dimanche 12 novembre 2017

JALOUSE, AVEC KARIN VIARD : TOUT FOUT LE CAMP






Vous avez forcément rencontré des Nathalie. De ces femmes pas encore vieilles qui vous détestent d'avance, parce que vous êtes jeune, belle, talentueuse, ou que vous avez l'air trop heureuse pour être honnête.

Oui, parce que le bonheur est suspect. S'il nous manque, on ne le supporte plus chez les autres.

Nathalie est une femme comme vous. Elle n'est pas une mauvaise femme, mais vous comprenez, sa fille est divine. Une danseuse impossible à la modestie remarquable. Et elle est... la mère. La ringarde, la chieuse qui lui demande pourquoi elle rentre tard.

Dans un cliché maintes fois vu dans les films et le réel, son mari l'a quittée pour une autre, plus jeune, bien sûr, et plus sotte, semble-t-il.

Qui me dit qu'à 40 ans, je ne regarderai pas de travers les jeunes filles que j'aime tant aujourd'hui ? Qui me dit que je n'irai pas faire de coup de pute à l'homme qui m'a trahie, juste pour refroidir un temps sa joie imméritée ?


"Je vais prendre mon aigreur, ma tristesse et ma rancune, et toutes les quatre on va aller se coucher. "

La réplique culte de Valérie Benguigui dans Le Prénom me revenait en mémoire à mesure que je regardais le visage de Nathalie se composer - car elle est bourgeoise et qu'il faut bien faire bonne figure - puis se décomposer quand son ex lui annonce qu'il part avec sa nouvelle cruche aux Maldives.

La cruche ne l'est pas tant, elle possède cette sagesse des choses humaines que la Normalienne ne saisit pas.

De la belle danseuse à la vieille dame de la piscine, du bel homme qui la courtise (car elle est encore belle dans sa quarantaine complexée) à l'ami de sa fille, si amoureux qu'il faut lui lancer des piques pour que cela dégonfle, Nathalie emmerde tout le monde. On la comprend et on lui en veut. On l'aime dans sa faiblesse, dans ces airs qu'elle se donne face à une autre majestueuse rencontrée au boulot.






Jalouse des frères Foenkinos vous dit, comme Le Complexe du Castor de Jodie Foster, que vous avez le droit d'aller mal. D'avoir 40 ans et ne plus vous sentir désirée ; d'avoir besoin de détester un peu quand vous voudriez que l'on vous aime beaucoup. 

Oui, Jalouse dit tout cela, malgré sa bande-annonce qui ne paye pas de mine, et que je vous déconseille, bien sûr, de regarder. Il faut aller en salle l'esprit libre.

N'attendez pas la télévision pour rencontrer la Nathalie qui vous fera pardonner à toutes les autres. Plongez-vous dans le noir pour rire à sa mauvaise foi et pleurer devant ses grands yeux tristes.

Car elle est comme vous, comme moi. Elle aime infiniment mais ne l'admettra jamais.



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