lundi 19 décembre 2016

CIGARETTES ET CHOCOLAT CHAUD : ENCORE HEUREUX






Le film de Sophie Reine est comme son titre : doux-amer. De ces comédies sans prétention que j'aime défendre sur Marla's Movies.

Peut-être parce que ça commence sur un morceau de Bowie. 





Peut-être Parce que ça démarre dans une manif, dans une ambiance à la Michel Leclerc dans Télé Gaucho et Le Nom des gens.




Sophie Reine n'hésite pas à faire rire, puis plonger dans le drame au cœur du film, sans donner pour autant l'impression d'une rupture de ton. Elle doit aimer la les drames à l'anglaise, Sophie Reine. Comme dans les comédies anglaises sous Thatcher, le héros de Cigarettes et chocolat chaud est au chômage, et doit élever seul ses deux filles.




Quand une assistante sociale débarque chez lui, c'est la panique. Comment faire croire à cette jeune femme que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes ? 


La France système D


Petit pitch tranquille pour nous parler de la France système D, dont le film Encore Heureux parlait sans talent.




Gustave Kervern est parfait en nounours dépressif, comme il l'était dans le film Dans la cour avec Catherine Deneuve. Dans Cigarettes chocolat chaud, il joue un grand ado entouré de deux ados.


La bande-annonce comme souvent, vend mal le film. Elle suggère un film attendu, presque cliché, et rempli au rapport de bons sentiments. Il n'en est rien. Il y a une insolence rafraîchissante dans Cigarettes et chocolat chaud, du rêve, presque de la magie, et un je-ne-sais-quoi de grinçant qui nous dit que le monde réel est triste mais qu'on s'en accommode.


Gilles de la Tourette autrement



Tous les acteurs du film sont parfaits, jusqu'au second rôle. Camille Cottin (qui sauve la série de France 2, Dix pour cent) prouve une fois encore qu'elle est bonne actrice. Les deux actrices qui incarnent les filles de Denis Patar sont remarquables, surtout Héloïse Dugas, dans le rôle de l'aînée, Janine, atteinte du syndrome Gilles de la Tourette.

Gustave Kervern et Héloïse Dugas (Janine) dans Cigarettes et Chocolat chaud, de Sophie Reine (2016)
Gustave Kervern et Héloïse Dugas (Janine) dans Cigarettes et Chocolat chaud, de Sophie Reine (2016)

Là non plus, point de cliché. Plutôt que de se contenter de l'aspect le plus connu de la maladie, c'est-à-dire la profanation d'insultes de manière spontanée, il s'agit plutôt de montrer le handicap d'une telle maladie, finalement peu connue.

Film de Noël pas comme les autres


Vous allez rire et être ému. Cigarettes et chocolat chaud s'avère être un parfait film de Noël, sans le côté dégoulinant des horreurs de M6. Le film va de surprise en surprise, parsemé de gags et de dialogues inattendus, sans oublier une BO sensible, sont la jolie chanson de Rufus Wainwright, ici reprise par Laure Leprunenec.




Les personnages sont attachants, jamais stéréotypés, et nous donnent envie de rejoindre la bande. Ce père qui se démène pour ses deux filles est d'une grande justesse.

Cette semaine, je ne suis pas allé voir le dernier Star Wars. J'ai préféré une comédie française pour me détendre et sourire un peu. Cigarettes et chocolat chaud vaut le détour. Sophie Reine, pour son premier film, évite tous les écueils et nous propose une comédie sur le ton des bijoux anglais qui nous manquent. 

Trouvez 1h30 pendant les vacances de Noël pour vous rendre en salle, vous ne le regretterez pas.


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