lundi 26 septembre 2016

KUBO ET L'ARMURE MAGIQUE : LA NUIT DES ESPRITS


Kubo dans Kubo et l'armure magique Travis Knight Laïka 2016



Après le superbe Coraline, le décevant Les Boxtrolls et le conventionnel Paranorman, les studios Laïka, experts en stop-motion, reviennent avec Kubo et l'armure magique. Kubo est un jeune héros japonais qui poursuit une quête : retrouver l'armure magique de son père.

Nouvelle épopée nocturne des studios Laïka


Kubo, c'est un peu comme les Gremlins, qu'il ne faut pas nourrir après minuit. Ou plutôt, il ressemble à Fiona dans Shrek, qui ne peut pas se montrer après la tombée du jour car elle se transforme en ogresse. En effet, si Kubo reste dehors après le coucher du soleil... des esprits maléfiques l'attaquent.


  Les méchantes tantes de Kubo sont des sorcières dans Kubo et l'armure magique, de Travis Knight (studios Laïka, 2016)
Les méchantes tantes de Kubo sont des sorcières dans Kubo et l'armure magique, de Travis Knight (studios Laïka, 2016)


Quatrième épopée nocturne pour les studios Laïka, quatrième long-métrage à déconseiller aux plus jeunes, car il nous plonge dans une atmosphère cauchemardesque, même si les images sont somptueuses.

Ça ne vaut pas les studios Ghibli


Les studios n'adoptent pas la finesse des studios Ghibli. Ils s'inspirent d'une légende japonaise et, un peu comme Disney, l'américanisent : le héros a des traits occidentaux, les gags avec la guenon protectrice et le samouraï-scarabée rappellent les grosses productions habituelles. Dommage, le dragon final, s'il est merveilleusement conçu, ne parvient pas à faire oublier la beauté du Voyage de Chihiro.

La guenon protectrice dans Kubo, des studios Laïka
La guenon protectrice dans Kubo, des studios Laïka

À vouloir toucher un plus grand public, on peut se demander si cette jolie histoire n'a pas perdu un peu de son âme. Travis Knight, réalisateur du film, est le fils de Phil Knight, ancien PDG de Nike. Les considérations commerciales ont peut-être empêché Kubo et l'armure magique d'être plus personnel.

Un film d'animation réussi


Qu'importe, l'ensemble est beau à regarder et efficace. Il donne envie d'en savoir plus sur les légendes japonaises. Le film est rythmé, bien mené, et le choix de la BO est judicieux, notamment la reprise, au générique de fin, de la chanson de George Harrison, "While My Guitar Gently Weeps."





Oui, car Kubo possède une guitare magique, qui fait s'envoler des morceaux de papier et les change en personnages doués de vie. Kubo est un conteur d'histoires, dans un hommage à la tradition orale des récits légendaires. Cette guitare enchantée rappelle celle du héros de La Légende de Manolo. Dans le film d'animation de 2014, une grosse production s'intéressait à une légende mexicaine. Là aussi, la musique adoucissait les mœurs de ses pouvoirs magiques.



Peu original mais beau à voir


Kubo et l'armure magique, donc, ne brille pas par son originalité, mais il est tout de même rafraîchissant de découvrir une légende nippone qui met à l'honneur les disparus, leur mémoire et leur sagesse.

La quête de Kubo est jolie à suivre, et nous ouvre une porte vers l'univers du rêve avec ses personnages en papier, un peu à la manière du Petit Prince qui mêlait animation numérique et stop-motion.


Kubo se crée des ailes avec des oiseaux de papier
Kubo se crée des ailes avec des oiseaux de papier


Vous pouvez aller voir Kubo, vous y prendrez du plaisir. Qui sait, le film vous donnera peut-être envie d'aller écouter des conteurs, qui vous parleront de samouraï, de héros de papier, et de disparus qui ne nous quittent jamais vraiment.


Et vous, que pensez-vous du film ? Dites-le en commentaire !


Ça peut vous plaire :