samedi 19 août 2017

SUMMERTIME : NOS PLUS BELLES ANNÉES



Matilda Lutz, Joseph Haro, Brando Pacitto et Taylor Frey dans Summertime (L'estate Addosso) de Gabriele Muccino (2017)







Bonjour chers lecteurs,

Et merci de venir lire ma 460ème critique subjective sur un film que personne n'ira voir. 


Il est un film cette semaine qui m'a touchée, plus que de raison, peut-être. J'avais déjà été charmée en 2001 par Juste un baiser du même réalisateur, Gabriele Muccino. 



Bien loin des sirupeux Sept Vies et À la recherche du bonheur, Muccino revient, avec Summertime, à ses premières amours.


Encore un titre à la con


Attendez un peu. Je dois déjà faire un mini coup de gueule sur le titre. Allez savoir pourquoi le titre italien du film se retrouve traduit 
en anglais partout ailleurs. L'Estate Addosso est pourtant un titre merveilleux. Les personnages de Muccino portent l'été sur eux, comme un vêtement. Une jolie façon de dire que l'on garde un été dans la peau. C'est le cas pour Marco et Maria, deux adolescents italiens venus squatter l'appart de deux Américains à San Francisco

Paul et Matt sont charmants, drôles, souriants, accueillants, beaux garçons... et ils sont en couple. Quelle drôle d'idée pour Maria, qui, en plus de porter le nom de la vierge, la prie tous les soirs. 


Matilda Lutz, Joseph Haro, Brando Pacitto et Taylor Frey dans Summertime (L'estate Addosso) de Gabriele Muccino (2017)
Matilda Lutz, Joseph Haro, Brando Pacitto et Taylor Frey dans Summertime (L'estate Addosso) de Gabriele Muccino (2017)

Summertime, qui suit la libération de ces ados italiens conservateurs, donne l'occasion pour Muccino de filmer l'exubérance de la jeunesse, et la beauté fugace d'un été que l'on oubliera pas. 

Un film va sortir le 30 août, avec Benoît Poelvoorde, qui s'appelle 7 jours pas plus. Ça aurait fait un bon titre pour ce petit bijou italien. 

Vous avez remarqué comme tous les films sur les couples gays se déroulent en été ? Difficile de ne pas penser à My Summer Of love, le récent Summer ou encore La Belle saison, recèlent tous dans leur titre les joies du mois d'août.

Une chronique sur le désir


Le principe n'est pas seulement que Maria et Marco se lient d'amitié avec Paul et Matt, et changent de point de vue sur l'homosexualité. Muccino propose une chronique sur le désir. Tous les films précités évoquent l'éveil du désir pour un jeune homme ou une jeune femme qui se découvre homosexuel.le. Ce n'est pas le cas dans Summertime, même si cette partie de l'histoire est racontée en flash-back. 

Le cinéaste montre, avec subtilité, que le désir est complexe chez les homos comme les hétéros. Pour Matt et Paul : comment dire au frère de ma petite amie que je le désire ? Comment savoir s'il est gay et attiré par moi ? Pour Marco et Maria : comment courtiser la bigote qui, bien malgré moi, a fait le voyage en ma compagnie ?


Matilda Lutz et Brando Pacitto dans Summertime


Muccino a le talent de ne pas tomber le manichéisme. Paul et Matt ont leurs secrets, leurs lâchetés, leur part d'ombre. 

C'est drôle comme la bande-annonce nous vend une bluette, en gommant toute la subtilité du film. Pas étonnant qu'une bande de gamines, près de moi, gloussaient en grignotant du pop-corn.

Non, vraiment, ne regardez pas la bande-annonce. Elle donne envie de dire "Il était bof, ce petit film de deux minutes trente."

Petit coup de gueule aussi contre l'affiche originale, qui ne montre que trois personnages sur les quatre, quand il s'agit de l'histoire de deux couples.





Mais qu'importe. Le quatuor d'acteurs est formidable et la BO est splendide.





Tout le bonheur du monde


Truffaut disait "Le bonheur se raconte mal." Muccino lui donne tort avec brio. Oui, une rencontre de quelques jours peut changer une vie, et ces jours peuvent devenir des semaines. On peut courir toute son existence après cet été-là. 

Summertime me donne envie, plus que jamais, de visiter San Francisco. Il me donne aussi envie de repenser avec apaisement à mes années de jeunesse, sans nostalgie
 trop lourde et avec gratitude. 




Un avis, une réaction ? Dites-le en commentaire !




Ça peut vous plaire :


  



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire