lundi 1 février 2016

LES DÉLICES DE TOKYO: BEIGNETS DE HARICOTS ROUGES



Grandma's hands


Il est des films qui font penser à une chanson.







Tokue a des mains de grand-mère, parcheminées, fatiguées, et surtout rougies et gonflées, comme celles d'une ouvrière courageuse. Et elle veut travailler. À 76 ans, elle veut travailler à tout prix. Sentaro offre un modeste salaire à qui l'aidera à préparer les dorayakis, gourmandises japonaises.






Voilà, je vous ai vendu le film. Vous pouvez y aller.

À voir Sentaro préparer ses pancakes, je me suis dit qu'il était 14 heures et que je n'avais point déjeuné. Puis Tokue est entrée en scène, et a parlé du AN (titre original du film) cette pâte de haricots rouges confits dont on fourre les dorayakis.

Cuisine et folie douce


Sa pâte faite avec amour est bien meilleure, évidemment, que la l'industrielle utilisée habituellement par Sentaro. C'est le succès immédiat. 

Redford murmurait à l'oreille des chevaux. Ryan Reynolds parlait à son chat.  J'avais un prof linguiste qui parlait à son ordinateur pour qu'il fonctionne mieux. Tokue, elle, parle aux haricots rouges. Et effectivement, ils sont meilleurs. Tokue possède une folie douce qui conquiert tout de suite. 

Vous ne verrez plus jamais les haricots rouges de la même manière.



Pendant une bonne partie du film, on témoigne de cette drôle d'amitié entre Tokue et Sentaro, deux solitaires, deux êtres encombrés de chagrin, qui s'entraident autour du AN, et nous montrent comment la cuisine harmonise les coeurs. 

Bref, le film donne faim. Démerdez-vous pour manger avant, ou aller au resto après, japonais de préférence, avec une douceur sucrée en dessert.


Feel-good movie ou mélodrame ?


Tout est charmant, dans Les Délices de Tokyo, de la vieille dame sous les cerisiers à la collégienne qui se régale de dorayakis, en passant par les yeux tristes de Sentaro. Histoire simple joliment racontée. Seul bémol dans cette poésie: le feel-good movie tourne au mélodrame, et la fin traîne un peu en longueur. La philosophie de Tokue, toute simple, qui confine au bouddhisme (considérer chaque élément de la nature comme vivant) se perd en explications lors de l'épilogue.

Mais Les Délices de Tokyo restent un joli film à voir cette semaine. Il donne envie de cuisiner, d'aimer, d'ajouter du sucre à l'amertume des jours.



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