lundi 21 mars 2016

AU NOM DE MA FILLE: DANIEL AUTEUIL EN PÈRE BRISÉ





Un bon film mal vendu


Au Nom de ma fille aurait dû s'appeler L'Affaire Kalinka, avec une affiche façon polar et une atmosphère mystérieuse, et le visage décidé d'Auteuil qui aurait rappelé les films noirs de Ventura. On y aurait vu le méchant ambigu au second plan, ou le visage de cette adolescente morte dans des circonstances suspectes, comme une ombre fantomatique.

Oui, Au Nom de ma fille est un énième film qui vaut le détour et qu'on nous aura mal vendu. C'est en sortant du très décevant Midnight Special (j'hésite même à en publier une chronique) que je me suis glissée dans la salle qui projetait ce film de Vincent Garenq. Sans trop d'attente, avec la vague idée d'un père qui met 30 ans à élucider le mystère du décès de sa fille.

Auteuil impérial dans le drame


J'avais oublié à quel point Auteuil était bon dans le drame. Je me rappelle le Huitième jour, que j'ai eu la chance de voir à sa sortie en salle, en 1998, en compagnie de mon père. Le visage d'Auteuil à l'écran nous avait fait pleurer tous deux. Je me souviens de mon émotion devant La Fille sur le pont, face à ce lanceur de couteaux sur le retour qui retrouvait le chemin de la grâce dans une rencontre amoureuse.

Loin des sous-doués en vacances, Auteuil a su prouver au fil du temps qu'il était un acteur.

Bien sûr qu'il "porte" le film Au Nom de ma fille. Mais le scénario est aussi très construit, et se base sur des faits réels. André Bamberski a vraiment existé, sa fille aussi.

Le père mettra 30 ans à prouver que Dieter Brombach, cardiologue ironiquement bourreau des cœurs, a violé sa fille et l'a tuée par accident. Marie-Josée Croze, déjà très douée dans le regitre de l'émotion pour Un Illustre inconnu, déploie ici tout son talent en mère tourmentée par le chagrin puis la culpabilité.

Les parents qui ont soif de vérité au cinéma


Pas évident de tourner un film sur un parent brisé qui cherche la vérité sur la mort de son gosse. L'Echange de Clint Eastwood, aussi basé sur des faits réels, relevait le défi avec brio.



À croire que le thème plaît au cinéaste, car déjà dans Mystic River, le personnage de Sean Penn voulait à tout prix retrouver le meurtrier de sa fille. 



Même idée pour Minority Report, où Tom Cruise est hanté par la disparition de son fils.



Au Nom de ma fille est également l'histoire d'un procès, ou plutôt de plusieurs procès qui se suivent et se ressemblent presque, où un médecin étrangement protégé par ses pairs et son gouvernement semble échapper à toute justice.


Il faut aller voir Au Nom de ma fille, même si on vous l'a mal vendu. tant de mauvais films sont survendus qui n'en valent pas la peine. Suivez cet homme dans sa quête terrible. Ce drame de père, étonnamment, vous donnera envie d'en être un.


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Légende

Chef d'oeuvre orange star.jpgorange star.jpgorange star.jpgorange star.jpg Très bon


orange star.jpg
orange star.jpgorange star.jpg Pas mal
orange star.jpgorange star.jpg Moyen

orange star.jpg Pas bon À hurler !