dimanche 13 mars 2016

SAINT AMOUR: DEPARDIEU ET POELVOORDE SUR LA ROUTE DES VINS





Par Caroline


Depuis quelques années, la comédie s'est imposée comme un genre difficilement maîtrisé par les réalisateurs français, souvent jugée comme basique et redondante de clichésà la répartie lourde et attendue. Mais parfois, entre les films insignifiants, surgit une perle, une surprise, un éclat. Ainsi surgit Saint Amour.

Ce long-métrage met en scène trois personnages. Tout d'abord, Bruno, lassé par son métier dans la ferme familiale, sombrant dans l'alcool pour oublier ses multiples problèmes. Puis son père Jean, agriculteur mélancolique encore hanté par le décès de sa femme. Lorsque celui-ci éprouve soudain le désir de se rapprocher de son fils, il décide d'entreprendre une véritable route des vins à travers la France, tentant à la fois de satisfaire la gourmandise de Bruno en matière de boissons mais aussi de le sortir de son isolement. 



Un voyage à la Wes Anderson


Dès le début ce tumultueux périple, le troisième personnage survient, n'étant autre que Mike, âgé d'une vingtaine d'années, chauffeur de taxi à l'allure nonchalante qui, malgré ses premiers abords antipathiques, se révélera au fil du temps une aide précieuse pour les deux vagabonds.

Saint Amour s'impose donc vite comme un film d'évasion, relatant un voyage initiatique fantasmé par des protagonistes accablés de solitude, tous trois en quête d'amour et de reconnaissance. Ce road-movie français rappelle, dans son sujet, l'une des œuvres emblématiques de Wes Anderson, The Darjeeling Limited. 




Ce long-métrage haut en couleurs était rythmé par l'aventure inopinée de trois frères en pleine déchirure, mais que L'Inde, destination de leur voyage salvateur, parviendra à réunir. 

Un casting réjouissant



Le scénario de Saint Amour n'est pas son seul point fort : on ne peut qu'être séduit par son trio attachant d'acteurs. Dans ce rôle de père de famille plein d'amour et de bonne volonté, Gérard Depardieu, entre émotion et finesse,  décidément inégalable. Benoît Poelvoorde est tout aussi habile dans son jeu, touchant et hilarant sans jamais tomber dans la caricature: son personnage d'agriculteur s'avère plus complexe qu'il n'y paraît. 

Enfin, Vincent Lacoste, du haut de ses vingt-deux ans, ne démérite pas non plus. De sa fraîcheur juvénile, il parvient plusieurs fois à nous faire sourire et possède un jeu maîtrisé et efficace. A ce casting réjouissant viennent s'ajouter moult apparitions savoureuses comme celles de Céline Salette ou Michel Houellebecq.

Un film plein de tendresse


Mais Saint Amour n'est pas la seule comédie française à sortir du lot. Il y a quelques mois, le dernier film de Bruno Podalydès, Comme un avion, était une incontestable réussite cinématographique, alternant entre une sensibilité vive, une poésie rare et une dérision tout en finesse.

Ainsi, je ne peux que conseiller allègrement ce dernier long-métrage de Benoît Delépine et Gustave de Kervern. Saint Amour est incontestablement un film plein de tendresse, qui se déguste, se savoure et s'apprécie avec délice – seul ou entre amis - comme un bon vin.


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Chef d'oeuvre orange star.jpgorange star.jpgorange star.jpgorange star.jpg Très bon


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orange star.jpgorange star.jpg Moyen

orange star.jpg Pas bon À hurler !