samedi 8 octobre 2016

SING STREET : ABOUT A GIRL






Dans les années 80, la crise sévissait déjà à Dublin. La jeunesse était déjà en mal d'avenir. Conor vit avec son frère et ses parents dans ce Dublin d'avant le Tigre Celtique. Pour oublier le chômage qui lui pend au nez, et l'école où il est harcelé par ses camarades comme ses professeurs, il rêve devant une jeune fille inaccessible, Raphina.


Raphina (Lucy Boynton) dans Sing Street, de John Carney (2016)
Raphina (Lucy Boynton) dans Sing Street, de John Carney (2016)


Alors comment faire quand on est amoureux d'une fille plus âgée, la plus belle du quartier, et qu'on est un nerd moqué à l'école et timide comme un enfant de quatre ans ?

On y va quand même, et on lui fait croire qu'on joue dans un groupe avec des potes.

Conor n'est pas chanteur ? Il ne sait pas jouer d'instrument ? Ses potes non plus ? Qu'importe, il faut séduire Raphina.

Le Dublin de John Carney


La trame de John  Carney, réalisateur de l'excellent Once et de la bonne surprise New York Melody, signe ici un film plus personnel, peut-être autobiographique. Carney a grandi dans les années 80 à Dublin et a effectivement fréquenté une école catholique. Le nom de son école, Synge Street, a peut-être inspiré le titre de ce film, Sing Street.

Le réalisateur rend très bien la sévérité des hommes d'église de l'époque qui ont fait frémir des milliers d'écoliers irlandais, et les ont fâché pour longtemps avec la religion.

Se chercher par la musique


Plutôt que de parler adolescence à coup de boutons sur la figure et de blagues salaces, Carney choisit de raconter l'histoire d'un garçon qui se cherche par la musique. 

C'était le cas dans Velvet Goldmine, vraie-fausse autobiographie de Bowie, où Sebastian tentait plusieurs styles musicaux et vestimentaires avant de devenir une légende du rock.




Dans Sing Street, tout y passe : références à Bowie, the Cure, Joy Division, Boy George, des groupes de grunge et de métal, Conor et sa bande se cherchent musicalement et se trouvent surtout des potes pour la vie. La BO, notamment The Clash, rapproche Sing Street des comédies musicales sociales à l'anglaise, comme Billy Elliot.


Conor et sa bande dans Sing Street de John Carney (2016)
Conor (Ferdia Walsh-Peelo) et sa bande dans Sing Street de John Carney (2016)

Un film profondément sympathique


Le film est profondément sympathique, et Carney a su recréer l'enthousiasme et l'amateurisme de jeunes Dublinois, qui vivent dans la ville la plus musicale au monde, où résonne la pop-rock à chaque coin de rue, tous les soirs de la semaine. La BO est attachante, mais un morceau est à retenir, "Up", déclaration d'amour de Conor à sa bien-aimée.





Les acteurs sont plus vrais que nature. Sing Street, c'est un peu comme la fin du film Le Nouveau de Rudi Rosenberg, ça chante faux mais ça sonne juste. Bon, d'accord, ça ne vaut pas le groupe improbable de Scott Pilgrim, mais ça a son charme.





La trame de Sing Street est un peu mince, et c'est le film le moins abouti de John Carney. La fin, surtout, est invraisemblable. Mais une telle sincérité se dégage de l'ensemble qu'elle fait oublier les faiblesses du film, comme la trame attendue de l'amour contrarié. Sing Street n'a peut-être pas bénéficié du même budget que New York Melody, qui réunissait deux stars à l'affiche, Keira Knightley et Mark Ruffalo.

En somme, vous passerez un bon moment devant Sing Street, que vous soyez nostalgique des années 80 ou non. 



Et vous, que pensez-vous du film ? Dites-le en commentaire !



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