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dimanche 22 octobre 2017

LA BELLE ET LA MEUTE : BALANCE TA POLICE








Difficile d'écrire sur celui-là. Le film, comme l'expérience de son héroïne, est traumatisant.

Mariam a 21 ans. Elle est belle dans sa robe bleue en boîte de nuit.

Allez savoir pourquoi, pendant toute la séance, je regardais cette robe et la blâmait presque de ce qui arrivait à Mariam, sauvagement violée par des policiers à Tunis.


Accuser la victime plutôt que le bourreau


Je ne cessais de penser à la "robe nue" ("naked dress") de Carrie dans Sex and the City. Dans le 6ème épisode de la saison 1, Carrie pose pour cette fameuse photo qui promouvra sa chronique, "Sex and the city", sur un bus de New-York.




Elle dit, sur un ton humoristique, que c'est que c'est la robe qui l'a poussée  coucher avec Big dès le premier soir, que la robe était dotée d'une vie propre.

Féministe convaincue, je n'en suis pas moins contaminée par la pensée dominante qui culpabilise les femmes d'être séduisantes et de s'habiller sexy.


Mariam face à ses bourreaux dans La Belle et la meute
Mariam face à ses bourreaux dans La Belle et la meute, de Kaouther Ben Hania (2017)


Malgré moi, je pensais à ce qu'aurait dit ma mère de la robe de Mariam dans La Belle et la meute. "Trop provocante." Elle provoque quoi, au juste ? Ou plutôt, elle provoque qui ?

Les hommes qui, c'est bien connu, ne savent pas réfréner leurs pulsions. On y est en plein. Accuser la victime plutôt que le bourreau est monnaie courante, surtout quand la victime est une femme.

C'est ce que va subir Mariam lors d'une nuit de calvaire où, violée par des flics dans une voiture, elle y oubliera son sac. Epreuve, donc, que de se présenter à l'hôpital puis à la clinique pour faire constater les violences, chose impossible sans une carte d'identité.

Epreuve, encore, que de retourner au commissariat et parler à la police d'un crime commis par... des policiers.


Sur la polémique #BalanceTonPorc


Devant le film de Kaouther Ben Hania, je n'ai que des questions. La Belle et la meute tombe à pic, pendant la polémique Twitter de #BalanceTonPorc. Le hashtag a permis de rendre visible le calvaire des femmes au quotidien : sexisme et agressions. Fort bien. Mais je suis emmerdée. Si j'ai moi-même dénoncé, sur Twitter et ailleurs, le harcèlement de rue que je vis quotidiennement, je suis emmerdée par la dérive de nommer le porc en question, même si cet acte est minoritaire.

J'ai tout de suite pensé au dernier épisode de Black Mirror en date, "Haine virtuelle", qui porte bien son titre.



Dans cet épisode, des personnes haïes au niveau national (c'est le titre original, "Hated in the Nation") sont associées au hashtag #DeathTo ("mort à") et décèdent effectivement dans des circonstances suspectes.

Vous me direz que dénoncer un connard sexiste n'a rien à voir. Et pourtant. Dire le nom d'un petit con de 20 ans qui sort une énormité sexiste, c'est ôter au petit con la possibilité de devenir meilleur. Internet, hélas, n'oublie jamais. Je n'ai pas envie que le petit con, à 30 ans, loupe un entretien d'embauche parce que le recruteur aura vu son nom associé au hashtag.

Que dire de lire pêle-mêle sur Twitter les réflexions du sexisme ordinaire et les agressions sexuelles du type main au cul, et les viols véritables ? Est-ce que Twitter, qui permet de dévoiler au monde le calvaire des femmes, n'est pas aussi l'outil qui noie cette parole ? 

On lit les milliers de tweets, et on ne sait plus où donner de la colère.

La délation sur Twitter fait froid dans le dos. Bien sûr que le risque existe qu'un homme innocent soit accusé par vengeance. Quant aux violeurs, c'est (hélas ?) à la police qu'il faut en parler pour que justice soit faite. Oui, la justice est longue, elle est mal gérée, et on risque de tomber sur des flics sexistes qui viendront mettront en doute notre témoignage, en accusant notre tenue, notre attitude ou nos paroles. Mais c'est pourtant le seul chemin à prendre pour être vraiment entendue, plutôt que vaguement lue dans un témoignage de 140 caractères.

Les femmes agressées qui témoignent sur Twitter en nommant leur agresseur ne se rendent pas service. La justice est mal faite, oui, mais c'est le seul chemin démocratique. Si l'on admet le "Name and shame" ("nommez et faites honte") pour les connards sexistes ou même les agresseurs, qui nous dit que demain, cette habitude ne s'étendra pas à tou.te.s ? Qui me dit que demain, un ex vengeur ne prendra pas son clavier pour m'accuser d'une chose affreuse en citant mon nom ?

La délation est tentante, mais elle est toujours dangereuse.

Je préfère le hashtag #MeToo, qui met en lumière les agressions quotidiennes subies par les femmes sans donner de nom. 




La Belle et la meute : un film d'utilité publique


Dans La Belle et la meute, Mariam tente de dénoncer ses agresseurs à maintes reprises, sans succès. Alerter la presse ? Oui, mais la journaliste ne vole pas à son secours. Parler à une femme ? Oui, mais la femme flic ne fait que son boulot, et ne s'engagera pas pour Mariam comme le ferait une amie. 

Quant à Youssef, le jeune homme qui l'accompagne, il pense poster une vidéo sur Facebook, mais la vidéo véritablement incriminante est enregistrée dans le portable d'un policier.






La Belle et la meute a le talent de dénoncer les lois tunisiennes ouvertement sexistes, la corruption de la police et, en filigrane, le poids des traditions et du déshonneur. C'est un film coup de poing, d'utilité publique. On peut remercier Kaouther Ben Hania.

Mariam, dans ce film tiré d'une histoire vraie, montre l'exemple. Elle empruntera les moyens légaux pour se faire entendre, et elle aura raison. Ce que méritent ses agresseurs, ce n'est pas la vindicte populaire sur les réseaux sociaux, mais bien ce qu'ils ont obtenu : 14 ans de prison.



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vendredi 13 octobre 2017

KINGSMAN 2, LE CERCLE D’OR : LA MOORE DU RISQUE


Colin Firth et Taron Egerton dans Kingsman : le cercle d'or, de Matthew Vaughn



      


Par Clément


La vieille anglaise et l'oncle Sam


Eggsy - alias Galahad (Taron Egerton) - vient d'échapper à une tentative d’assassinat par son ancien compagnon d’armes Charlie (Edward Holcroft). Il se retrouve le témoin impuissant de la destruction de l’organisation Kingsman. 


Avec l’agent Merlin (Mark Strong), seul autre survivant, il laisse derrière lui sa fiancée et part à la distillerie Statesman, couverture de l’organisation Kingsman aux États-Unis. Elle est dirigée par Champagne (Jeff Bridges), et par son second Tequila (Channing Tatum). 



Champagne (Jeff Bridges) dans Kingsman, le cercle d'or de Matthew Vaughn (2017)
Champagne (Jeff Bridges) dans Kingsman le cercle d'or de Matthew Vaughn (2017)


Ils y retrouvent Harry Hart (Colin Firth), qui a en fait survécu à sa confrontation avec Valentine.





Avec l’agent Whiskey (le film donne une folle envie d'aller au bar), Galahad, Harry et Ginger Ale (Halle Berry), vont lutter contre Poppy Adams (Julianne Moore), nouvelle patronne de Charlie. 

C'est elle qui a annihilé Kingsman. Cette baronne de la drogue a échafaudé un complot à l'échelle mondiale.






Les séries d'espionnage britanniques des années 60 et 70


Kingsman est à l’origine un comics explosif. Le pari du premier volet était d’allier les codes des fictions britanniques des sixties et un traitement contemporain plus pop, dans un style très Tarantino. 



Or, Tarantino sait équilibrer réalisme et esthétisme de la violence (sauf dans son dernier film en date). Le survolté Matthew Vaughn, lui, parodie la violence : on se souvient de l’hilarant feu d’artifice des têtes qui explosent au son de la célèbre Pump and Circumstance no. 1




Comme dans les Kick-Ass qui se moquaient des super-héros, Vaughn et sa fidèle co-scénariste Jane Goldman (plus à son aise que quand elle écrit pour Burton) rendaient un hommage ironique aux agents britanniques de fiction.


Aaron Taylor-Johnson et Chloë Grace Moretz dans Kick-Ass de Matthew Vaughn (2010)
Aaron Taylor-Johnson et Chloë Grace Moretz dans Kick-Ass de Matthew Vaughn (2010)




L’envol des séries britanniques date des années 60. Elles prospérèrent dans le genre espionnage/aventures dès le succès de la sombre Destination Danger, qui reste moderne aujourd’hui. L’aventurier Simon Templar, de la série Le Saint, ou le so British Harry Rule, de la série Poigne de fer et séduction, sont autant de modèles pour les Kingsmen.


Harry Rule (Robert Vaughn) dans la série Poigne de fer et séduction créée par Gerry Anderson (1972-1974)

Le sommet, c'est Chapeau melon et bottes de cuir, influence directe pour la franchise Kingsman. Son héros, John Steed, après des débuts rudes, devient l’archétype du parfait espion anglais de fiction, l'homme d’action gentleman. Il est clairement le modèle d’Harry Hart.


John Steed (Patrick Macnee) de la série Chapeau melon et bottes de cuirHarry Hart (Colin Firth) dans les Kingsman de Matthew Vaughn

John Steed (Patrick Macnee, à gauche) de la série Chapeau melon et bottes de cuir créée par Sydnew Newman et Leonard White (1961-1969, 1976-1977), modèle d'Harry Hart (Colin Firth, à droite) dans les Kingsman


Un buddy movie à l'ancienne


Dans Kingsman le cercle d’or, on assiste à un choc des cultures entre Britanniques et Américains, ce qui l’oriente vers le buddy movie (deux personnalités opposés doivent faire équipe malgré elles) : la culte Amicalement vôtre, où le sanguin américain Danny Wilde doit faire équipe avec le très oxfordien Lord Sinclair. Leur rivalité complice est la même qui unit les Kingsmen et les Statesmen.

Danny Wilde (Tony Curtis) et Lord Brett Sinclair (Roger Moore) dans Amicalement vôtre, série créée par Robert S. Baker (1971-1972)
Danny Wilde (Tony Curtis) et Lord Brett Sinclair (Sir Roger Moore) dans Amicalement vôtre, série créée par Robert S. Baker (1971-1972)

Vaughn n’a pas caché de même l’influence des premiers James Bond, solaires, décomplexés, ludiques, loin de l’orientation plus torturée des Daniel Craig qu’il n’aime pas. On y retrouve la violence, le dépaysement, l’espionnage fantasmé, le duo cerveau diabolique-homme de main. Sans oublier des clins d’oeil à la pelle : le cache-oeil d’Harry rappelle celui de Largo dans Opération Tonnerre, Halle Berry était James Bond girl de Meurs un autre jour.

Tequila (Channing Tatum) et Ginger Ale (Halle Berry) dans Kingsman, le cercle d'or
Tequila (Channing Tatum) et Ginger Ale (Halle Berry) dans Kingsman le cercle d'or

Si le premier Kingsman trouvait le ton juste entre British touch, action pure, pastiche, et mise en scène déchaînée, qu’en est-il du deuxième ?



Une américanisation de la saga


Kingsman le cercle d’or, déçoit sur pas mal de points : on assiste à une déperdition du charme britannique du premier volet au profit d’une américanisation à marche forcée, fléau qui atteint des séries britanniques très populaires (comme Doctor Who avec le Onzième Docteur). À l’exception de quelques clins d’oeil au premier volet (comme la bagarre dans le bar) Eggsy, Merlin et Harry laissent tomber leurs réflexes britanniques au profit d’une action, d’un drama, plus conventionnels : ceux des blockbusters US.

Eggsy alias Galahad (Taron Egerton) dans Kingsman le cercle d'or
Eggsy alias Galahad (Taron Egerton) dans Kingsman le cercle d'or


Vaughn et Goldman se voient donc contraints de caricaturer pour que le choc fonctionne : cowboy fan de rodéo et de country, rednecks, entrepreneur familial au fort accent. Tout cela rend l’humour du film assez facile. De plus, les agents américains restent en retrait.

Whiskey (Pedro Pascal) dans Kingsman, le cercle d'or
Whiskey (Pedro Pascal) dans Kingsman le cercle d'or

Kingsman le cercle d’or s’éparpille en plusieurs mini-aventures, selon la facture des James Bond, mais se montre bien plus bavard que son modèle, ce qui ne fait que diminuer l’action.






Cette américanisation se retrouve dans une édulcoration de la mise en scène, faite pour attirer un large public. Fini les gros jets de sang ou un jeu de massacre dans une église. A l’exception du climax, Vaughn en reste à des cascades impressionnantes dans le style James Bond. C'est parfaitement exécuté, mais on s'éloigne du côté hardcore du comics original et du premier film.


