samedi 22 octobre 2016

MA VIE DE COURGETTE : I COMME ICARE





Marla (et, secrètement, Clément)



Ma vie de courgette est typiquement un film que l'on a envie de défendre. Une production française, un premier long-métrage de Claude Barras, et une scénariste de talent, Céline Sciamma.



Pourtant, Ma Vie de courgette laisse un sentiment mi-figue mi-raisin. C'est l'histoire d'une mère qui ne pense qu'à sa pomme, et traite son enfant comme un fruit pourri. Elle l'appelle Courgette, alors que son vrai prénom, Icare, est bien plus beau.









Courgette se retrouve donc dans un orphelinat, au milieu d'autres enfants, abandonnés comme lui. Les figures d'enfants sont attachantes mais sommaires. On aimerait les connaître mieux, les suivre davantage, Courgette lui-même reste un mystère enfermé dans son chagrin. Le film, hélas, se résume un peu à sa bande-annonce, que je vous déconseille, du coup, de regarder.


Céline Sciamma ne raconte pas grand-chose dans son scénario. Les tristes histoires d'enfants, on en a tant vu et tant lu qu'il est difficile de faire du neuf. 




Certains ont comparé Ma Vie de Courgette à L'Étrange Noël de Monsieur Jack de Henry Selick, au scénario signé Burton. Or, c'est justement aux Burton les plus faibles que ressemble Ma Vie de Courgette : un bel univers, une esthétique charmante, et au-delà, pas grand-chose à dire, à part sur le thème de l'abandon, plus nuancé que dans les romans victoriens. Quand Rémi dans Sans Famille en a finalement une au dernier chapitre, quand Sarah trouve un foyer à la fin de La Petite princesse, et quand Oliver Twist se découvre de haute extraction, aucune attention n'est portée aux autres orphelins, restés seuls. Ma Vie de Courgette possède ce regard en demi-teinte.

Hélas, le film ne vaut pas d'autres animations en stop motion, telles que Coraline, du même Selick, ou plus récemment Le Petit Prince.

Les différents personnages auraient pu être beaux s'ils n'avaient pas été si caricaturaux. La petite fille qui attend désespérément sa mère rappelle le petit garçon des Choristes, qui guette toujours son père le samedi.

Pépinot (Maxence Perrin) dans Les Choristes, de Christophe Barratier (2004)
Pépinot (Maxence Perrin) dans Les Choristes, de Christophe Barratier (2004)

La fille mutique avec ses cheveux dans les yeux, et Simon le tyran secrètement sensible, nous n'avons pas vraiment le temps de les découvrir.

Courgette et sa bande orphelinat photo finale
Courgette et sa bande

Et pourtant, une heure dix, ça semble long.

C'est joli, et l'on peut se laisser emporter, mais cette mélancolie est peut-être trop plombante. Tout cela manque de légèreté et, malgré les efforts de Claude Barras, de poésie. L'affiche nous promet un conte solaire : il n'en est rien.

Peut-être que le réalisateur joue sur la nostalgie d'un certain type de public, adepte des animations en pâte à modeler façon Wallace et Gromit, ou du charme désuet du Manège enchanté.




La bande originale est pourtant bien choisie. Quoique. Il est étrange que Simon écoute à son âge les Ogres de Barback, groupe de rock français alternatif.



Il est agréable, cependant, d'entendre la reprise de Sophie Hunger du "Vent nous portera" de Noir Désir au générique de fin.




Le film a mis 10 ans a être réalisé, et cette ténacité force l'admiration. Néanmoins, comme pour Boyhood, tourné sur 12 ans, c'est le résultat qui compte, et il est finalement décevant.

Pas facile de faire un film d'animation réussi. Ma Vie de courgette semble avoir ému tout le monde, la presse comme le public, et c'est peut-être cette unanimité qui m'a fait attendre beaucoup de cette animation, et sortir déçue de la salle. Il y a une certaine poésie dans le film, mais elle ne m'a pas touchée. Pour moi, Icare peine à s'envoler.

Allez-y. Faites-vous une idée.



Et vous, que pensez-vous du film ? Dites-le en commentaire !



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Légende

Chef d'oeuvre orange star.jpgorange star.jpgorange star.jpgorange star.jpg Très bon


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orange star.jpgorange star.jpg Pas mal
orange star.jpgorange star.jpg Moyen

orange star.jpg Pas bon À hurler !