vendredi 20 juillet 2018

PARVANA LÈVE LE VOILE SUR L'AFGHANISTAN







Pour Typhaine

Kaboul, de nos jours. Parvana voit son père emmené par les soldats. Elle, sa mère, sa sœur et son très jeune frère se retrouvent seuls dans leur modeste maison.

Sous le régime taliban, sans un homme pour les accompagner, les trois femmes ne peuvent pas même aller faire leurs courses.

Seule solution pour survivre : se déguiser en garçon. C'est le choix de Parvana.




Difficile de ne pas penser à Yentl, juive du début du XXe siècle qui décide de se travestir, non pas pour survivre mais pour étudier, ce qui pour elle revient au même.






Parvana devient donc l'homme de la maison, le breadwinner, titre original du film en anglais, littéralement, celle qui gagne le pain. Titre bien choisi lorsque l'on sait que breadwinner désigne, dans l'inconscient collectif de notre société patriarcale - un homme.

Le breadwinner sera une breadwinneuse.

Difficile aussi de ne pas penser au Persepolis de Marjane Satrapi : pour la réalisatrice et dessinatrice iranienne, l'homme qui manquait, ce n'était pas le père mais l'oncle, lui aussi arrêté pour d'obscures raisons. 







C'était l'Iran et non l'Afghanistan, mais pour Marjane comme pour Parvana, la vie est rude si l'on naît femme.

Je ne vous dirai rien du conte dans le conte dont la fin émeut aux larmes, et la jolie mise en abîme qui en découle.

Je ne vous dirai pas que certains moments rappellent Michel Ocelot, qui sortira d'ailleurs une nouvelle animation prochainement. Une petite fille, Dilili, se bat contre des kidnappeurs de fillettes, les "Mâles-Maîtres
." Prometteur.






Allez voir Parvana. Son histoire résonne jusque dans les cinémas parisiens, et c'est une chance inouïe. Le film fait mal jusqu'en France, oui, car à une époque pas si lointaine (les années 50 pour ne rien vous cacher), se promener seule si l'on était femme était mal vu. Même si l'on ne réglait pas l'affaire par le bout du fusil, une femme sans mari n'existait pas vraiment (lisez Yourcenar.)






Les connards ont beau dire aux féministes : "estimez-vous heureuse d'être née en France, et non en Afghanistan où naître femme est un crime en soi."

Je ne "m'estime pas
heureuse. On est heureuse ou on ne l'est pas. Et concernant le droit des femmes, je ne le suis pas. Je le serai quand la victoire sera nôtre. Et ce n'est pas demain.

Je le serai quand la victoire sera leur. Et j'ignore si je serai là pour la célébrer avec elles.



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