lundi 29 janvier 2018

THE GREATEST SHOWMAN : QUAND LA MUSIQUE EST CONNE








Série noire pour Marla's Movies. On enchaîne les mauvais films : In the Fade, Wonder Wheel, et aujourd'hui The Greatest Showman.

Du Baz Luhrmann au rabais


Dès l'intro, on comprend le problème : du sous Baz Luhrmann, avec un cadre à l'ancienne pour présenter les acteurs et producteurs du film, et des couleurs criardes soi-disant rétro.

Si l'on regarde le générique de Moulin Rouge, la ressemblance est frappante, bien que le film de 2001 soit nettement supérieur.





La BO de The Greatest Showman, censée être l'atout de ce film musical, est en fait ce qui agace le plus : paroles clichés et souvent ridicules, rengaine répétée vingt fois, rimes pauvres et pauvres rimes, rien à sauver du travail des paroliers de La La Land. Pourtant, La La Land n'avait que cela à retenir : sa musique.

The Greatest Showman ressemble à un film tourné à la va-vite, suite au succès de La La Land. Comme si les scénaristes, paroliers, et même le réalisateur, n'avaient pas pris le temps de vraiment travailler sur le film pour proposer une œuvre de qualité.



L'effet Barnum


Dans The Greatest Showman, au mieux on a du Disney un peu enrhumé ("croire en ses rêves, c'est bien"), au pire un Baz Luhrmann qui se serait cassé la gueule, avec "This is me", chanson pourtant nommée aux Oscars. Ses paroles navrantes ont justement l'effet Barnum : on y entend ce qu'on veut.

L'effet Barnum vient du nom du héros du film, P.T. Barnum, escroc qui se fit passer pour un artiste. Le film apparaît lui aussi comme une escroquerie.

Il y avait pourtant du potentiel dans cette révolte des employés du cirque, mais on retrouve dans la chanson "This is me" (martelée dès la bande annonce) le vœu du réalisateur de nous offrir du Baz Luhrmann au rabais : tourbillon de la caméra et de la musique. C'est raté. Autant revoir Moulin Rouge directement.






Un plus beau rêveur


The Greatest Showman
retrace donc le parcours de Barnum, homme de spectacle qui bâtit un cirque. On y retrouve des monstres de foire, comme dans le Freaks de Tod Browning, le génie en moins. À part marteler la morale éculée du "il faut rester soi-même et se foutre du regard des autres", ces personnages ne nous montrent rien. On ne sait rien d'eux à un niveau personnel : quelle est l'histoire de la femme à barbe ? Qu'ont vécu le géant, et même la trapéziste ? Mystère.

Surtout, on a fait beaucoup mieux en matière d'artiste qui réalisa son rêve à la force du poignet.

Un téléfilm qui date de 90, intitulé Le rêveur du pays magique, racontait la vie de Frank Baum, auteur du Magicien d'Oz.






A la manière de P.T. Barnum, Frank Baum a tenté plusieurs choses avant de connaître le succès, notamment l'ouverture d'un grand magasin dans un bled américain qui fit un flop monumental, comparable à celui du musée Barnum.



Romances à deux balles


Parce qu'il faut de la romance pour assurer le succès d'une comédie musicale, deux sont mises en parallèle dans The Greatest Showman : celle de Barnum et sa femme (Michelle Williams, bien meilleure dans Tout l'argent du monde, sorti récemment) et celle de Phillip Carlyle, associé de Barnum (Zac Efron, toujours inutile) et la trapéziste (Zendaya, qui parvient à être touchante). Zac Efron ne réussit pas à sortir des rôles de jeune premier où les réalisateurs le confinent. Il reste lisse et sans intérêt.

Rien à retenir dans The Greatest Showman, si ce n'est une ou deux voix, comme celle de la femme à barbe (Keala Settle), leader des monstres de foire.

Mais tout est fatigant dans le film. Le rythme pseudo moderne devient vite assourdissant.

Plutôt que de perdre deux heures en salle, revoyez d'anciennes comédies musicales, bien meilleures, chez vous.





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