vendredi 11 novembre 2016

TRUMP PRÉSIDENT : LE CINÉMA ET LES SÉRIES L'AVAIENT PRÉDIT






Biff Tannen dans Retour vers le futur 2 : calqué sur Donald Trump


De nombreux articles fleurissent sur la toile au sujet du méchant Biff Tannen de la trilogie Retour Vers le futur. Dans le deuxième volet, Marty se rend compte, effaré, que Biff Tannen, ennemi juré de sa famille, est devenu maire de Hill Valley, et qu'en plus... il a épousé sa mère.




Bob Gale s'est largement inspiré de Trump, magnat de l'immobilier, pour son personnage. Biff n'a rien fait que de gagner au jeu, en se servant d'un almanach futuriste qui lui prédisait tous les résultats. En pariant, il est devenu l'homme le plus puissant de la ville, et s'est, d'un certaine façon, acheté son élection.

Trump n'a jamais rien mérité non plus. Il n'a pas mérité, mais hérité. Homme d'affaires véreux, surnommé "L'homme à femmes" pendant son passage à l'armée, son alter ego, Biff, est lui aussi présenté comme un jeune homme multipliant les conquêtes. Une fois dans son jacuzzi face à Marty, Biff est d'ailleurs entouré de bimbos en bikini. C'est également un fou de la gâchette, comme Trump, et sa coupe de cheveux caractéristique a fini d'achever la ressemblance.


Retour vers le futur 1 se moquait déjà de Ronald Reagan


Dès le premier volet de Retour vers le futur, le Doc de 1955 demandait à Marty qui était président en 1985. Quand Marty répond "Ronald Reagan," Doc éclate de rire :

"Ronald Reagan, l'acteur ?! Et qui est vice-président? Jerry Lewis !" (à 2 min 17 sur cette vidéo)




Le film de Zemeckis est effectivement sorti en 85, et trente ans avant, la plupart des Américains auraient eu la même réaction que Doc : Reagan, alors acteur de séries B, prêtait plutôt à rire. Y compris en France lors de son élection, les commentateurs s'étaient montrés très critiques envers cet homme du spectacle parvenu à la plus haute marche du pouvoir. 

Il se trouve que Reagan, d'abord démocrate, a été poussé par sa femme Nancy à se lancer en politique dans le camp républicain. Les huit ans de Reagan au pouvoir ont établi aux Etats-Unis ce qu'on appelle la révolution conservatrice, dont on voit encore les conséquences aujourd'hui, notamment dans la privatisation de l'éducation et le droit de grève, fortement affaibli par la présidence Reagan.

L'élection de Donald Trump me donne l'occasion d'un petit tour d'horizon des présidents des USA les plus effrayants au cinéma et à la télévision. Je ferai aussi un petit tour du côté des figures politiques britanniques fictives, qui font frémir par leur réalisme.


8 ) Schwarzy dans Les Simpsons




"I was elected to lead, not to read" est restée la phrase culte du gouverneur de Californie devenu, sous la plume des scénaristes du film des Simpsons, président des Etats-Unis. Crétin, bien sûr, et savoureux, il choisit une solution sans la lire, laissant l'un de ses conseillers mettre en oeuvre la destruction de Springfield.

Il y a quelque chose de Trump dans ce Shwarzy au pouvoir, trop incompétent pour gouverner, et qui n'est que la marionnette de ses conseillers. Ce Think Tank de la Maison Blanche réfléchira et agira pour lui. C'était déjà le cas de George W. Bush pendant huit ans.

En 2000, la série des Simpson avait carrément prévu de voir Donald Trump président, et Leonardo di Caprio candidat. Lisa, présidente après Trump, avait d'ailleurs des airs d'Hillary Clinton.


Elle se plaignait d'avoir hérité du mandat Trump une dette énorme (à 10 min 25 de l'épisode), ce qui est ironique quand on se rend compte que le programme de Trump et ses "investissements" vont creuser massivement la dette américaine. C'est dommage, on perd la référence à Trump dans la version française.


