mercredi 22 juin 2016

LE MONDE DE DORY: COMMENT DISNEY A NOYÉ LE POISSON






Pixar avait commencé à se "Disneyiser" avec Le Monde de Nemo. Retirez l'humour, la fraîcheur, la nouveauté, et vous obtenez Le Monde de Dory, vague ersatz du premier volet, qui met en lumière le poisson bleu à la mémoire courte.

 

Peu mémorable 

 

Les gags s'enchaînaient dans Le Monde de Nemo, et l'on s'attachait à cette dame poisson à la mémoire liquide. La réplique du premier film "Where are they?" (Où sont-ils ?) où Dory évoquait, en un éclair, le souvenir de ses parents, sert de prétexte à ce deuxième épisode, où l'on ne rit pas une fois. Disney a voulu privilégier l'émotion, fort bien. Mais alors, tout est gnan-gnan, les blagues tombent à plat. Pire, certaines rappellent mollement leurs anciens dessins animés, comme l'otarie imbécile, pâle copie de la hyène Ed dans Le Roi Lion (1995) et des mouettes-estomac dans Nemo.

La thématique de l'évasion reprend la structure de Toy Story 3: la pieuvre n'est qu'un souvenir du téléphone désabusé dans le dernier volet de la trilogie:

Le "Chatter telephone" (téléphone bavard) dans Toy Story 3, de Disney Pixar (2010)
Le "Chatter telephone" (téléphone bavard) dans Toy Story 3, des studios Disney Pixar (2010)


Même les clins d’œil au Monde de Nemo ne sont pas drôles. Pire, le scénario est bancal: on ne comprend pas bien l'enjeu, pour la pieuvre, de partir pour Cleveland. Son rôle n'est pas non plus très clair: méchant personnage obsédé par l'étiquette que porte Dory sur sa nageoire, ou aide précieuse pour son évasion ?

Disney a complètement noyé Nemo: sur son air habituel de "la-famille-c'est-important" et son auto-parodie ratée par des chansons improbables, le studio a définitivement étouffé Pixar dans ce nouveau métrage.

Disney-Pixar, c'est un peu la douche écossaise : Zootopie, pourtant seulement estampillé Disney, avait bénéficié de l'influence heureuse de Pixar, son insolence, sa réflexion sur l'état du monde. Vice Versa était carrément un chef d’œuvre d'animation sur fond de psychologie humaine. Alors, que s'est-il passé ? Il faut croire que certaines fois, c'est le dieu Argent qui régit tout, et tant pis si l'on tue l'esprit du poisson rayé. Après tout, l'essentiel est de vendre des peluches de Dory bébé, elle est si craquante...



Ou pas. D'ailleurs, si vous tapez "Baby Dory" dans Google images, ce n'est pas sur le personnage animé que vous tombez, mais bien sur le jouet à vendre. Ça en dit long.

Les suites chez Pixar-Disney: une bonne idée ? 

 

Le succès financier de ce deuxième épisode est indéniable, et pourtant, il représente une grave erreur sur le long terme. Même les fans des bons sentiments de Disney seront écœurés ici par tant de clichés irrattrapables. 

Toy Story était une belle trilogie, les trois épisodes valaient le détour. Monstres Academy, malgré les critiques, restait sympathique. Mais dans Le Monde de Dory, on ne rit pas, tout est laborieux, presque larmoyant. La résolution de l'intrigue est à la fois naïve et alambiquée.

Parce que Disney et Pixar sont très productifs, on ne peut qu'espérer un prochain film, meilleur, qui ne renie pas la drôlerie et l'inventivité qui font habituellement courir les spectateurs en salle.


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Légende

Chef d'oeuvre orange star.jpgorange star.jpgorange star.jpgorange star.jpg Très bon


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orange star.jpgorange star.jpg Pas mal
orange star.jpgorange star.jpg Moyen

orange star.jpg Pas bon À hurler !