vendredi 28 avril 2017

LES GARDIENS DE LA GALAXIE 2 : EN GROOT POUR L'AVENTURE !







Par Clément



Je suis partagé sur l’univers Marvel. Le Marvel Cinematic Universe (ou MCU), aussi divertissant soit-il, souffre de plusieurs défauts. Dans l’écurie dirigée actuellement par Kevin Feige, peu de super-héros ont la profondeur et la complexité de leurs collègues de DC. Ils sont souvent ultra-positifs, lisses voire mécanisés 
(sauf peut-être Iron Man)

Les histoires privilégient trop souvent les déflagrations, effets spéciaux et grosses bastons à l’intrigue et aux personnages. Certes, je ne m’attends pas à du Bergman, mais blockbuster ou pas, j’aime découvrir des personnages intéressants. Ou alors, on fait du gros nanar, voie tout à fait acceptable dès lors que c’est assumé.

Après plusieurs échecs (Batman vs. Superman, Suicide Squad même s'il a été défendu sur ce blog) DC a perdu du terrain sur Marvel qui impose sa suprématie. Sa recette ? Ne pas viser plus haut que son ambition, d’où des films pas mauvais, mais loin d’être enthousiasmants. Deux exceptions toutefois : Deadpool, chantre du trash sous acides, et Les Gardiens de la Galaxie. Pourquoi avons-nous aimé le premier film ? Pour sa bande d’antihéros irascibles et canailles, plus intéressées par les gros billets que par le bien de l'humanité, pour leur humour transgressif dans un MCU habituellement adepte de blagues gentillettes.




Star Lord et sa bande bad ass dans Les Gardiens de la galaxie 2
Star Lord et sa bande bad ass dans Les Gardiens de la galaxie 2


On retrouve dans Les Gardiens de la galaxie 2 le leader souvent dépassé Peter Quill/Star-Lord (Chris Pratt), la vanneuse Gamora (Zoé Saldana), le bourrin Drax le Destructeur (David Bautista), le mignon mais bêta Groot (Vin Diesel), et le colérique Rocket (Bradley Cooper et Sean Gunn, frère du réalisateur). Ils vont devoir affronter une menace qui pourrait bien détruire l’univers. 





Autour d’eux, on retrouve la sœur de Gamora, Nebula (Karen Gillan), et Yondu, le chef d’un clan de Ravageurs (Michael Rooker).


Scénario, première leçon


La farandole de factions autour d’un objet de pouvoir, une pierre d’infinité, constituait une amusante chasse au trésor dans le premier film. L'enjeu était connu d'emblée, d’où une immersion rapide dans l’histoire. James Gunn commet pourtant une erreur fatale dans le deuxième film : l’enjeu n’arrive que dans le dernier acte du récit.


Dans les deux premiers tiers du film, notre fine équipe se fait simplement poursuivre dans toute la galaxie (Krees et Souverains en première ligne). Or les gardiens sont des héros, pas des individus qui cherchent à se réfugier dans une galaxie lointaine, très lointaine... 


On a déjà un contresens. Joint au gros mélodrame familial de Star-Lord, le film tire vers l’Origins Story, recette que Marvel utilise d’un film à l’autre, jusqu’à saturation. Le plus grave est que cela n’a rien à faire dans un volume 2, surtout après que le premier film a évité cette convention. Surtout, le conflit père-fils vire à la caricature (Kurt Russell cabotine, mais le rôle ne s'y prête pas).






Bref, ce n’est pas son scénario, d'ailleurs pompé sur Star Trek sans limites (on retrouve la poursuite dans un champ d’astéroïdes et des héros inconscients d’un piège à sauver) qui va sauver le film. Alors quoi donc ?


Les Gardiens de la galaxie 2 : plus drôle que le premier ?


Ah, ces films Hollywoodiens des années 30 où les héros se disputent sans arrêt ! C’est cet esprit qui irrigue ces Gardiens méchamment puérils. 
Star-Lord et Gamora se chamaillent comme les couples de l’âge d’or, leur mix de romance contrariée et de comédie s’inspire de ce genre de films. 



