samedi 4 novembre 2017

HAPPY BIRTHDEAD : MEURS UN AUTRE JOUR






Happy Birthdead sera assurément dans mon top des flops de l'année 2017.

Imaginez une pouffiasse du lycée que vous ne pouvez pas supporter. Imaginez-là coincée dans une boucle temporelle, comme Bill Murray dans Un Jour sans fin.




Mais au lieu d'une comédie charmante qui permettait à un Scrooge de devenir un type bien, on a droit, avec Happy Birthdead, à un film de campus qui imite Scream sans lui arriver à la cheville, et ne cherche même pas à le parodier.

Parodie ratée


C'est pourtant bien une parodie que semblait nous vendre la promotion du film, sachant que Scream, film-référence de 1996, était déjà une parodie de films d'horreur.

Et puis, il existe déjà une parodie de Scream : Scary Movie. Happy Birthdead m'a beaucoup rappelé cette parodie potache, surtout la scène où une godiche fuyait le meurtrier en choisissant, comme arme de défense, une banane.




Dans Happy Birthdead, l'héroïne, Tree (comme un arbre, oui) est vaguement moins conne que la godiche de Scary Movie, mais pas de beaucoup.

Elle vit sa vie banale, entourée de son club de mode et les pestes qui vont avec. 



Bon, ça c'est Quinn, soeur de Daria dans la série du même nom. Mais Tree lui ressemble beaucoup. Comme toutes les pimbêches des films du genre, elle méprise tout le monde, ne dit pas bonjour, ignore le gentil garçon et ne mange rien de la journée, parce qu'il faut faire attention aux calories, quand même.


Tree (Jessica Rothe) dans Happy Birthdead, de Christopher Landon (2017) happy death day
Tree (Jessica Rothe) dans Happy Birthdead, de Christopher Landon (2017)

L'actrice est particulièrement mal castée, et l'on peine, pendant tout le film, à s'attacher à ce personnage déjà vu mille fois au cinéma.

Dead again


Le jour de son anniversaire, Tree se fait tuer. Par un malade masqué dont on ne connaîtra l'identité qu'à la toute fin, bien sûr.


Vous trouvez le masque très con ? Moi aussi. happy birthdead happy death day mask
Vous trouvez le masque très con ? Moi aussi.

Le lendemain, Tree se fait re-tuer. Le surlendemain, re-retuer. En 16 jours, elle va découvrir qui veut l'assassiner.

Ce n'est pas la première fois que l'on reprend le vieux truc de la boucle temporelle. Ça ne date pas, comme on pourrait le croire, du fameux film Un Jour sans fin, mais de bien avant : cette mécanique était déjà présente dans La Quatrième dimension, lors d'un épisode mémorable, "Shadow Play" (1961) où un homme revivait tous les jours le moment de sa mort : il s'agissait d'un condamné à mort qui revivait en boucle son procès... et son exécution.



Les jours sans fin au cinéma 


Techniquement, on ne peut pas faire l'expérience de sa propre mort, mais en fiction, c'est possible.

Si la comédie Un jour sans fin reste dans les mémoires, c'est parce qu'elle détient une dimension universelle, et le génie de ne jamais expliquer le pourquoi de la punition du héros. Chacun trouvera sa réponse spirituelle, et s'attachera à cet homme qui tente maladroitement de séduire sa belle.


Dans Happy Birthdead, on a pas très envie de sauver la fille non plus.

Le film d'action de 2014 avait au moins le mérite d'être rythmé, et de donner l'impression d'un jeu vidéo géant, ou le héros revenait sans cesse à la case départ avant de vaincre le monstre final.

Moins connu, il y avait ce film qui fait le bonheur de M6 tous les ans : Un Noël sans fin. Dans cette bluette, un vilain ado apprenait à aimer Noël en se le bouffant tous les jours.






Le frère effrayant de ce film, c'est l'épisode "White Christmas" de la série Black Mirror, où un pauvre type se retrouve aussi prisonnier d'une boucle temporelle le jour de Noël.

En 2011 est sorti Source Code, où Jake Gylenhaal revivait sans cesse les huit minutes qui précédaient un attentat terroriste.

Ce pitch ressemble quasi mot pour mot à celui de Déjà Vu, sorti en 2008. Cette fois, c'était Denzel Washington qui sauvait des innocents d'une mort certaine.

Et puis, tout récemment, il y a eu Before I Fall (Le Dernier jour de ma vie), que je n'ai pas eu la force de chroniquer.




Tout juste un an avant Happy Birthdead, il s'agissait déjà d'une peste adolescente qui devenait une gentille fi-fille après avoir vécu plusieurs fois le jour de son décès. Le versant, cependant, était plus dramatique, et la fin parvenait à émouvoir un peu.


Un film con-sternant



Mais revenons à Happy Birthdead. Là, on n'est ni dans le drame ni dans la comédie, le côté horrifique ne ferait pas sursauter un enfant de 3 ans. Contrairement au film de Harold Ramis, Happy Birthdead n'est pas drôle. Pas une réplique, pas un gag de situation ne fait sourire le spectateur.

Certaines répliques consternent, par contre. Quand Tree raconte à Carter ce qui lui arrive, elle lui lance :


Would you stop looking at me like I took a dump on your mom's head?

Tu pourrais arrêter de me regarder comme si je venais de chier sur la tête de ta mère ?



Tree (Jessica Rothe) et Carter (Israel Broussard) dans Happy Birthdead, de Christopher Landon (2017)
Tree (Jessica Rothe) et Carter (Israel Broussard) dans Happy Birthdead, de Christopher Landon (2017)

Tout est cliché dans Happy Birthdead, des gentils gnan-gnan aux méchants insipides.

Ajoutez à cela une suite d'incohérences : pourquoi, si on sait qu'on va être assassiné au soir, ne pas se promener avec une arme pour tuer son agresseur et lui ôter son masque ?

La pirouette au cœur du film est également maladroite. La fin est peu convaincante, et ressemble à un scénario rattrapé de justesse. Le "mobile" fera davantage rire que flipper.

Bref, vous pouvez éviter Happy Birthdead. Vous aurez plus vite fait de revoir les comédies potaches ou horrifiques des années 90, ou de découvrir les autres histoires, bien plus passionnantes, sur une personne prisonnière du temps.



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