samedi 11 novembre 2017

L'EXPÉRIENCE INTERDITE - FLATLINERS (2017) : JE SAUTE ET JE REVIENS






On ne compte plus les films américains qui nous mettent en scène un traumatisme à la con en introduction, pour expliquer les faits et gestes du héros ou de l'héroïne. L'Expérience interdite (Flatliners) n'échappe pas à la règle. Un topos dont on se passerait bien.

Courtney a perdu sa petite soeur dans un accident de voiture. Une fois étudiante en médecine, elle entraînera ses potes dans une "expérience interdite" histoire d'aller voir ce qui se passe après la mort.


Il s'agit d'être cliniquement mort pendant quelques minutes pour vérifier si l'on voit une lumière blanche, sa grand-mère disparue, une pizza au chèvre.

Et de revenir tout de suite après. Oui, parce qu'on va pas mourir pour de vrai, quand même. Pendant tout le film, j'ai gardé en tête la réplique culte de Didier Bourdon dans Les Trois frères. Alors qu'il menace de se jeter d'une falaise, il déclare, pour rassurer le petit garçon qui accompagne les trois compères: 

"Je saute et je reviens."




Encéphalogramme plat



La bande à Courtney se retrouve donc baptisée "The flatliners", c'est à dire qu'ils font joujou avec l'encéphalogramme : ils attendent qu'il soit plat ("a flat line", en anglais) pendant les minutes décisives où leur pote fera mumuse dans l'au-delà.





Ça vous paraît mauvais ? Ça l'est.

Courtney, à l'évidence, cherche à revoir sa soeur dans cet instant unique pour trouver sa rédemption. Cette lourdeur psychologique plombe le personnage d'Ellen Page, actrice par ailleurs éminemment sympathique.


La version de 1990 de L'Expérience interdite - Flatliners me plaisait plus jeune parce que j'ai pris en affection cette bande d'acteurs dont chacun des membres est devenu célèbre.
Vous reconnaîtrez peut-être Oliver Platt, William Baldwin, Kevin Bacon, Kieffer Sutherland, et une certaine Julia Roberts, casting de L'Expérience interdite - Flatliners, de Joel Schumacher (1990)
Vous reconnaîtrez peut-être Oliver Platt, William Baldwin, Kevin Bacon, Kiefer Sutherland, et une certaine Julia Roberts, casting de L'Expérience interdite - Flatliners, de Joel Schumacher (1990)

Pour la petite histoire, Kiefer Sutherland joue, dans la version 2017, un grand médecin qui forme la jeunesse. On peut de demander comment il a atterri dans cette galère, après son succès indéniable au cinéma et dans la série télévisée 24 Heures chrono.



Kieffer Sutherland remet du couvert dans Flatliners en 2017 (Niels Arden Oplev)
Kiefer Sutherland remet le couvert dans Flatliners en 2017 (Niels Arden Oplev)



On y perd par rapport à 1990


A propos d'acteurs, la version 2017 est mal jouée, on y perd par rapport à 1990. Même Ellen Page est mal dirigée.

Surtout, quand Julia Roberts et Kiefer Sutherland nous faisaient croire à une véritable fascination pour l'après-vie (nul besoin de traumatisme bateau), la bande de 2017 donne juste l'impression d'une troupe de gamins qui joue avec la mort et trouve ça fun.



La bande d'étudiants en médecine dans Flatliners en 2017
La bande d'étudiants en médecine dans Flatliners en 2017


On retrouve hélas chez Niels Arden Oplev (par ailleurs réalisateur d'un épisode de l'excellent Mister Robot et du pilote de Midnight, Texas) les clichés habituels : la gentille, l'arrogant, la sexy (Nina Dobrev, pas vraiment en progrès depuis Vampire Diaries) le bon élève, l'introvertie, et blabla.

L'introvertie a d'ailleurs des scrupules qui gâchent le rythme et même la morale du film. Dans la première version, tout le monde était d'accord, donc responsable.



Un remake déprimant


Dans ce remake (il est assez déprimant de faire un remake d'un film de Joel Schumacher, mais passons) les personnages sont trop sommaires pour qu'on s'y attache.

La réalisation ne sauve pas l'ensemble : les trucages sont proches de la série B.

L'expérience donne à Courtney des sortes de superpouvoirs de la mémoire, et du coup, tous veulent essayer.
Y en a même une qui saura résoudre un Rubik's cube en 10 secondes. La classe.






Les deux versions de Flatliners jouent sur la culpabilité de chacun, mais la deuxième version frôle le ridicule : il suffit d'aller s'excuser, de prendre ses responsabilités, et tout va mieux. Les deux opus gardent aussi cette morale détestable et très américaine, celle de la loi du Talion - une vie pour une vie. 

Ras le bol.

La fin du film de 2017 atteint aussi le sommet du ridicule.


Espérons voir Ellen Page dans un meilleur film prochainement, et Niels Arden Oplev aux commandes d'un meilleur projet.

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