef d'oeuvre orange star.jpgorange star.jpgorange star.jpgorange star.jpg Très bon


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orange star.jpgorange star.jpg Pas mal
orange star.jpgorange star.jpg Moyen

orange star.jpg Pas bon À hurler !