lundi 25 juillet 2016

LE BON GROS GÉANT (BGG) : BEAU GRAND GÂCHIS





Je suis une fan de Qui Veut la peau de Roger Rabbit ? 

Quand j'ai écouté les commentaires DVD, Robert Zemeckis parlait du challenge du film: faire coexister et dialoguer des acteurs en chair et en os et des personnages de cartoon. Dès la première scène, on allait savoir si le film fonctionnerait ou non : photographie, mouvement, mise en scène.





Polar formidable, scénario impeccable, Qui Veut la peau de Roger Rabbit ? date de 1988, et c'est resté une référence.

Rien de neuf chez Spielberg


Dans Le Bon Gros Géant, cette première confrontation entre une actrice véritable et le géant en images de synthèse ne fonctionne pas. On a du mal à y croire, tout paraît faux, exagéré. Les couleurs violet et kaki rendent le tout assez kitch. Fallait-il en rester au dessin animé de 1989 ?


Peut-être. Parce qu'il n'y a rien de neuf dans l'adaptation de Spielberg. La scène de la "frambouille," boisson des géants dont les bulles descendent au lieu de monter, donne lieu à une chanson sympathique dans le dessin animé, et à une scène assez laide dans le film, qui le rapproche de la comédie potache Flubber.


Talents gâchés

À part le plaisir de retrouver Penelope Wilton, pétillante Jean dans Indian Palace, ici en Elizabeth II, peu de choses valent le détour dans Le Bon Gros Géant.

Prenez plusieurs talents, comme Mark Rylance, acteur de théâtre en collaboration avec Spielberg depuis Le Pont des espions, le génie musical John Williams, et Rebecca Hall, jeune beauté découverte en France avec Une Promesse de Patrice Leconte,  et vous obtenez ce film vite vu et vite oublié. Le Bon Gros Géant est de ces longs-métrages sans envergure qui sortent l'été pour divertir les citadins pas encore partis en vacances. Un comble pour un film au budget de 140 millions de dollars (c'est plus que le dernier volet Harry Potter, à 125 millions.)


Hook, en 91, avait été descendu par la critique. Pourtant, il relevait le pari audacieux de donner une suite à Peter Pan, avec humour et un bel univers imaginaire. Hook m'avait charmée dans l'enfance. Quant au film E.T., il est né la même année que moi, et détenait une simplicité mêlée au rêve que le cinéma a rarement atteint.

Spielberg coincé dans les années 80


Spielberg est obsédé par l'enfance, fort bien. Mais ici, son esthétique et ses thèmes semblent coincés dans les années 80. Sophie, orpheline de l'histoire, rappelle Annie de John Huston, sans les chansons... et sans la joie.



Triste gamine dont le seul talent est celui de bien s'exprimer. Un joli verbe sans humour, face au Beau Gros Géant et son vocabulaire détonnant. Mais tout cela est un  peu léger. Même la course au rêve, qui aurait dû permettre à Spielberg de nous offrir de belles images, ne convainc pas.

Adapter Roald Dahl: pas de la tarte


Pire, la fin est moralisatrice, quand Roald Dahl ne l'est jamais. Les adaptations de Dahl sont généralement décevantes: de Sacrées Sorcières en 90 à Charlie et la Chocolaterie de Burton en 2005, en passant par un Matilda bêtifiant en 96, dur dur de s'attaquer à ce génie de littérature jeunesse. Il n'y a guère que la comédie musicale Charlie et la Chocolaterie, sortie en 1971, pour être sympathique.




Pas facile de parler avec talent du rêve, même pour Hollywood, usine à rêves s'il en est. Il ne reste plus qu'à compter sur Pixar.

Roald Dahl avait écrit le scénario d'un Disney, Chitty Chitty Bang Bang, en 68. Mais là aussi, l'ensemble a terriblement vieilli.


Bref, pas la joie pour Roald Dahl côté cinéma, exception faite de Fantastic Mr Fox, de Wes Anderson.


Je ne sais même pas si Le Bon Gros Géant ravira les plus jeunes. L'esthétique est loin d'eux, les considérations aussi.

En somme, tout cela est décevant. Attendons autre chose pour rêver un peu au cinéma.

Et vous, vous avez aimé le film ? Dites-le en commentaire !

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Chef d'oeuvre orange star.jpgorange star.jpgorange star.jpgorange star.jpg Très bon


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orange star.jpgorange star.jpg Moyen

orange star.jpg Pas bon À hurler !