Katherine Hepburn et Cary Grant aux prises avec un léopard dans L'Impossible Monsieur Bébé, réalisé par Howard Hawks
Katherine Hepburn et Cary Grant aux prises avec un léopard dans L'Impossible Monsieur Bébé, réalisé par Howard Hawks (1938)


Comparé au premier film, les lancers de vannes s’enchaînent à un rythme fulgurant. Le festival est permanent. Alors que Rocket dominait le match dans le volume 1, il est talonné par ses partenaires : Drax obtient sa ceinture noire de muflerie en tirant des missiles sur l’adorable Mantis (Pom Klementieff).



  Mantis (Pom Klementieff) dans Les Gardiens de la galaxie
Mantis (Pom Klementieff) dans Les Gardiens de la galaxie 2


Mantis participe à l’entrain général et se paie la tête de Quill en lisant dans ses pensées. Rocket reste Rocket, bien sûr, et c’est lui qui envoie les tirs de barrage les plus massifs. Tous ces coups de gueule entre amis compensent l'affadissement des personnages, plus positifs, plus moraux, alors qu’on aimait justement les anti-héros du premier film.

En plus des mots, Gunn sait doser ses running gags : la confusion quant à l’espèce de Rocket (raton, chien, hamster ?) nous vaut des mimiques exaspérées de l’intéressé, les happenings dansés de Groot et Quill, le nom ridicule d’un méchant... 


Le plus drôle reste certainement la bêtise de Bébé Groot, comprenant les ordres de travers. 





Sur ce point, il rappelle le Schtroumpf Bêta. Chaque fois que le Grand Schtroumpf l’envoie chercher un objet, il se pointe avec un autre. 


Ça, c'est le Schtroumpf Bêta.
Ça, c'est le Schtroumpf Bêta


Groot parvient largement à égaler son niveau, pour le plus grand plaisir des zygomatiques. Le film n’hésite pas non plus à casser le quatrième mur : grâce à Stan Lee qui nous parle quasi directement, mais aussi Gamora et Quill qui ne s’avouent pas leur relation.

On notera un regret : une accumulation d’ "americanismes" vers la fin, où toute la panoplie y passe : grands discours lyriques, sacrifice déchirant, sursauts héroïques des personnages, traumas d’enfance, situations pompeuses... Cependant, c’est parfois désamorcé par un subtil second degré.

On note aussi une emphase visuelle lors de la bataille finale. Bon, pour avoir soupé du Michael Bay, je confirme que c’est largement supportable.


Attention les yeux !


La mise en scène de James Gunn suit le modèle du "toujours plus". Ami lecteur, si tu vois des blockbusters, c’est bien pour des scènes d’action qui vont te scotcher au fauteuil. Sache que tu seras largement servi avec Les Gardiens de la galaxie 2


En plus d’idées ingénieuses (comme ces soldats pilotant à distance des drones de guerre façon jeux d’arcade) le réalisateur sort l’artillerie lourde : collection complète d’armes, dont la fameuse flèche magique de Yondu, combats rapprochés avec mandales par paquets de 500, flingues expulsant 600 balles ou rayons par minute, le tout dans un arc-en-ciel de couleurs qui fait de l’écran une toile impressionniste permanente. 


La guerre des étoiles de James Gunn


Oui, James Gunn se prend pour George Lucas, il veut nous faire sa guerre des étoiles. C’est en effet très riche, flamboyant. Le montage a beau être serré, il reste parfaitement lisible. On note aussi de beaux décors entièrement numérisés, comme une planète paradisiaque où le temps semble suspendu.

La BO années 80, déjà atout du premier film, contribue à l’ambiance de fête.


James Gunn a déjà signé pour écrire et réaliser le troisième volet. On lui souhaite autant de réussite que pour celui-ci. S'il pouvait écrire un scénario avec un enjeu et mettait en veilleuse les clichés des blockbusters américains, on serait comblés.






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Les Gardiens de la galaxie 2 a divisé la rédaction de Marla's Movies. Voici la critique négative du film :