Eggsy (Taron Egerton) et Merlin (Mark Strong) dans Kingsman le cercle d'or
Eggsy (Taron Egerton) et Merlin (Mark Strong) dans Kingsman le cercle d'or


Les femmes en arrière-plan


Je reprochais au premier film une déficience de l’écriture des personnages féminins, invisibilisés par leurs collègues masculins (Lancelot) ou réduites à l’état d’objet sexuel (Tilde). Logique, étant donné l’hommage aux premiers Bond (très machistes). 

Kingsman le cercle d’or, évacue Lancelot en vitesse, la mise Ginger reste à l'arrière-plan. Tilde est un boulet,. quant à Clara (l’ex de Charlie) elle est vue uniquement comme cible sexuelle. Hit-Girl avait bien plus de gueule.

Clara (Poppy Delevingne, soeur de Cara), dans Kingsman, le cercle d'or
Clara (Poppy Delevingne, soeur de Cara), dans Kingsman le cercle d'or

Seule Julianne Moore s’en sort bien. Goldman et Vaughn ont eu le réflexe salutaire de lui confier le meilleur rôle du film.


Julianne Moore en roue libre


Kingsman le cercle d’or est un One-Julianne Moore-show : l’actrice s’éclate dans son rôle de super-méchante girly, semant les pires horreurs sans se départir de son sourire Colgate. 


Moore confirme son aisance dans les blockbusters. Toutefois, Poppy n'est pas tout à fait satisfaisante : quand Valentine, du premier épisode, était un mégalo vaguement ridicule, Poppy est une méchante au premier degré. Elle fait néanmoins de l’humour pince-sans-rire. On retient sa recette de burgers, manifestement inspirée par Sweeney Todd



Poppy Adams (Julianne Moore) dans Kingsman, le cercle d'or
Poppy Adams (Julianne Moore) dans Kingsman le cercle d'or


Ses revendications sont originales car elles pointent vers l'actualité de la guerre contre la drogue, et les légalisations.


Mais on fermera les yeux sur son plan diabolique, grandiloquent comme on aime, mais peu crédible, même avec une massive suspension d'incrédulité.


Matthew Vaughn survolté


Matthew Vaughn réussit quelques morceaux de bravoure comme l’ouverture, une scène de téléphérique fou, et le final.

Charlie (Edward Holcroft) et Poppy (Julianne Moore) dans Kingsman le cercle d'or
Charlie (Edward Holcroft) et Poppy (Julianne Moore) dans Kingsman le cercle d'or

Alors que la plupart des films ayant des caméos de célébrités se contentent de les faire défiler quelques secondes, Vaughn a l’audace d’inclure Elton John au coeur de l’action.

A noter, un président américain totalement incapable et inquiétant (toute ressemblance avec la réalité est purement fortuite), des gadgets en folie dont un traqueur très... spécial.



Quel avenir pour la franchise ?


Le casting de Kingsman le cercle d'or
Le casting du film

Kingsman 2, le cercle d’or perd de son originalité en diluant ses deux principes de base : son inspiration vintage et son esthétique pop, mais reste un honnête divertissement grâce à son réalisateur déchaîné, qui retrouve de temps à autre ses délires irrévérencieux. Espérons que le troisième volet abdiquera moins sur ce qui fait la spécificité de la saga.




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mercredi 11 octobre 2017

L'ASSEMBLÉE, LE CONCOURS : GAGNEZ DES PLACES DE CINÉMA !




Marla's Movies vous propose de gagner 2X2 places pour le film L'Assemblée, de Mariana Otero. Il s'agit d'un documentaire sur Nuit Debout, au cinéma le 18 octobre.

Synopsis : Le 31 mars 2016, place de la République à Paris naît le mouvement Nuit debout. Pendant plus de trois mois, des gens venus de tous horizons s’essayent avec passion à l’invention d’une nouvelle forme de démocratie. 


Comment parler ensemble sans parler d’une seule voix ?





POUR GAGNER, IL SUFFIT DE RÉPONDRE À LA QUESTION SUIVANTE :

Le réalisateur de Merci Patron ! a été l'un des créateurs de Nuit Debout. Quel est son nom ?


Envoyez votre réponse à l'adresse suivante avant le 17 octobre 2017, 20 heures :


Merci d'indiquer vos nom, prénom et adresse postale dans votre message, et de mettre en objet du mail "Concours Assemblée." Les gagnants seront tirés au sort parmi les participants ayant bien répondu.




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Bonne chance à tous, et bonnes séances !


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