7) Dolores Umbridge dans Harry Potter : la dictature en rose


Oui, il y a aussi des dictateurs femmes au cinéma. Divergente, The Giver, et le troisième volet de Hunger Games n'hésitent pas à pointer que la soif de pouvoir et la cruauté peuvent être féminines.

Mais le personnage le plus marquant, à mon sens, n'est pas un chef d'état, mais la secrétaire d'éducation dans le cinquième volet de Harry Potter, brillamment incarnée par Imelda Staunton, qui vole carrément la vedette au jeune sorcier.




Voici une charmante nanny avec ses tasses de thé et ses tailleurs roses, à qui l'on donnerait le bon dieu sans confession. Mais ne vous y trompez pas, il s'agit de la grande inquisitrice, qui garde son œil de Big Brother sur Hogwarts, ses élèves et ses professeurs...


6) Le Président Snow dans Hunger Games : Donald... Sutherland



Un autre Donald se retrouve au pouvoir dans la dystopie adolescente la plus populaire de ses dernières années. Donald, c'est le prénom de l'acteur, Sutherland, impérial dans le rôle. Le nom de son personnage, Snow, peut-être vu comme ironique (Blanc comme neige) ou effrayant (l'hiver, le froid, la mort).

On parle moins de son prénom, Coriolanus, inspiré de l'écrit de Plutarque sur le soldat romain qui sera tenté de trahir sa patrie. Ce personnage a inspiré une pièce de Shakespeare, excellente et méconnue.



5) Andre Baptiste Sr. dans Lord of War


Changement de décor pour entrer dans ce top 5. Nicholas Cage, dans Lord of War, excellent film d'Andrew Niccol sorti en 2005, incarne Yuri, marchand d'armes qui fait affaires avec les pires crapules au pouvoir à travers le monde. C'est ainsi qu'il rencontre, au Liberia, Andre Baptiste Sr. 


Andre Baptiste Sr dans Lord of War, d'Andrew Niccol (2005)
Andre Baptiste Sr dans Lord of War, d'Andrew Niccol (2005)


S'il ne vous inspire pas confiance, il ne vaut mieux pas rencontrer son fils, Baptiste Junior, qui aime un peu trop jouer au cowboy et commande à Yuri la même arme que Rambo pour faire joujou avec.


Le charmant Junior dans Lord of War
Le charmant Junior dans Lord of War

4) Le Dernier roi d'Écosse : mon pote le dictateur


Toujours du côté des dictateurs africains, rencontrez ce chef d'état ougandais dans Le Dernier roi d'écosse. Dans ce très bon film inspiré de faits réels, un écossais part à l'aventure en Ouganda, et se lie d'amitié avec Idi Amin Dada, avant de découvrir son vrai visage...




3) Frank Underwood dans House of Cards : une ombre au bureau ovale


J'ai déjà longuement parlé de Frank Underwood. Sa dernière apparition dans la saison 2 restera dans les annales des séries télévisées.




Dans la troisième saison, Frank Underwood et son épouse se font encore plus effrayants, dans un parallèle très clair avec W. Bush. Mais je n'en dirai pas plus ici. On ne spoile pas une série de génie.

2) Adam Sutler dans V pour Vendetta : Hitler en Grande-Bretagne


Le nom Adam Sutler sonne un peu comme Adolf Hitler ? Mais non, vous vous faites des idées.




C'est pas parce qu'il terrifie ses conseillers et menace les foules manifestantes de leur tirer dessus qu'il est forcément un gros méchant.

À noter, dans la BD originale d'Alan Moore, c'est Margaret Thatcher qui était visée.



1) Greg Stillson (Martin Sheen) dans Dead Zone : "Appuyez sur le bouton"





Voici le personnage qui m'a incitée à écrire cet article. Quand j'ai lu que Trump voulait réinstaurer la menace nucléaire, j'ai immédiatement pensé à la fin du film de Cronenberg, inspiré du livre de Stephen King. En 83, Dead Zone nous présentait un président des Etats-Unis fou furieux, prêt à déclencher une guerre nucléaire.





Je vois dans le nouveau président élu un côté Martin Sheen. J'espère me trumper.



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