mardi 13 septembre 2016

ÉTERNITÉ : AU REVOIR LES ENFANTS







Éternité nous parle d'une époque où les femmes n'avaient qu'un destin, qu'un dessein : enfanter. Une époque terrible ou perdre un enfant était une tragédie fréquente.



Trois mariages et trop d'enterrements




Trois femmes, trois mariages, et bien trop d'enterrements. Une photo solaire pour un film sur le deuil, voici ce que nous propose Tran Anh Hung, réalisateur de L'Odeur de la papaye verte (1992). On s'y perd un peu dans cette dynastie malchanceuse : trop de personnages, trop de drame, à peine le temps de s'attacher à un enfant que déjà il disparaît.



Le réalisateur vietnamien tenait un beau sujet : parler des grandes familles bourgeoises de la fin du 19ème siècle à nos jours, de ces femmes qui ne se commettent pas à travailler, mais enchaînent les grossesses jusqu'à l'épuisement.


Cela rappelle le roman de Doris Lessing, The Fifth Child, où une Américaine des années 60 emplit son ventre et sa maison d'enfants.




Dans Éternité, avec tant de personnages, tant de deuils, on ne sait plus bien qui est qui, qui perd qui. 

Ajoutez à cela une voix off qui séduit dans les premières minutes mais finit par lasser. Un côté Truffaut pour le film d'un Vietnamien amoureux de la France.

Portrait figé de la bourgeoisie française


Portrait joliment peint de la bourgeoisie (la famille s'appelle d'ailleurs Bourgeois) avec ses mariages arrangés et ses mères dévouées. 

La photo est sublime, les costumes aussi, mais l'ensemble reste figé. Deux heures, c'est long, et l'on finit par s'ennuyer. C'est fort dommage avec tant de potentiel : de belles actrices (Audrey Tautou, Bérénice Béjo, Mélanie Laurent) et une réalisation talentueuse. 


Audrey Tautou (Valentine) Jérémie Rénier (Henri) Mélanie Laurent (Mathilde) et Bérénice Béjo (Gabrielle) dans Éternité, de Tran Anh Hung (2016)
Audrey Tautou (Valentine) Jérémie Rénier (Henri) Mélanie Laurent (Mathilde) et Bérénice Béjo (Gabrielle) dans Éternité, de Tran Anh Hung (2016)

C'est un plaisir de retrouver Pierre Deladonchamp, acteur de Trepalium, également à l'affiche du Fils de Jean de Philippe Lioret.

Éternité prétend être un film célébrant l'existence, mais ne parle que de deuil, et de manière pesante, malgré les couleurs crémeuses des paysages et des peaux d'enfants.

Vous pouvez voir Éternité si vous êtes de bonne humeur et que vous avez deux heures à perdre. Mais plutôt qu'un film sur les enfants qui partent, je préfère des chansons sur les mères courageuses, ou d'autres sur les enfants qui me donnent envie d'en faire.




Et vous, que pensez-vous du film ? Dites-le en commentaire !


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3 commentaires:

  1. Je suis allé voir ce film hier apres-midi après avoir vu 2 grands films ce week-end (Frantz et Comencheria).
    Superbe photographie et magnifiques costumes mais est-ce suffisant pour faire un bon film?
    Bien sur que non.Je n'ai tenu qu'1 petite heure face à tant d'ennui.
    Des naissances et des décès. On attend inlassablement qu'il y ait un début de scénario et puis à un moment on craque.
    Une éternité,c'est le temps qu'on a le sentiment d'avoir perdu lorsqu'on va au terme de ce film.
    Bonne journée Marla.

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    1. Bonjour Fatizo,

      Beaucoup de spectateurs partagent votre avis (voir les commentaires sur Allociné.) J'aime les films contemplatifs, et celui-là est beau, mais manque, paradoxalement, de chair. Ennuyeux, oui, surtout après tant de redites. Mais je ne suis pas d'accord avec ceux qui pointent une absence de scénario: il y a bien une trame ; il s'agit de suivre le fleuve agité de cette dynastie. Ça ressemble à une tragédie, avec ces morts à répétition, mais c'est trop mal construit pour en être une. Je ne suis pas sortie de la salle, je voulais tout de même savoir la fin. Et puis je ne chronique pas un film que je n'ai pas vu en entier.

      C'est à voir, tout de même, pour la beauté des images. Mais alors, quoi d'autre ?

      Salutations cinéphiles, Fatizo !

      Marla

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    2. Au fait, je n'ai pas vu Comancheria. Je vais y jeter un oeil !

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