mercredi 5 octobre 2016

MISS PEREGRINE ET LES ENFANTS PARTICULIERS: LE JOUR SANS FIN DE TIM BURTON


Eva Green dans Miss Peregrine et les enfants particuliers, de Tim Burton (2016)




Y a Eva Green dedans.

Bonne séance.






Bon, on va faire un papier quand même, mais c'est vraiment parce que j'aime écrire.


Hommage à Eva Green


D'accord, d'accord, j'admets. Je suis très amoureuse d'Eva Green. 


Burton; semble-t-il, n'a plus rien à dire depuis Big Fish, je me suis déjà énervée sur Big Eyes à ce propos. J'aime Eva Green au point d'avoir vu deux fois Dark Shadows, le Burton le plus nul, parce qu'elle était en robe rouge dedans.


Eva Green en robe rouge dans Dark Shadows de Tim Burton (2012)
Eva Green en robe rouge dans Dark Shadows de Tim Burton (2012)


J'ai aussi vu un western naze pour Eva. Que ne ferais-je pas pour l'une de plus belles femmes au monde, la Rita Hayworth de ma génération ? J'ai été voir Sin City 2 parce qu'elle illuminait le film, pourtant d'un sexisme épouvantable. Je n'ai pas aimé White Bird, mais je l'ai aimée elle, en mère détestable dans toute sa superbe. Je me rappelle peu Casino Royale, parce que les James bond me parlent moyennement, mais je me souviens qu'on l'y voit, habillée de noir, dans un train face à l'agent British qui a toujours une super montre. Je me suis même ennuyée devant Innocents. Cracks, raté, ne valait que pour elle.


À bien y réfléchir, Eva m'a émue seulement dans Perfect Sense. Je ne suis pas forcément fan des drames romantiques, mais celui-là vaut le détour. Dystopie pas comme les autres, Perfect Sense décrit un monde où les individus perdent leurs sens, un à un, suite à un fléau sans nom et sans forme, sorte de punition divine qui restera inexpliquée. 


Affiche de Perfect Sense



Un énième Burton décevant



Voilà peut-être le problème : je cours voir un film parce qu'Eva Green est à l'affiche ; je cours voir Burton parce que c'est Burton, et quand ces deux-là s'associent, je trépigne comme une gosse, je détale à l'avant-première, enchantée d'avance. Pourtant, le dernier Burton qui m'ait marquée est Big Fish, et date de 2004. Je n'apprécie que deux scènes dans Les Noces Funèbres, et j'ai cru devenir dingue devant les chansons interminables de Sweeney Todd.


Et comme pour Dark Shadows, et les tous les Burton depuis douze ans, j'ai été déçue par Miss Peregrine et les enfants particuliers. Qu'ont ces enfants de spécial ? Des pouvoirs magiques. Qu'en font-ils ? Rien, enfermés qu'ils sont dans une boucle temporelle, à revivre, comme Bill Murray dans Un jour sans fin, éternellement la même journée.

Burton accomplit l'exploit de ne rien raconter pendant plus de deux heures. Certains films ont un vrai sujet flingué par une mauvaise photographie. Burton propose des films sans scénario sauvés par le chef-op (l'excellent Bruno Delbonnel, déjà aux commandes de la photo de Big Eyes, et l'inoubliable Amélie Poulain) et une mise en scène maîtrisée.


Pas une seule idée originale



Asa Butterfield, qui jouait chez Scorsese le touchant Hugo Cabret, a bien du mal ici à camper le rôle d'un adolescent dont la quête est si mince.

Burton semble surfer sur la vague toujours r entablede la Pottermania. Hélas, si de nombreux films parlent de magie, bien peu sont magiques. Pas une seule idée originale dans cette bluette. Les personnages parviennent à nager sous l'eau comme Fleur Delacour dans le 4ème Potter, La Coupe de feu : grâce à une bulle leur permettant de respirer sous l'eau.


Fleur Delacour (Clémence Poésy) dans Harry Potter et la coupe de feu, de Mike Newell (2004)
Fleur Delacour (Clémence Poésy) dans Harry Potter et la coupe de feu, de Mike Newell (2004)


Le bateau que les enfants rejoignent est une copie du navire de Peter Pan, en plus défraîchi. La scène où Enoch joue avec ses pantins rappelle celle où Sid torture ses joujoux dans le premier Toy Story (qui remonte tout de même à 95.)


Burton filme avec bonheur sa jolie maison ancienne. Et après ?


Eva Green en Mary Poppins de l'étrange



Eva Green se retrouve en Mary Poppins de l'étrange. J'ai l'impression que les meilleures actrices - ce métier fait vieillir plus vite que les autres - deviennent, après 35 ans, notamment si elles sont britanniques, des nounous. C'est le cas de ma favorite, Emma Thompson, enlaidie à l'extrême dans Nanny McPhee.



Emma Thompson dans Nanny McPhee, de Kirk Jones (2005)
Emma Thompson dans Nanny McPhee, de Kirk Jones (2005)


Comme si aucun autre rôle ne pouvait être accordé à une femme qui, justement, ne jouera plus les James Bond girls.

Restent Terrence Stamp et son regard bleu, et le plaisir de revoir Allison Janney (la maman dans Juno). Samuel L. Jackson, génial dans Incassable, incarne ici un méchant sans conséquence. Il fait autant frémir qu'un personnage de Chair de Poule. Voyez d'ailleurs comme le poster de Miss Peregrine et les enfants particuliers ressemble à l'esthétique de Chair de Poule, avec son bleu nuit et ses lettres dorées.


Affiche américaine de Miss Peregrine et les enfants particuliers, avec Samuel L. Jackson en méchant aux yeux blancs
Affiche américaine de Miss Peregrine et les enfants particuliers, avec Samuel L. Jackson en méchant aux yeux blancs

Je suis une nostalgique de Burton


Je me souviens de ce que disait Jeunet à propos de Burton : il ne peut pas s'empêcher de tourner. Il faut dire que tourner, c'est formidable. Alors il fait comme Allen, il sort son opus, et moi j'y vais, espérant retrouver la joie de Beetlejuice, l'émotion d'Edward aux mains d'argent, le génie d'Ed Wood. Je suis une nostalgique assumée de Burton, comme je préfère les premiers albums d'Aerosmith et les premières œuvres de Bowie.

Irai-je la prochaine fois ? Sans doute. Vous le raconterai-je ? J'espère. Je vois que Miss Peregrine et les enfants particuliers est ardemment défendu par les spectateurs sur Allociné. Si vous avez aimé (ou non)... Vous aussi, racontez-moi.



Et vous, que pensez-vous du film ? Dites-le en commentaire !


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